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Quand les Détectives Privés mènent l'enquête …

Posté par Arnaud Pelletier le 7 mai 2010

Ils sont anciens gendarmes, policiers ou journalistes, retraités spécialisés en balistique ou en médecine médico-légale. Ces nouveaux experts réactivent les affaires oubliées

Elle seule l’a repéré. C’est un détail qui pourrait faire de la petite Estelle Mouzin, disparue le 9 janvier 2003 à Guermantes, une énième victime de Michel Fourniret. Un accessoire ayant appartenu à l’enfant qui figurerait parmi les scellés saisis chez le meurtrier. Une piste, au moins, au milieu du mystère. Sept ans après les faits, l’affaire Mouzin pourrait rebondir en partie grâce à Corinne Herrmann (1). Elle appartient à cette nouvelle espèce de limiers judiciaires. Donnez-lui n’importe quelle procédure qui végète sur le bureau d’un juge d’instruction débordé, elle la réactivera. Trouvera la faille. C’est son job, Corinne Herrmann est analyste criminologue.
Une enquêtrice qui ne travaille ni pour la police ni pour la gendarmerie. Mais pour le compte d’un avocat, Didier Seban, qui a compris que la justice est efficace, oui, à condition d’être marquée à la culotte. Corinne Herrmann et son patron ont connu l’inertie judiciaire, les multiples refus d’enquêter, les procédures bâclées, les documents perdus, les portes claquées aux nez des parties civiles. Dans l’affaire des disparues de l’Yonne, ils ont fait le boulot. Et porté le tout sur un plateau à la justice. Des preuves, des corps. Et même un tueur en série : Emile Louis.
On connaissait le détective chargé de filer un mari, une amante, missionné pour retrouver un proche disparu, localiser des enfants que des parents s’arrachent. On découvre maintenant d’autres privés. Des pros de l’enquête criminelle auxquels associations de familles en détresse, avocats et parties civiles acharnés font de plus en plus souvent appel. Ils sont experts retraités en balistique ou en médecine médico-légale, anciens gendarmes chasseurs de tueurs ou journalistes faits-diversiers recyclés. «On reconnaît tout de suite ceux qui ont de la bouteille, confie un officier de police judiciaire. Ils savent accoucher les souvenirs des gens. Et reconstituer le puzzle. Parce qu’ils ne recherchent pas LA vérité, mais toutes ses facettes. »

Repli des pouvoirs publics
Quand une procédure aboutit à un cul-de-sac, certains n’hésitent pas. «Je propose à mes clients les services d’un privé, raconte Me Victor Gioia, avocat à Marseille. Si la pratique se généralise, c’est bien parce qu’on observe un repli des pouvoirs publics, avec de moins en moins de moyens. » Et la tendance pourrait s’accentuer encore en cas de suppression du juge d’instruction. « Son successeur ne serait plus considéré comme impartial, selon Me Seban. L’enquête privée deviendrait alors une solution. » A condition de pouvoir se l’offrir.
Eric Bellahouel, la cinquantaine, a quitté « le Nouveau Détective » au début des années 2000. Pas sa passion : « Les avocats avec qui je bossais m’ont dit c’est con, vous êtes bon en criminelle, reprenez des dossiers enterrés. Alors je l’ai fait. » Un casier judiciaire vierge, une enquête de […]

Meurtres d’exception
En matière criminelle, le recours à l’enquête privée s’inscrit dans cet espace où s’empilent des affaires verrouillées dans leur secret. Des meurtres d’exception qui n’obéissent pas à la loi statistique selon laquelle l’homicide est toujours un crime de proximité : «Dans 90% des cas, les auteurs sont des proches de la victime, donc vite identifiés », indique Marie-Blanche Régnier, juge d’instruction à Mulhouse. Reste donc l’angle mort des enquêtes criminelles, ces 10% de drames jamais élucidés. «En France, la justice ne met pas en parallèle les dossiers, exclut toujours la possibilité qu’un meurtre peut en cacher d’autres », déplore Didier Seban. Quand l’avocat est saisi par la famille d’une […]

Le recours aux experts
Mieux vaut se fier à un avocat. Me Victor Gioia saisit toujours lui-même l’enquêteur : « Souvent, les familles sont de milieu modeste, alors je paie. Je me débrouille ensuite avec les indemnités que les parties civiles touchent au procès. » Sur un homicide, l’agent privé a refait le parcours d’un suspect en chronométrant ses déplacements, alors que la justice s’y refusait. «On a pu établir que les explications de ce type ne tenaient pas debout», poursuit Me Gioia. Une simple vérification, un alibi qui s’effondre. Si les autorités peuvent ignorer un moment les demandes des parties civiles, elles ne peuvent longtemps fermer les yeux sur des résultats.
La grande nouveauté dans l’investigation privée, c’est le recours aux experts. De plus en plus souvent, d’anciens scientifiques, ou des spécialistes toujours en fonction, experts auprès des tribunaux, «nous contactent parce qu’ils veulent contribuer à la manifestation de la vérité », explique Corinne Herrmann. Ils se déplacent pour le compte des parties civiles, assurent les gestes techniques d’usage afin de ne souiller aucun indice, prélèvent, analysent et remettent leur rapport aux avocats. Une manière encore de pousser la justice dans la direction où elle refuse d’aller. Comme dans cette affaire où un homme est retrouvé décapité dans un canal du Loiret, en décembre 1995. Les gendarmes concluent vite à un accident ou à un suicide. Or, dans la voiture de la victime, une tache suspecte macule le revêtement d’un siège. Près de dix années plus tard, un bout de tissu est prélevé, envoyé dans un laboratoire anglais pour confirmer la présence d’hémoglobine et isoler une trace ADN. Le tout pour moins de 3000 euros. C’est un fait, la France a quelques trains de retard : « On a les mêmes structures d’enquête qu’il y a trente ans, alors que le crime a bien évolué », concède un gendarme enquêteur depuis quinze ans. Avant l’installation de Salvac (Système d’Analyse des Liens de la Violence associée aux Crimes) en 2003, aucun dispositif ne permettait de croiser des affaires. Autrement dit, il fallait […]

(1) « Un tueur peut en cacher un autre », par Corinne Herrmann, J’ai Lu.

Elsa Vigoureux

En savoir plus :

http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/notre-epoque/098192/quand-les-prives-menent-l-enquete.html



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L’objectif de ce blog créé en 2006, qui n’est pas à proprement parler un blog puisque je ne donne que très peu mon avis, est d’extraire de mes veilles web informationnelles quotidiennes, un article, un billet qui me parait intéressant et éclairant sur des sujets se rapportant directement ou indirectement à la gestion de l’information stratégique des entreprises et des particuliers.
Depuis fin 2009, je m’efforce que la forme des publications soit toujours la même ; un titre, éventuellement une image, un ou des extrait(s) pour appréhender le sujet et l’idée, l’auteur quand il est identifiable et la source en lien hypertexte vers le texte d’origine afin de compléter la lecture.
En 2012, pour gagner en précision et efficacité, toujours dans l’esprit d’une revue de presse (de web), les textes évoluent, ils seront plus courts et concis avec uniquement l’idée principale.
Bonne découverte à tous …


Arnaud Pelletier

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