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La vérité sur les officines d’espionnage et de renseignements économique …
Suisse : Areva n’est pas la seule entreprise française à recourir à cette spécialité helvète: le renseignement économique. Une activité plus que tolérée.
A lire sur challenges.fr :
Coincée entre une boulangerie et un magasin de meubles pour cuisines et salles de bains, l’entrée de l’immeuble ne paie pas de mine. C’est pourtant ici, dans une rue anonyme de Genève, que se trouvent les bureaux d’Alp Services. Cette société a fait les gros titres de la presse pour avoir espionné Olivier Fric, le mari de l’ancienne patronne d’Areva, Anne Lauvergeon. Cette PME de 20 personnes dirigée par Mario Brero a été mandatée par Areva pour quatre enquêtes (baptisées de “Pomerol 1″ à “Pomerol 4″), liées au rachat du groupe canadien UraMin par le leader mondial du nucléaire en 2007.
- Affaire anodine
Ses deux premiers dossiers étaient assez classiques: les enquêteurs d’Alp Services devaient étudier le marché de l’uranium et comprendre le rôle de deux sociétés américaines, UX Consulting et TradeTech, dans l’évolution du cours du minerai. Ils devaient aussi découvrir si des salariés d’ Areva donnaient des renseignements à Greenpeace.
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“L’affaire Areva ne représente que la partie émergée de l’iceberg, prévient Stéphane Koch, patron d’Intelligentzia.net, une agence genevoise spécialisée dans la sécurité de l’information. Dans les affaires éminemment sensibles, les entreprises françaises font souvent appel à des officines suisses, craignant, en France, une certaine porosité des spécialistes de l’intelligence économique avec les services officiels.”
- Procédure courante
Areva ne serait pas le seul dans ce cas. “Il est courant de voir les grandes sociétés faire appel à des bureaux privés suisses pour étudier le profil et la carrière de candidats lors de phases délicates de recrutement”, estime un consultant spécialisé dans la lutte contre la criminalité économique. Areva n’est, en tout cas, pas la première à impliquer des sociétés suisses de renseignement. En 2010, un ancien policier a ainsi avoué avoir posé à deux reprises une balise GPS sur la voiture d’un homme d’affaires grec.
Deux ans plus tôt, l’émission Temps présent révélait que l’agence Securitas avait infiltré en 2004 une de ses salariées au sein du mouvement altermondialiste Attac pour le compte de Nestlé. Son enquêtrice avait même participé à l’écriture d’un livre intitulé Attac contre l’empire Nestlé. Mais cette fausse militante dévoila à son client toutes les informations découvertes par les altermondialistes… Interrogé par la télévision suisse romande, le porte-parole de Securitas a jugé cette “mission banale”.
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- Législation légère
“La Suisse a toujours été un lieu de rendez-vous des espions du monde entier, raconte Jean Tamalet, avocat du cabinet Tamalet Ingouf Hollard. Il y a plus d’agents secrets à Genève qu’à Paris.” Les 30.000 personnes qui bénéficient du statut diplomatique dans la nébuleuse de l’ONU, les salariés des multiples ONG ou des sièges de grands groupes comme Nestlé, Roche ou Novartis attirent forcément les regards. L’importance du négoce avec notamment les bureaux de Cargill ou Glencore explique aussi les convoitises. Les trois quarts des ventes de pétrole russe, par exemple, se traitent à Genève.
La Suisse offre aussi l’avantage d’une législation peu contraignante pour les “hommes de l’ombre”. “Lorsque j’ai lancé ma société d ‘intelligence économique, je n’ai même pas eu à présenter mon casier judiciaire, raconte Stéphane Koch. L’usurpation d’identité n’est pas permise, mais elle n’est pas non plus punie.” Cette pratique a permis à Nestlé de sortir blanchi des procès lancés par Attac.
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Tout ou presque est donc possible. C’est une question de prix… “Moi, je reste dans la légalité et je demande en moyenne 2.000 euros pour une journée de travail”, dévoile Stéphane Koch. Quand des moyens techniques sophistiqués sont nécessaires ou que les méthodes utilisées franchissent “la ligne jaune”, comme disent les spécialistes, les tarifs s’envolent vite. Areva aurait ainsi versé à Alp Services 620.000 euros pour ses quatre rapports qui n’ont rien révélé.
- Niche prospère
Berne promet de mieux contrôler ce secteur, mais personne n’est dupe. Le laisser-faire politique, la concurrence de plus en plus vive qui encourage les sociétés à découvrir les avancées technologiques de leurs rivales et la baisse constante des prix des moyens de surveillance promettent de beaux jours aux barbouzes suisses. “Le nombre de spécialistes de l’espionnage économique continuera de s’accroître dans la Confédération, prédit Marie-Laure Ingouf. C’est une niche incroyable.” Voilà les entreprises françaises prévenues.
Par Frédéric Thérin pour challenges.fr
En savoir plus :
45% des Français espionnent sur Facebook …
A lire sur elle.fr :
Avis aux ados ! Si vous avez un compte sur un réseau social – en l’occurrence Facebook -, il se peut fortement que vos parents essayent de vous espionner. C’est ce qu’il ressort d’une enquête réalisée par la société de sécurité AVG* et publiée par le JDD selon laquelle 45% des Français ont déjà accédé au compte Facebook de leur enfant sans leur demander leur autorisation. Une démarche facilitée par le fait que 72% des parents connaîtraient le mot de passe de leurs enfants sur ce réseau social, précise par ailleurs une seconde étude, réalisée cette fois-ci par le Journal du Dimanche.
« Parce que nous sommes dans un contexte de panique morale qui génère de l’angoisse, les parents cherchent des stratégies pour vérifier que leurs enfants ne font pas tout et n’importe quoi », commente la sociologue Laurence Le Douarin
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En revanche, d’après la société de sécurité AVG, ce ne sont pas les parents français qui sont les champions de l’espionnage : en effet, 54% des pères et mères au Canada et en Italie font régulièrement des intrusions sur le profil Facebook de leur ado. Et ce sont les Etats-Unis et l’Espagne qui se disputent la première place avec 61% !
* Cette étude a été menée dans onze pays auprès de 4 400 personnes qui ont des enfants âgés de 14 à 17 ans
Par S.C. pour elle.fr
En savoir plus :
source http://www.elle.fr/Maman/News/45-des-Francais-espionnent-leur-ado-sur-Facebook-2001218
Espionnage du web sous l’œil de l’Union Européenne …
L’Union Européenne prévoit de faire une proposition d’amendement de la Directive sur la Conservation des Données cette année. L’accès aux données conservées par les autorités policières pourrait être réglementé par l’UE à l’avenir, si la Commission bénéficie du soutien des États membres et des eurodéputés.
A lire sur contrepoints.org :
- Un article d’Open Europe.
La Coalition au pouvoir [Ndt: nom donné au gouvernement de coalition anglais regroupant le Conservative Party et les Liberal Democrats] a reculé sur les nouveaux pouvoirs gouvernementaux pour la surveillance d’Internet, préférant une « consultation » sur une ébauche à un projet de loi.
Bien que les propositions exactes restent vagues, la Coalition semble se préparer à étendre la législation actuelle sur la conservation et l’accès à ces données (la destination des appels téléphoniques, e-mails et sites visités, mais pas leur contenu, est déjà enregistrée et conservée pendant 12 mois selon la loi anglaise).
Quel est l’angle de l’UE sur cette question, puisqu’il y en a forcément un ?
Les obligations des fournisseurs de services sur la conservation des données sont établies dans la Directive sur la Conservation des Données de 2006. Nous avons examiné la directive et d’autres propositions de surveillance de l’UE dans ce rapport de 2009. Mais il faut noter que le gouvernement précédent du Royaume-Uni a été un co-auteur de la proposition initiale de l’UE quand elle a été déposée en 2004, puis à la suite des attentats de Londres en 2005, un fervent partisan de ces règles.
Les nouvelles propositions de la Coalition, qui devraient probablement continuer à être poussées une fois la tempête calmée, utiliseraient une loi britannique supplémentaire pour étendre les données recueillies aux contacts créés aux travers des réseaux sociaux, et même potentiellement des jeux vidéos en ligne.
- Mais, la proposition qui est probablement la plus controversée est d’autoriser les agents de renseignement à accéder aux e-mails, appels téléphoniques et SMS en « temps réel » sans mandat, plutôt que rétrospectivement.
Tout cela va au-delà de la directive actuelle de l’UE, qui est essentiellement limitée à la conservation des données sur les appels fixes et mobiles, e-mails et historique web. Cette directive laisse également aux États membres le choix de décider comment les autorités policières peuvent avoir accès à ces données.
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Par la rédaction de contrepoints.org
En savoir plus :
source http://www.contrepoints.org/2012/04/10/76745-espionnage-du-web-lue-y-pousse
La cybersécurité, un marché en plein boom …
A lire sur tempsreel.nouvelobs.com :
Attaques de pirates, espionnage industriel et virus destructeurs ont fait de l’internet la cinquième dimension de la défense et les industriels se bousculent sur ce marché en plein boom.
Les Etats-Unis ont inculpé mardi cinq pirates, dont certains affiliés au groupe de hackers Anonymous, accusés d’attaques qui auraient ciblé au total un million de victimes, dont des gouvernements et de grandes entreprises.
Les pertes causées par ces attaques ont renforcé la prise de conscience de la vulnérabilité des réseaux et l’importance de la cyber-sécurité, pour les Etats comme pour les entreprises.
La firme britannique Ultra Electronics évalue à 50 milliards de dollars par an le marché mondial de la cybersécurité.
“Et ce marché croit de 10% par an, deux fois plus vite que l’ensemble du secteur des technologies de l’information”, souligne Denis Gardin, Directeur de Cassidian Cyber Security Solutions, une unité du géant européen de l’aéronautique et la défense.
Le directeur exécutif d’EADS, Louis Gallois, a d’ailleurs annoncé jeudi que le groupe allait créer des sociétés dévolues à la cybersécurité.
C’est presque une ruée sur le secteur, baptisé cinquième dimension de la défense, après la terre, la mer, l’air et l’espace.
“Depuis un an, les industriels de la défense ont acquis des firmes de technologie à un rythme frénétique pour renforcer leurs capacités dans la cyber-sécurité”, relève Guy Anderson, analyste en chef chez Jane’s IHS.
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La cyber-sécurité ne concerne pas seulement la défense. “Les réseaux sont les systèmes nerveux de la société”, souligne Stanislas de Maupéou, du groupe français Thales.
“Le monde du cyber est devenu absolument énorme”, dit Philippe Cothier. Même les réfrigérateurs ont des adresses IP (Internet Protocol), numéro d’identification attribué à chaque branchement d’appareil relié au réseau internet.
“En 2008 il y avait dans le monde 2 milliards d’adresses IP, aujourd’hui il y en a 30 milliards, quatre fois la population mondiale”, souligne-t-il.
Par la rédaction de tempsreel.nouvelobs.com
En savoir plus :
Le centre d’espionnage le plus puissant du monde …
A lire sur gizmodo.fr :
Au fond du désert de l’Utah, au pied de la chaîne de montagnes Wasatch, se trouve les bâtiments les plus sécurisés, les plus gardés et les plus secrets du monde. Tout ce que vous pouvez dire ou écrire est analysé ici.
Il s’agit du Centre de données Utah de la NSA (National Security Agency), un complexe à 2 milliards de dollars qui capte, enregistre et filtre toutes les communications du monde : cela va des emails aux appels téléphoniques en passant par les SMS ou les discussions instantanées. Ici, ils cassent les codes, et selon le site Threat Level, ils auraient les algorithmes pour casser les codes les plus puissants du monde. Ils ont accès aux « informations financières, transactions boursières, accords d’entreprises, armée étrangère, secrets diplomatiques, documents légaux, communications personnelles confidentielles. »

Il y aura 4 salles de données de plus de 2.000 m² remplies de serveurs, refroidis par 60.000 tonnes de machine et 6,5 millions de litre d’eau par jour. Le site dispose de sa propre centrale électrique de 65 mégawatts, ainsi que des générateurs de secours capables d’alimenter l’ensemble pendant 3 jours sans interruption.
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Ce centre, (et les autres postes d’écoutes : les satellites espions et les centre de données NSA qui sont connecté à ce centre), va faire de la NSA l’agence d’espionnage la plus puissante du monde.
Source : [Threat Level]
Par Norédine pour gizmodo.fr
En savoir plus :
source http://www.gizmodo.fr/2012/03/16/voici-le-centre-d%E2%80%99espionnage-le-plus-puissant-du-monde.html
Et encore : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/03/16/centre-despionnage-desert-americain/
Et toujours : http://www.rue89.com/2012/03/16/tout-voir-tout-entendre-les-espions-en-revaient-les-usa-lont-presque-fait-230286
L’espionnage informatique et économique, menaces pour les PME belges …
A lire sur express.be :
Aujourd’hui avait lieu à Charleroi une journée d’information pour exposer aux Petites et Moyennes Entreprises belges l’importante de la protection de leurs données. La Chambre de commerce et d’industrie du Hainaut avait programmé cette séance d’information sur la sécurité informatique au sein de l’entreprise et sur la protection des données sur les smartphones, les clés usb ou ordinateurs portables.
Au programme, l’espionnage économique mais aussi le vol informatique.
Les experts ont expliqué aux patrons que la publication des coordonnées de la clientèle sur le site internet de l’entreprise est une bonne stratégie pour la carte de visite et pour la recommandation mais cela permet aussi aux concurrents éventuels de s’emparer des contacts. Le vol de données informatiques est fréquent car les données sont présentes sur de nombreux ordinateurs portables, sur les clés usb et constituent des fuites potentielles.
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Par Arnaud Lefebvre pour express.be
En savoir plus :
Et aussi :
Après l’affaire IKEA, EuroDisney renvoyé en correctionnelle …
En plein scandale Ikea, EuroDisney est à son tour mis en cause pour s’être procuré des informations judiciaires, de façon tout à fait illégale, sur ses employés au moment de leur embauche au parc Disneyland Paris, en Seine-et-Marne. Selon nos informations, entre 2001 et 2004, la société aurait eu accès au passé judiciaire de près de 3000 «cast-members».
Dans cette affaire, la société a été mise en examen en 2006, notamment pour recel de violation du secret professionnel et détournement de données de fichiers informatifs nominatifs. Et c’est en septembre dernier que le juge d’instruction a signé l’ordonnance de renvoi de la société devant le tribunal correctionnel de Meaux, ainsi que de trois anciens gendarmes.
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Par Jila Varoquier pour leparisien.fr
En savoir plus :
Et aussi : http://www.europe1.fr/France/Comment-les-entreprises-espionnent-leurs-salaries-971567/
Affaire IKEA, dérive ou pratique répendue ?
Interview d’Arnaud PELLETIER, à lire sur atlantico.fr :
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Atlantico : Ikea est accusé d’espionnage sur des employés et des clients via une officine qui aurait eu recours frauduleusement à des fichiers de police. Est-ce une pratique qui vous surprend ?
Arnaud Pelletier : Si tout ceci est vrai nous sommes clairement en présence d’un cas illégal et condamnable. Mais cela reste néanmoins l’exception. Au vu de l’ensemble des activités de renseignement privé au niveau national, ces pratiques sont fort heureusement marginales car la profession est réglementée et très surveillée en France.
Evidemment, quand ce type d’affaires sort, cela fait du bruit. L’effet est retentissant médiatiquement, on pense notamment aux affaires EDF, Besancenot ou encore récemment AREVA.
On en parle d’autant plus qu’Ikea diffuse une image qui va à l’encontre de ce genre de méthode.
En aucun cas une société privée qui fournit des renseignements d’entreprise n’a accès légalement à ce type d’information. Il ne faut pas croire que des sociétés, aussi grosses soient-elles, ont des accès privilégiés en France. Il existe un fantasme sur l’espionnage massif des salariés en général et des individus en particulier par des sociétés plus ou moins opaques (on lit souvent le mot « officine »).
Rappelons que l’immense majorité des sociétés de ce secteur est honnête et respecte scrupuleusement la loi.
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Quel est la réglementation en France ? Jusqu’où peut-on aller en matière de surveillance dans le monde professionnel ?
En France, il existe une profession réglementée en charge de ces affaires qui s’appelle « Agents de Recherches Privées » (ARP). La loi la décrit comme telle : « Une profession libérale qui consiste, pour une personne, à recueillir, même sans faire état de sa qualité ni révéler l’objet de sa mission, des informations ou renseignements destinés à des tiers, en vue de la défense de leurs intérêts. » Ici, en l’occurrence, les tiers peuvent être des entreprises ou des chefs d’entreprise.
Dans le cadre d’une problématique d’entreprise avec ses salariés, il y a deux cas de figures :
Dans le premier cas, la société agit de façon préventive. Cela ne présente un intérêt que pour les postes importants d’une entreprise car les démarches sont assez onéreuses.
Par exemple, un directeur peut vouloir vérifier la véracité des CV de candidats qui postulent pour un poste à forte responsabilité (en France, 75% des CV qui arrivent chez les recruteurs sont erronés ; de petites omissions à la fausse expérience professionnelle ou aux faux diplômes). Il peut alors demander à un ARP de vérifier si le diplôme, l’expérience ou le niveau de revenu sont authentiques. Nous faisons alors un travail d’enquête. Nous appelons les anciens employeurs, les universités, les écoles. On appelle cela une « enquête de reconstitution de carrière ». Cette enquête est faite à l’insu du principal intéressé. C’est une démarche légitime pour que l’employeur ait accès à la vérité.
Il faut savoir que pour qu’un agent de recherche privé d’une société de renseignement accepte une demande d’enquête, il faut qu’elle soit légitime, légale et proportionnée. Ces trois mots sont très importants car si une des trois conditions n’est pas remplie la dérive est alors possible.
Dans le second cas, la personne est déjà employée au sein de l’entreprise. Il existe beaucoup d’exemples : le chef d’entreprise peut se rendre compte que des vols de marchandises, ou d’informations ont été commis, des commerciaux peuvent être suspectés de collaborer avec la concurrence et même des salariés en arrêt maladie peuvent également travailler pour leur compte avec le fichier client de l’entreprise. Il paraît alors légitime que l’employeur, avant d’entamer une quelconque procédure, mandate une enquête afin de recueillir des preuves préalables.
Le principe réglementaire est le suivant : le salarié d’une entreprise ne peut faire l’objet d’une enquête que s’il en a été auparavant averti via son contrat de travail ou via le règlement intérieur. Une clause du type « dans le cadre de votre activité professionnel, et conformément à votre contrat de travail, vous pouvez faire l’objet de contrôle inopiné, afin de vérifier la bonne exécution des clauses qui nous lient. » Si le salarié n’en a pas été averti au préalable, bien qu’étant en faute, l’employeur ne peut pas utiliser les éléments qu’il aurait recueillis par l’enquête au Prud’homme sous peine d’être débouté de sa demande.
Mais il y a des exceptions, ceci n’est pas valable au pénal. Et selon le contexte, les juges peuvent avoir une interprétation plus souple. Dans le cadre de l’exemple de vol au sein de l’entreprise, l’employeur appelle une société de recherche privée qui va mener l’enquête légitime, légale et proportionnée, qui va montrer que Mr Dupond vole. Si l’entreprise porte plainte au pénal, même si Mr Dupond n’a pas été prévenu au préalable de cette enquête, les éléments vont être retenus par le juge.
Cette démarche est largement utilisée dans les pays anglo-saxons depuis longtemps. Elle est grandissante en France. De plus en plus, les magistrats accordent la recevabilité du rapport d’enquête. Même au-delà de la sphère du privé, l’administration réalise aussi des investigations privées concernant ses fonctionnaires.
Il s’agit bien évidemment d’un contrôle des activités professionnelles de l’employé. Il ne s’agit pas d’aller contrôler ce qu’il fait le week-end. Sa vie privée ne nous intéresse pas.
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Comment faire en sorte que les investigations n’empiètent pas sur la vie privée ?
En France, la loi est draconienne concernant la protection de la vie privée. Cependant, aujourd’hui même, un juge a accordé gain de cause à des parents qui avaient dissimulé un micro dans le nounours de leur enfant, pour surveiller la nounou de la famille suspectée de maltraitances.
Il faut savoir que tout cela est très complexe, et que la jurisprudence est en perpétuelle évolution. Nous pourrions aussi parler de la surveillance des emails, des réseaux sociaux, tout cela est un peu dans le même esprit. Jusqu’où va-t-on et à partir de quel endroit franchissons-nous la ligne de la violation de la vie privée ? Selon le contexte et les dossiers, la limite peut varier…
Au pénal, on estime que si l’enjeu le justifie, même si la ligne est franchie, les éléments peuvent être reçus. C’est le cas dans l’affaire Bettencourt où l’enregistrement effectué par le majordome a été retenu par les juges.
Depuis la crise, il y a de plus en plus de concurrence déloyale. Certains employés se mettent à leur compte en volant les informations stratégiques de l’entreprise. On fait alors appel à des sociétés privées d’enquête, en toute légalité, qui vont devoir investiguer uniquement sur cet aspect-là et non sur la vie privée de l’employé. Le principe de proportionnalité est alors important.
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Avez-vous remarqué une recrudescence récente des pratiques de surveillance dans un cadre professionnel ?
Cela a toujours existé et l’évolution s’est faite en même temps que la loi. Pour schématiser rapidement, en 1983, un texte de loi réglemente plus structurellement les métiers de la sécurité privée. En 2003, un nouveau texte modifie le précédent et légifère fortement les ARP en donnant la définition actuelle de l’agent de recherches privées. Ce texte oblige l’ARP à justifier sa qualification et impose une formation préalable à l’exercice du métier, délivrant ensuite un agrément préfectoral, sésame obligatoire pour exercer.
Plus la réglementation a été draconienne, plus le métier est devenu sérieux. Les professionnels sont maintenant scrupuleux et reconnus. Les rapports avec les avocats et magistrats se sont nettement améliorés. Tout cela a favorisé l’expansion des services de ces professionnels du renseignement.
Et enfin, cette année, il y a eu un changement. Le 1er janvier 2012, a été créé le Conseil National des Activités Privées de Sécurité (CNAPS) qui est un établissement public qui réglemente et contrôle la profession. La création d’une telle institution était nécessaire car, en France, le secteur de la sécurité privée au sens large affiche une très forte croissance en effectifs et ne cesse de croître en terme de chiffre d’affaires.
Propos recueillis par Jean-Benoît Raynaud pour atlantico.fr
En savoir plus :
La justice autorise l’espionnage d’un tiers par des particuliers …
A lire sur lepoint.fr :
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Le tribunal vient de donner raison à des parents qui avaient espionné leur nourrice, soupçonnée de maltraiter leur bébé.
Ils avaient dissimulé un micro dans la peluche de leur bébé pour surveiller la nourrice. La nounou n’a pas apprécié et a porté plainte contre les parents pour “atteinte à la vie privée”. Elle a été déboutée mardi par le tribunal de grande instance de Lyon, qui a relaxé les parents inquiets.
Le tribunal a pourtant bien reconnu que les parents suspicieux avaient porté atteinte à la vie privée de l’assistante maternelle en enregistrant pendant huit heures d’affilée ce qui se passait à son domicile. “Mais le but de cette stratégie n’avait d’autre but que de vérifier les conditions de garde de leur enfant, a considéré le tribunal dans son jugement. Dans sa conception, sa durée, à aucun moment il n’y a eu l’intention de porter atteinte à sa vie privée.” Une “victoire” pour l’avocate de la famille qui se réjouit que “l’intérêt supérieur de l’enfant a(it) prévalu sur l’intérêt de la vie privée”.
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L’avocate réclame une loi
Ce jugement, inédit, autorise donc désormais à user de ce genre de pratiques pour vérifier la qualité des soins prodigués à son enfant.
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Pas de signes de maltraitance
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Par Catherine Lagrange pour lepoint.fr
En savoir plus : http://www.lepoint.fr/societe/la-justice-autorise-l-espionnage-des-nounous-28-02-2012-1436017_23.php
Le florissant marché de l’espionnage (Intelligence économique ?) …
A lire sur lecourrier.ch :
L’intelligence économique est devenue vitale pour les grands groupes. Quitte à franchir la ligne rouge. Certains cas illustrent les dérives d’un secteur peu réglementé, surtout en Suisse.
Les écologistes ne sont pas seuls à se passionner pour le travail de Greenpeace.
[...]
- La partie émergée de l’iceberg
Mais là n’est pas l’essentiel. Le fait est que ces opérations prolifèrent. En France, un autre géant étatique, EDF, a été condamné – sévèrement – en novembre pour avoir piraté le système informatique de… Greenpeace.
[...]
- Des habitudes tenaces
Mais, assure Hélène Madinier, la HEG n’enseigne pas les méthodes illégales, la «zone noire». Les cours se limitent aux zones «blanche» et «grise». Ces deux catégories comprennent les informations libres, la différence résidant dans la difficulté de leur accès. Dans la légalité, l’intelligence économique consiste essentiellement à analyser les données disponibles par des recherches internet ou la consultation de bases de données spécialisées (Factiva, Worldcheck, etc.). Quelques filouteries peuvent s’y glisser. Un exemple? «Lors d’un événement public, cinq personnes vont poser les mêmes questions à un employé de l’entreprise ciblée. Recouper les réponses, qui ne seront jamais parfaitement identiques, permettra de se rapprocher de ce qui est caché», expose Stéphane Koch.
[...]
Par Marc Gueniat pour lecourrier.ch
En savoir plus :
source http://www.lecourrier.ch/le_florissant_marche_de_l_espionnage
+33 (0)1.34.16.10.50 
