Archive pour la catégorie ‘Intelligence économique’
L'intelligence économique se réveille
Les métiers de l’intelligence économique se développent sous l’effet de la crise qui exacerbe la compétition mondiale. Des postes juniors apparaissent qui ne sont pas réservés aux seuls diplômés de formations spécialisées.Une veille capitale. La guerre économique redouble d’intensité avec la crise. » Plus que jamais, les entreprises doivent chercher de nouveaux débouchés et ont intérêt à détenir les informations avant leurs concurrents « , estime François Jeanne-Beylot, gérant de Troover, un cabinet de recherche d’informations et de veille sur Internet. D’où le regain d’intérêt actuel vis-à-vis de l’intelligence économique (IE).
Mondialisation et Internet. Apparue il y a près de 15 ans, via le rapport Martre, œuvre collective de l’ex-Commissariat au Plan (devenu aujourd’hui le CAE), cette dénomination recouvre l’ensemble des outils et méthodes de recherche et d’analyse de l’information, susceptibles d’aider les entreprises à se protéger, mais aussi à conquérir des marchés. A la différence du renseignement ou de l’espionnage industriel, ces informations sont accessibles à tous, notamment grâce à Internet. » Le secteur de l’IE est porté à la fois par la mondialisation qui accroit la concurrence entre les entreprises et par le développement exponentiel des informations disponibles « , souligne Jean-Bernard Pinatel, président de la FEPIE*, qui regroupe une quinzaine de cabinets spécialisés en intelligence économique.
Des cellules IE dans les groupes. » Les cycles de ruptures technologiques sont de plus en plus courts. Nous assistons à une véritable course à l’innovation dans laquelle les entreprises sont obligées de se tenir au courant de ce que font leurs concurrents « , renchérit Frédéric Leclerc, directeur pédagogique de l’EEIE**. Une prise de conscience qui profite aux jeunes diplômés : des postes juniors de » chargé de veille » ou de » chargé de mission en veille économique » font leur apparition. Aujourd’hui, de Total à EADS, en passant par Areva, L’Oréal, EDF et même Aéroports de Paris ou… La Poste, tous les grands groupes français disposent d’une cellule en IE.
Des postes en collectivité ou en cabinet. Problème : pas facile de postuler par candidature spontanée tant ces départements sont noyés dans les organigrammes. » Les cellules en IE peuvent être intégrées aussi bien dans les directions stratégiques, que dans les directions R&D, les directions marketing, voire carrément au sein de la direction générale « , observe Jean-Bernard Pinatel. Les collectivités territoriales constituent également un débouché privilégié pour les jeunes diplômés intéressés par l’IE. » Les préfectures de région et les CCI font presque toutes de l’intelligence économique. Quant aux Missions d’expansion économique ou aux agences régionales de développement économique, c’est leur raison d’être « , rappelle Gérard Hoffman, professeur en IE à l’ESCEM***. Enfin, les gros cabinets spécialisés, comme Geos, Serenus Conseil ou Kroll France, intègrent des consultants juniors.
Langues rares et informatique. Même s’il existe une trentaine de formations en IE, le métier n’est pas fermé aux jeunes diplômés généralistes. » Des docteurs en chimie ou des titulaires d’un master en biologie peuvent, après avoir été formés aux outils de veille, faire de l’intelligence économique. Ce qui compte, ce n’est pas de trouver l’information, mais d’être capable de l’analyser correctement « , résume Jean-Bernard Pinatel. Une bonne maîtrise de l’informatique est, toutefois, préférable. La pratique d’une langue rare (mandarin, farci, coréen…) est également très appréciée. Autre impératif : les jeunes professionnels de l’IE ne doivent pas être trop gourmands. Selon une enquête réalisée par Troover, le salaire moyen d’un consultant en intelligence économique se situerait entre 30 000 et 35 000 euros bruts par an.
* Fédération française de l’intelligence économique
** Ecole européenne d’intelligence économique
*** Ecole supérieure de commerce et de management Tours-Poitiers
http://jd.apec.fr/MarcheEmploi/Tous-les-focus/recrutement.jsp?delia=currentArticle_ART_57280||currentTopic_TOP_1541||motherTopic_TOP_1742
Renforcement des moyens de lutte contre la cybercriminalité
A l’occasion du 3ème forum international de Lille consacré à la cybercriminalité, le 24 mars 2009, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, a annoncé le renforcement des moyens de lutte contre la cybercriminalité.
Elle a indiqué que différentes mesures ont été inscrites dans le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure 2 (Loppsi 2). Ces mesures prévoient le renforcement de la sanction en cas d’usurpation d’identité sur internet, le blocage des contenus à caractère pédopornographique par les fournisseurs d’accès à internet et la possibilité de captation de données numériques à distance, qui devrait permettre aux enquêteurs, par exemple, de saisir en temps réel des données au moment où elles s’affichent sur l’écran d’un pédophile ou d’un terroriste.
Par ailleurs, la ministre a également affiché la volonté du Gouvernement d’accroitre la coopération internationale, par l’adoption par le Conseil des ministres de l’Union européenne de la création d’une plateforme européenne de signalement des infractions relevées sur Internet, mais aussi par la poursuite de la coopération bilatérale, notamment avec les Etats-Unis ou la Russie.
Elle a également indiqué qu’un conseil de sécurité économique a été mis en place au sein du ministère de l’Intérieur en vue de mieux travailler ensemble à l’identification des menaces. En son sein, un groupe dédié à l’insécurité économique a la charge de faire avancer la réflexion dans ce domaine.
En outre, un Conseil national du numérique, chargé de la concertation avec les acteurs du secteur, sera créé dans le cadre du plan France numérique 2012.
En ce qui concerne la question spécifique de la protection des entreprises face à l’ingérence et l’espionnage industriel, Michèle Alliot-Marie a annoncé l’élaboration par chaque préfet de région d’un plan triennal d’intelligence économique, en lien avec les services concernés, notamment la DCRI, la soumission des entreprises du secteur de l’intelligence économique et de leurs dirigeants à une procédure d’agrément, via l’avis d’une commission consultative nationale, qui associera les professionnels et pour réduire le risque de trafics d’influence, un délai de trois ans avant que les fonctionnaires civils et militaires ayant exercé dans un service de renseignements puissent exercer des activités privées est instauré.
http://www.juridiconline.com/index.php?option=com_content&task=view&id=12457&Itemid=10
Concurrence déloyale et clause de non concurrence
La vie des affaires est gouvernée par un principe de liberté, celui de la libre concurrence. Chacun est ainsi libre de se lancer dans un commerce quand bien même il ne serait pas le seul sur le marché.
Toutefois, cette liberté de se constituer une clientèle n’est pas totalement absolue et trouve sa limite devant la morale et la loyauté qui encadrent également le monde des affaires.
L’action en concurrence déloyale a pour objet de sanctionner les infractions au « code d’honneur commercial ». Mais c’est avant tout une action à caractère indemnitaire qui permet à l’entreprise lésée par les agissements de son concurrent d’obtenir réparation de ses préjudices.
C’est la raison pour laquelle cette action est fondée sur l’article 1382 du Code Civil qui régit la responsabilité civile délictuelle de droit commun :
« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer. »
Pour prospérer l’action en concurrence déloyale doit en conséquence reposer sur une faute, un préjudice, et un lien de causalité entre cette faute et ce préjudice.
La faute peut revêtir de nombreuses formes. On peut notamment citer :
– le dénigrement de l’entreprise rivale,
– sa désorganisation par le biais d’un débauchage massif de salariés,
– le non respect d’une réglementation impérative (ex. publicité mensongère, vente à pertes)
– le risque de confusion par l’imitation de produits ou de la marque du concurrent.
La liste n’est, bien entendu, pas exhaustive.
Ainsi la concurrence déloyale peut également résulter de l’embauche d’un salarié en contravention avec la clause de non-concurrence à laquelle ce dernier est tenu vis-à-vis de son employeur.
Dans un tel cas, l’employeur peut bien évidemment saisir le Conseil des Prud’hommes d’une demande d’indemnisation à l’encontre de son ex-salarié, mais également agir contre le nouvel employeur de ce dernier sur le fondement de l’action en concurrence déloyale.
Il y a en effet faute à embaucher un salarié que l’on sait tenu d’une clause de non concurrence.
Un arrêt de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation en date du 29 janvier 2008 (n°06-18654) vient d’apporter des précisions importantes sur cette question du débauchage fautif.
En premier lieu, la Cour de Cassation indique que le seul débauchage d’un nombre important de salariés (en l’espèce trois d’un coup) du concurrent n’est pas fautif en soit. Encore faut-il que l’embauche des salariés ait bien entraîné une désorganisation de leur ancienne entreprise.
En second lieu, la Haute Juridiction précise qu’il ne peut y avoir comportement fautif à embaucher des salariés en contravention avec la clause de non concurrence de leur ancien contrat de travail, qu’à condition que cette clause ne soit pas nulle. (Cf. Clause de non concurrence : nouvelle cause de nullité ! )
Cette solution est logique.
Dès lors que la clause de non concurrence prévue au contrat de travail est nulle, l’employeur ne peut reprocher à son ex-salarié de ne pas la respecter, et donc pas davantage à son nouvel employeur d’avoir participé à la violation d’une clause inexistante car nulle.
En l’absence de faute commise par le nouvel employeur ce dernier ne peut être condamné en paiement de dommages intérêts pour concurrence déloyale.
(Publié par Maître Pierre FERNANDEZ, Avocat à Paris)
Quels sens à la crise mondiale actuelle ? Rôle de l'Intelligence Economique.
I. LA CRISE MONDIALE ACTUELLE EST GLOBALE ET RÉVÈLE UN DÉFICIT POLITIQUE MAJEUR
1. La crise actuelle se présente comme une crise financière très grave.
Ce n’est pas la première crise financière de la mondialisation mais aujourd’hui, les choses sont à la fois semblables et différentes. Ce sont aujourd’hui les pays occidentaux et le premier d’entre eux, les US, puis l’Europe, qui sont touchés en priorité. Et c’est le système financier lui-même qui est atteint.
2. Mais notre mondialisation n’est pas que financière, économique ou géoéconomique.
La mondialisation a comme moteur l’information et la circulation de l’information, bref elle est autant immatérielle que matérielle. Cela est fondamental. La montée en puissance de l’information a eu un effet géopolitique et géoéconomique insoupçonné et souvent peu mis en exergue. Elle a contribué à l’éparpillement des pouvoirs au niveau du monde.
3. Et pour gérer tout cela, pas grand-chose, ou trop d’acteurs.
La mondialisation a touché tous les aspects de la vie, sauf le politique. Toutes ces questions ont été traitées jusqu’à présent de manière purement technique et cloisonnée. Au niveau mondial, peu d’outils globaux et trop d’acteurs qui veulent intervenir. Les Etats, seuls possesseurs de légitimité puisqu’ils représentent les citoyens, se sont vu en partie déposséder de leur légitimité par d’autres acteurs au niveau du monde, sans que cette légitimité soit remplacée.
II. DEUXIÈME PARTIE : UN DÉFICIT POLITIQUE MAJEUR ? SON SENS PROFOND
1. Un déficit de pensée ou d’approche, facilitée par une consanguinité culturelle des décideurs.
La pensée dominante dans les cercles internationaux est devenue quasi-idéologique. Une idéologie pseudo-libérale considérée comme un dogme a permis une déviation du capitalisme qu’elle était censée défendre. Les Etats n’ont pas joué leur rôle, parce que leurs dirigeants ont privilégié une vision techniciste, qui ne peut pas faire le poids face à la pensée idéologique unique.
Les dirigeants occidentaux ont privilégié des approches quantitatives et sectorielles. Ils ont trop fait confiance aux techniciens fussent-ils de haut niveau, au détriment de la réflexion. Le sens a été perdu par l’effet conjoint de dogme idéologique et de confiance aveugle dans les modèles. Absence cruelle de jugement critique, absence même de volonté de comprendre. Les acteurs du monde des affaires sont en outre surveillés ou contrôlés par les mêmes qu’eux, par des pairs.
2. Un déficit de bonnes régulations
On dit que la crise est due à une absence de régulations, particulièrement en matière financière. Or il y en a. La vraie question est : de quelle qualité sont-elles ? Le problème des régulations internationales actuelles est que ce sont souvent des autorégulations. Ces autorégulations sont devenues un marché mondial : celui de la norme. On la produit, on la vend, on vend les formations, on audite et on la contrôle. C’est un autre aspect du problème. Elles sont la plupart du temps autojustifiées par la référence au développement durable (DD), devenu outil de gouvernance mondiale. Ces régulations favorisent une vision parcellaire et un sentiment de sécurité potentiellement dangereux. Elles manquent de légitimité.
3. Un déficit d’architecture de gouvernance mondiale
Les institutions de 1945 doivent s’élargir.
III. QUELLES DIRECTIONS POSSIBLES A CETTE CRISE ?
1. D’abord, des directions qu’il faut absolument éviter.
Il y a le « risque de la tragédie grecque » : tout le monde se met en ordre de marche, les media en premier lieu, produisant de la catastrophe avec une sorte de joie fataliste. La crise est suffisamment grave. Il faut éviter la prophétie auto-réalisatrice et privilégier l’explication calme, argumentée et raisonnée. Un vrai danger majeur est celui de l’effondrement du système financier. Et s’il n’y a pas d’effondrement, celui d’une inflation redoutable en 2010 2011 dans le monde entier. Tout cela demande un changement de direction politico-économique majeur au niveau du monde et un traitement multilatéral obligatoire.
Un autre danger économique majeur est celui du protectionnisme économique et/ou de l’isolationnisme politique. Hélas, on en constate des prémisses, et d’abord aux US, avec la clause Buy American qui figure dans le plan de relance. Il faut résister à cette fausse bonne idée. Il faut au contraire au niveau mondial tenter d’harmoniser peu à peu les normes sociales et environnementales dont la différence crée la distorsion. Ce qui n’empêche pas de mettre en place des protections sectorielles et limités sur des domaines stratégiques, comme l’ont fait depuis longtemps les États-Unis.
Le risque lié à l’attitude des pays émergents et en particulier au couple infernal Chine États-Unis est souvent évoqué. Là encore on lit des choses dramatiques qui ont souvent l’air de fasciner ceux qui les écrivent. Je ne crois pas à des guerres mondiales proches. La confiance étant primordiale, le risque à éviter est celui de l’instabilité, et la première chose à faire est de réduire partout la volatilité.
2. Les directions possibles et celles à privilégier.
D’abord sur le plan du principe, on est entré dans un monde où doit s’appliquer à fond un concept clé de l’IE : la coopétition, c’est-à-dire à la fois la compétition et la coopération. Il faut bien distinguer l’immédiat, le court terme et le moyen-long terme. La confusion serait fatale. Sur l’immédiat, il faut traiter les grands malades que sont les banques, par des garanties, des apports de capitaux, des prêts… et en y instaurant une gouvernance surveillée par les prêteurs publics.
A court terme, on sait quand même à peu près ce qu’il faut faire : rendre confiance dans le capitalisme, par quelques mesures chocs, notamment sur les revenus des dirigeants des entreprises ; interdire certaines pratiques au moins pendant un temps, puis les limiter, revoir certaines des normes comptables , les statuts des agences de notation et le rôle des auditeurs…Il faut aussi renforcer la capacité de prêt du FMI. Compte tenu de la situation de l’ONU, tout cela ne peut se faire aujourd’hui au plan mondial que par un regroupement d’Etats volontaristes : le G20. Les Etats du G20 disposent de tous les outils nécessaires, la légitimité et responsabilité sont entre leurs mains et c’est celle d’une coopération immédiate et d’un courage face aux forces non étatiques.
Mais la question est encore beaucoup plus difficile sur le long terme.
Sur la forme, il n’y a que la voie d’un multilatéralisme raisonné et réellement partenarial qui permettra de résoudre ces questions globales de la planète, mais elle sera longue. Les idées sont très nombreuses : créer un Conseil de sécurité économique au sein de l’ONU, organiser la gestion des affaires par des organisations spécialisées, par exemple une Organisation mondiale de la régulation financière, une autre pour l’environnement… Le bon niveau pour avancer est celui des associations régionales, qui d’ailleurs se multiplient et se renforcent. Il faut aussi prendre en compte les acteurs globaux, grandes entreprises mondiales, grandes associations internationales, ONG et favoriser leur représentation à côté des Etats.
Les questions seront encore plus dures à régler sur le fond. Parce qu’on n’est pas d’accord philosophiquement sur la manière de gérer le monde. Cela va des principes de gestion aux valeurs mêmes. Un débat sur les valeurs est indispensable. Comme le dit Pascal Lamy, il faut faire émerger des préférences collectives mondiales. Il faut réinventer une théorie d’économie politique sur la répartition entre public et privé au niveau mondial. Dans cette recherche, l’Europe et en particulier la France si elle sait être influente est particulièrement bien placée pour proposer des schémas de fonctionnement publics-privés qui ont fait leurs preuves. Il faut trouver des manières de concilier des visions du monde radicalement différentes. Il faudra faire très attention au rôle des mots et de leur poids sur l’opinion publique : par exemple le mot transparence : utilisé partout pour justifier toutes sortes de règles. On aura bien besoin de philosophes pour épauler les politiques et les économistes. Il faut favoriser les réflexions multiculturelles comme source d’idées.
Conclusion
On est entré dans une ère de grandes turbulences. Elles ne pourront se résoudre que par une pensée nouvelle, l’innovation ne doit pas toucher que le progrès technique mais aussi la pensée politique. Au plan économique, l’entrepreneur est celui qui sait rompre avec la routine, disait Schumpeter. Il faut faire la même chose au plan politique, penser différemment, avec courage, responsabilité et sens du long terme. C’est en principe le rôle des gens qu’on élit. Le Président Obama qui n’était encore que président élu a dit en novembre dernier : the old ways of thinking just won’t do… Le problème essentiel pour gérer cette crise sera celui de la qualité des élites.
Claude Revel
Professeur affiliée au CERAM, Responsable Scientifique du MS MSIC, Conseil international, Conseillère du Commerce extérieur de la France, auteur de nombreux ouvrages dont « La gouvernance mondiale a commencé » (2006, Ellipses).
L'intelligence economique rattachee a l'Elysee ?
«Nouveau cap. « Un non-sujet ». Malgré la rumeur qui le donne partant, Alain Juillet affirme qu’il reste jusqu’à nouvel ordre le haut-commissaire à l’intelligence économique du gouvernement, sous la tutelle du SGDNS, donc de Matignon.
La question de son remplacement ou non se posera néanmoins à terme car le gouvernement réfléchit depuis plusieurs mois à la refonte de son dispositif dans ce domaine. « Il est souhaitable que l’intelligence économique passe un nouveau cap, indépendamment de celui qui en sera responsable », explique Alain Juillet.
Un des schémas à l’étude passerait par la désignation d’un adjoint en charge de ces questions auprès de Bernard Bajolet, le nouveau coordinateur du renseignement à l’Elysée.»…
http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/4842995-l-intelligence-economique-rattachee-a-l-elysee-.htm
2008, une annee record pour le cybersquatting
«Le nombre de cas portés devant la justice est en augmentation de 8 % sur un an. La plupart du temps, les plaignants l’emportent. Le nombre de cas de cybersquatting portés en justice en 2008 par des entreprises et des célébrités décidées à empêcher d’autres de profiter de leur nom ou de leur marque a dépassé tous les records en 2008, a révélé l’agence de l’ONU en charge de ces affaires, la World Intellectual Property Organization (Wipo). En hausse de 8 % par rapport à 2007, les 2 329 affaires traitées par la Wipo l’an dernier faisaient par exemple référence au club de football l’Arsenal, à l’actrice Scarlett Johansson, à la candidature madrilène aux jeux olympiques de 2016 mais également à la BBC, à l’université de Yale, au Blackberry, à eBay, à Google, à Lego, à la Fifa, à Nestlé… Le secteur d’activité où le nombre de plaintes s’est fait le plus important est l’industrie pharmaceutique, en raison des nombreux sites vendant des médicaments aux noms protégés.
Parmi les autres secteurs très touchés par le phénomène, la banque et la finance, Internet et les télécommunications, la vente de détail, l’alimentation, la boisson et les restaurants.
A noter que 86 % des affaires impliquaient des noms de domaines rédigés en anglais. 30 % des affaires ont été réglées à l’amiable et les plaignants ont gagné la plupart des affaires restantes.
Depuis 10 ans, 14 000 cas de cybersquatting ou d’enregistrement abusif de marques déposées ont été portés devant la Wipo. L’Icann, qui gère les suffixes tels que .com et .gov, se prépare à en lancer de nouveaux.
En résultera une augmentation importante du nombre d’adresses Web, fournissant du même coup de nouveaux espaces où s’approprier abusivement des noms déposés»…
http://www.journaldunet.com/ebusiness/breve/international/37141/2008–une-annee-record-pour-le-cybersquatting.shtml
L'intelligence économique: une nouvelle pratique managériale incontournable
Naissance de la revue internationale d’intelligence économique
La R2IE est une publication scientifique ayant vocation à étudier les différents aspects de l’intelligence économique, tels que la veille stratégique, la communication d’influence, la gestion du risque ou encore la sécurité économique des entreprises et des états.
A ce titre, elle accueille des contributions issues d’un champ pluridisciplinaire exhaustif : économie et gestion, droit, sciences politiques et sciences de l’information et de la communication. Le premier numéro paraîtra fin février, aux éditions Lavoisier.
Pour en savoir plus, cliquez ici
L’intelligence économique: une nouvelle pratique managériale incontournable
« Depuis longtemps répandue chez nos partenaires économiques sous diverses formes, l’intelligence économique s’impose comme une culture managériale inhérente au tournant décisif que connaissent nos économies contemporaines: hypercompétition, incertitude, et instabilité. Les entreprises, comme les états et les territoires, manifestent un besoin accru d’information à forte valeur ajoutée. Celle-ci permet d’anticiper les ruptures potentielles d’un environnement stratégique, de communiquer plus efficacement, ou de maîtriser les techniques d’influence contemporaines (cyber-lobbying et e-réputation par exemple). En d’autres termes, l’IE est devenue un outil proactif d’aide à la décision.
La R2IE se fixe pour ambition d’aider les organisations à mieux appréhender le risque global et à se doter d’un avantage compétitif durable, en participant à la diffusion de l’intelligence économique en France. Pour ce faire, elle fédère chercheurs et praticiens autour d’une démarche collaborative visant à constituer le premier réseau d’expertise du genre.
Nous vous souhaitons une très agréable lecture. »
http://www.intelligence-economique.gouv.fr/article.php3?id_article=377
http://r2ie.fr.nf/
Le nouveau visage des détectives privés
En quête de crédibilité, les agents de recherches privées délaissent les secrets d’alcôve pour se concentrer sur l’univers de l’entreprise.
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Le sempiternel cliché du détective a la peau dure. Dans sa version polar, on le campe volontiers en fugace personnage de la nuit qui trimbale son imper mastic dans les bars d’hôtel où il sirote un whisky en solo. Mi-enjôleur et mi-magouilleur, ce héros dissimule son visage sous un inséparable feutre mou et ne se départit jamais d’une secrétaire courte vêtue et accorte. Dans une mouture plus nauséabonde, le «privé» apparaît comme un âpre «ripou» qui viole sans vergogne la vie privée, pirate les fichiers de la police, joue les «gros bras», multiplie les coups tordus et cambriole à la commande pour une poignée de billets.
Ulcérés de traîner ces préjugés écornant leur image, les quelque 1 500 détectives français sont en quête de crédibilité. Soucieux de redorer leur blason, ils vont sortir de l’ombre pour montrer leur nouveau visage à l’occasion des États généraux de l’enquête privée qui se tient demain à Paris. «Contrairement aux idées reçues dans le subconscient du grand public, les enquêteurs n’ont pas de carte professionnelle ni permis de port d’armes, remarque d’emblée Jean-Emmanuel Derny, patron de Roche Investigation et secrétaire général du Syndicat national des agents de recherches privées (Snarp) revendiquant une centaine d’adh érents en France et 3 000 en Europe. Ils n’ont ni gyrophare et encore moins de plaques numérologiques spéciales, comme certains pseudo-confrères l’avaient demandé au ministère de l’Intérieur.» Il est vrai que le privé abuse peu du postiche et goûte modérément aux gadgets chers à Ian Fleming. Sa panoplie se résume à une voiture de modeste cylindrée, Internet, des jumelles de préférence infrarouges et un appareil photo numérique qui relègue aux oubliettes la loupe de ce bon vieux Sherlock Holmes.
Il faut dire que la profession s’est métamorphosée durant sa longue histoire. Nés non pas aux États-Unis mais bien en France au XIXe, les premiers privés sont une création d’Eugène-François Vidocq. Dès 1833, le chef de la Sûreté installe à Paris le «bureau des renseignements universels pour le commerce et l’industrie». Sous cette appellation pompeuse, l’ex-bagnard manipule une nuée de petites mains chargées de débusquer les mauvais payeurs et suivre de jeunes femmes volages, comme Marie Dorval, comédienne et maîtresse d’Alfred de Vigny.
«Affaires de bidets»
Secrets d’alcôve et amours bafouées sont longtemps restés les mamelles du métier. Et les émules de Philip Marlowe ont fait leurs «choux gras» de ce qu’ils appellent entre eux, avec un art trivial de la formule, les «affaires de bidets». «Avant, on voyait défiler une clientèle assez féminine qui voulait divorcer et avait besoin de savoir avant de prendre une décision, confie Martine Barret , gérante de l’agence Duluc Détective, créée en 1913 en plein cœur de Paris par un ancien inspecteur de la PJ et qui a traité 30 000 affaires pour 12 000 clients. Les enquêtes d’adultère se menaient grâce aux gardiennes d’immeubles ou aux femmes au foyer qui disaient tout ce qui se passait chez les voisins. Maintenant, les codes de porte, la vidéosurveillance et l’anonymat des quartiers ont compliqué le métier…»
La réforme du divorce de 1975 contraint le conjoint à prouver l’adultère avec une preuve matérielle de la faute. «Une simple note établissant un rendez-vous d’hôtel suffisait. En revanche, les photos n’ont jamais eu aucune valeur légale, affirme Marie-Françoise Hollinger, présidente du Conseil national supérieur professionnel des agents de recherches privées (CNSP-ARP). Avec la loi de 2006 sur le divorce par consentement mutuel, cette notion de faute s’est estompée et les avocats n’envoient plus de clients.» Pour les détectives, la fin des enquêtes adultérines, soit les deux tiers du chiffre d’affaires, a eu l’effet d’une douche écossaise.
Mais les princes de la « filoche » ne désarment pas. Dorénavant, ils se reconvertissent dans l’espionnage du train de vie des couples séparés afin de réviser les prestations compensatoires, dressent des rapports sur la condition de vie des enfants dans les familles recomposées ou encore se lancent dans la recherche d’héritage. Avec parfois de grosses surprises, à l’image de ce privé qui travaillait pour un notaire souhaitant retrouver la trace d’un mystérieux héritier disparu depuis trente ans. Sans papiers, inconnu à la Sécurité sociale comme à la caisse d’allocations familiales, l’homme était devenu clochard. Localisé par le truchement du Samu social, le vagabond rêveur a refusé à la stupeur générale un magot d’un million d’euros. « Ce genre d’histoire participe à la magie du métier », confie un vieux privé parisien.
Intervention de nuit dans les bureaux
Contraint de débroussailler de nouvelles terres pour ne pas disparaître, le détective privé nouveau genre se recycle dans l’univers de l’entreprise. «Nous démarchons désormais des chaînes fleuristes jusqu’à des sociétés travaillant pour le CAC 40», assure Jean-Emmanuel Derny, lui-même ancien directeur commercial reconverti. Draguant les directeurs généraux, les directeurs des ressources humaines ou leurs avocats, ses confrères se lancent à bras-le-corps dans d’épineux dossiers de concurrence déloyale dès lors qu’un employé indélicat passe à la concurrence en emportant brevets et fichiers de clients.
«À la demande d’un patron d’une grande firme pharmaceutique, mon équipe a récemment placé des mouchards sur certains ordinateurs et postes téléphoniques pour débusquer le traître, confie un détective sous le couvert de l’anonymat. À plusieurs reprises, nous sommes intervenus de nuit dans les bureaux, avec l’onction de la direction, même si c’est illégal. Mais dans ce genre d’affaires, nous faisons encore chou blanc dans 80 % des cas.» En temps de crise, les salariés voleurs se retrouvent eux aussi dans le collimateur de privés qui s’infiltrent aujourd’hui incognito jusqu’à la machine à café. «De plus en plus, nos clients cherchent à connaître les vices cachés et la moralité de leurs collaborateurs, précise le privé. Quand un profil déviant est identifié, l’employeur lave son linge sale en famille, sans faire de publicité pouvant nuire à sa réputation.» Les dossiers d’intelligence économique, qui ne représentent encore que 5 % de l’activité des agents de recherches, pourrait demain prendre leur essor.
Outre le profil des affaires, les conditions de travail aussi ont changé. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, seule une dizaine de détectives se partageaient le juteux marché parisien. Aujourd’hui, pas moins de 300 agents de recherches privées sillonnent l’agglomération où la concurrence est devenue rude et les clients, plus rares en ces temps de crise. Ce qui n’a pourtant pas engendré une guerre des tarifs, ni la floraison d’investigation «low-cost». En général, les tarifs oscillent entre 70 et 100 euros de l’heure, sachant que des forfaits journaliers sont pratiqués autour de 500 euros pour une journée de dix heures. «En général, les premiers jours sont cruciaux, confie Marie-Françoise Hollinger. Si on ne trouve pas après les enquêtes de voisinage et les recherches dans les états civils, les actes de mariage ou les attestations de naissance, on fait marcher la matière grise . Mais, faute de boule de cristal ou de pendule à la Tryphon Tournesol, nos recherches n’excèdent guère plus d’un mois…» Pour retrouver un gros débiteur ayant organisé sa disparition, les investigations sont poussées jusqu’à l’épluchage des listes électorales, l’exploration du cadastre ou encore la consultation des archives des hypothèques nationales…
Peu hostiles à l’idée d’encaisser un chèque, les privés refusent cependant certaines missions. «Question de crédibilité, claironne la patronne de Duluc Détective, bien assise dans son bureau kitch agrémenté d’une fresque marine et de miroirs au plafond. Par exemple, j’ai refusé de travailler pour un gars qui avait flashé sur une femme brune et de taille moyenne croisée en gare Saint-Lazare. Remettre la main dessus était peine perdue…» Dans le même esprit, les clients trop déstabilisés psychologiquement sont considérés avec retenue. « Au fil des ans, nous recevons de plus en plus de gens qui disjonctent, au bout du rouleau à force d’avoir pris des coups, lâche Martine Barret. Il nous faut beaucoup de psychologie.Venir voir un agent de recherches demeure une démarche pas naturelle, toujours pas rentrée dans les mœurs. En général, les clients se sentent coupables d’espionner la vie de leur conjoint ou de leur employé. Ils ont peur de briser ce tabou… » Et c’est souvent au terme de plusieurs nuits de réflexion que les clients se résolvent à pousser la porte d’un détective. Il fait figure de dernier recours.
Opération «mains propres»
En quête de moralisation, les nouveaux agents de recherches privées sont depuis peu sélectionnés à bac + 2 dans trois écoles universitaires délivrant depuis 2005 des licences professionnelles reconnues. L’année dernière, ce débouché au parfum d’aventures a attiré plus d’un millier de candidats, parmi lesquelles figurent nombre de gendarmes à la retraite mais aussi des professeurs, des agents d’EDF ou encore des chômeurs à qui l’ANPE a assuré qu’ils seraient prédestinés à l’art de l’enquête. Environ 95 % des candidats sont recalés…
Reste le problème de la «tricoche», cette relation quasi incestueuse entre les détectives et les policiers à la retraite qui leur marchandent de précieux « tuyaux » piratés dans les fichiers de l’État. Seul un strict encadrement de leur activité dans le cadre de la future loi sur la sécurité intérieure, votée en principe l’été prochain, pourra mettre fin à ces dérives. Notamment en interdisant pendant cinq ans aux retraités des forces de l’ordre d’exercer leur talent dans le privé afin d’éviter toute collusion. Sans attendre, les privés ont de leur côté décidé d’orchestrer une opération «mains propres» dans leurs rangs. Selon nos informations, ils dévoileront demain pour la première fois un code de déontologie sous l’œil vigilant d’Alain Juillet, haut responsable pour l’intelligence économique. Nestor Burma n’a plus qu’à bien se tenir.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/02/27/01016-20090227ARTFIG00655-le-nouveau-visage-des-detectives-prives-.php


