Vol d’ordinateur dans des chambres d’hôtel, disparition de brevets dans le Thalys entre Paris et Bruxelles, pénétration d’agents à l’occasion d’une visite, piratage de technologies… Alors qu’une crise endémique tenaille le pays et réveille les appétits les plus féroces, des fleurons de l’économie française font l’objet d’un pillage vertigineux. Animé par un cynique théâtre d’ombres que ne renierait guère John le Carré, il prendrait même depuis vingt ans une forme industrielle. Cet édifiant état des lieux émane d’un rapport choc de la délégation parlementaire au renseignement, composée de parlementaires tous habilités au «secret-défense» et emmenés par le président de la commission des lois à l’Assemblée, le député (PS) Jean-Jacques Urvoas, qui vient d’effectuer une plongée au cœur des services de renseignements et de la sécurité nationale. Ce document de 175 pages, porté à la connaissance du Figaro, pointe une «plurivoracité de la prédation économique» liée à une «technicisation de l’espionnage» mais aussi l’«utilisation croissante du vecteur Internet».
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Par Christophe Cornevin pour lefigaro.fr
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« La saga secret des affaires » va sans doute trouver son épilogue après le dépôt d’une proposition de loi [1] ( N° 675 le 19 Février 2018) qui vise à transposer en droit français la directive 2016/943 du 8 juin 2016.
Un rapport choc de la délégation parlementaire au renseignement, dont Le Figaro révèle le contenu, met en lumière les redoutables méthodes de nos «amis » américains.
Pour la première fois, une étude, réalisée par la société de cybersécurité Trend Micro, s’est penchée sur l’organisation de la sphère cybercriminelle française. D’après ses estimations, 40.000 escrocs réalisent un chiffre d’affaires compris entre 5 et 10 millions d’euros par mois.
Les entreprises françaises sont en péril. Déstabilisées, espionnées, victimes de faux procès, elles sont devenues des cibles prioritaires de leurs concurrents étrangers. C’est du moins la thèse développée par Olivier Hassid dans un ouvrage coécrit avec Lucien Lagarde, « Menaces mortelles sur l’entreprise française » (éd. Nouveau monde)
Emmanuel Macron instaure un service de l’information stratégique et de la sécurité économiques, qui fédère les entités D2IE et SCIE dédiées à l’intelligence économique.
Selon une étude Verint réalisée en partenariat avec Ovum et Opinium, un consommateur sur cinq ne fait confiance à aucune entreprise lorsqu’il s’agit de sécurisation des données. En France, ils sont 30%.
Ces chiffres impressionnants correspondent à une tendance inquiétante. Un Français sur deux (47 %) a été confronté à la cybercriminalité au cours de sa vie, contre deux individus sur cinq en Europe, selon le rapport annuel de Norton/Symantec sur les cyber-risques.
C’est mieux quand c’est dit : le ministre de la Défense évoque publiquement des « capacités offensives » dans le cyber-espace, qui peuvent parfois servir à « frapper ».
Une clé USB cyber-sécurisée, indétectable sur un ordinateur et déverrouillable uniquement avec un smartphone donné ? Cet objet existe et a même été conçu par 
