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Le Détective privé : les ficelles d'un métier …
«détective privé». Les affaires conjugales et familiales représentent environ 50% de leurs missions. Les contre-enquêtes pénales, les arnaques aux assurances, la concurrence déloyale, la lutte contre la contrefaçon, l’intelligence économique et le contre-espionnage électronique (détection de micros) entrent aussi dans leur champ de compétence.
Si leurs tarifs sont libres, les prestations sont en moyenne facturées entre 60 et 150 €/h. Depuis mars 2003, la profession est réglementée. Il ne suffit plus de sortir son imper et d’apposer sa plaque pour exercer. Un agrément préfectoral soumis à une enquête policière de moralité et à une formation dispensée, après bac+2, à l’université ou à l’Institut de formation des agents de recherche (Ifar) est nécessaire pour exercer. Une solide culture en droit, notamment le respect de la vie privée, est exigée et un casier judiciaire vierge, impératif.
Cadrer la requête du client
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Jouer les paparazzi
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Opérer une filature incognito
A pied, en moto, en voiture, la filature, c’est-à-dire l’action de suivre un individu, est la base du métier d’enquêteur privé. Outre qu’ils doivent, par leur look et le choix de leur véhicule, rester discrets, ils sont contraints d’obéir à certains principes.
Le premier consiste à abandonner la filature dès qu’il y a un risque d’être repéré. Un bon enquêteur doit savoir s’éclipser si nécessaire.
Le second consiste, dès que possible, à positionner sa voiture dans l’angle mort du véhicule suivi. Si en ville, la filature est relativement simple, en rase campagne, elle exige davantage de précautions. Il arrive que les filatures se fassent en binôme. Dans ce cas, les enquêteurs restent en contact grâce au talkie-walkie.
Maîtriser la relève d’empreinte
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Faire parler les voisins sans se dévoiler
Gardiens d’immeubles, commerçants, voisins, autant de sources d’informations
qu’il faut savoir manier avec tact. La prouesse consiste à les faire parler sans
décliner son identité et sans usurper une fonction.
L’agent de recherches privées a en effet le droit de taire sa fonction, il n’a pas, en revanche, le droit de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Un principe qui n’est pas toujours respecté. Si chaque situation est unique, ils font tous extrêmement attention au vocabulaire de leur interlocuteur afin de le reprendre à leur compte, histoire de susciter empathie et connivence.
Maîtriser la cyber-enquête
Internet a changé la vie des enquêteurs privés. Ils passent désormais plusieurs
heures sur le Net à rechercher des informations qu’ils récoltaient auparavant sur le terrain. Par exemple, pour connaître le nom du gérant d’une entreprise, ils n’ont plus besoin de se rendre au greffe du tribunal, ils se connectent sur
Infogreffe.fr. De même, grâce à Facebook, ils accèdent à de nombreuses informations d’ordre privé. La masse de données disponibles en ligne fait avancer une enquête à la vitesse de la lumière.
Ainsi un enquêteur privé travaillant pour une compagnie d’assurance américaine qui voulait savoir si le bateau assuré avait été endommagé dans le port de La Rochelle pendant une tempête ou pendant le trajet a pu retrouver sur le Net des photos du port de La Rochelle où le bateau en question n’apparaissait pas altéré.
On appelle cela l’information blanche, l’ensemble des informations disponibles légalement. Le rôle des enquêteurs est d’en faire une information grise, c’est-à-dire analysée et corrélée afin de répondre à une problématique particulière
Alexandra Da Rocha, Reponseatout.com
http://www.reponseatout.com/detective-prive-ficelles-metier-a-9003,45.html
Infos du 19/11/08 …
PERSONNELLES
un destinataire du service, se trouvant, après la prise de contact par voie électronique avec le prestataire de services, privé d’accès au réseau électronique, demande à ce dernier l’accès à une voie de communication non électronique. »
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:62007J0298:FR:HTML
L'affaire Moigne met en lumière certaines pratiques d'officines privées
LE MONDE | 20.03.08 | 14h52 • Mis à jour le 20.03.08 | 14h52
L’enquête sur les malversations du commissaire Patrick Moigne, mis en examen vendredi 14 mars pour avoir monnayé des informations confidentielles à des tiers, met en lumière le rôle et les pratiques d’officines privées de renseignement. Le chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement (BFMP) de la police judiciaire de Paris aurait ainsi vendu des informations relatives au groupe pétrolier Total à une société d' »intelligence économique ». Un secteur où le ministère de l’intérieur a prévu de faire le ménage, dans la future loi d’orientation et de programmation sur la sécurité intérieure, en introduisant des contrôles plus stricts.
Les policiers ont un nom pour désigner la vente de ces informations qui passent par le privé : la « tricoche ». Dans le dossier Moigne, le commanditaire s’appelle Jacques Leroy, à la tête de sa propre société, JLR Conseil. Ce dernier a reconnu, lors de ses auditions, avoir eu « connaissance de futures opérations de police et de futures gardes à vue dans au moins une affaire sensible » et cité Total, selon une information confirmée par le parquet de Paris. Le groupe pétrolier, qui s’est refusé à tout commentaire, fait l’objet de plusieurs informations judiciaires, notamment pour la corruption présumée de fonctionnaires étrangers en Irak dans le cadre de l’opération « pétrole contre nourriture », mais aussi dans deux autres affaires en Iran et au Cameroun. Or le premier dossier est suivi par la brigade financière et les autres par la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), qui font toutes deux partie, avec la BFMP, du pôle financier de la PJ de Paris, où M. Moigne travaillait.
Jacques Leroy est lui-même un ancien policier de la brigade financière de Paris. Mis en examen pour « corruption active d’une personne dépositaire de l’autorité publique » et interpellé en même temps que M. Moigne, le 13 mars, c’est un proche de Philippe Legorjus, ancien chef du GIGN. Les enquêteurs s’intéressent de près à l’ancien gendarme qui avait créé, après son départ de l’armée, en 1995, la société Atlantic Intelligence. Cette entreprise de renseignements privés devenue leader sur son marché, a eu, parmi ses premiers clients, Total et a employé M. Leroy. Lors de l’audition de ce dernier par les enquêteurs, le nom de M. Legorjus ainsi que celui d’une de ses plus fidèles collaboratrices ont été cités.
M. Legorjus a lui-même recruté en 2004 Jacques Leroy, qui a quitté Atlantic Intelligence en 2006 tout en continuant à travailler pour elle, en sous-traitance, via sa propre société. Aujourd’hui, l’ancien gendarme ne dirige plus Atlantic Intelligence, qui a changé de nom pour devenir Risk & Co. Même s’il en contrôle toujours un tiers des parts, il a été poussé vers la sortie par Bruno Delamotte, propriétaire de la société BD Consultant avec laquelle il avait fusionné. « Je ne connais absolument pas Patrick Moigne et le seul gestionnaire de Total depuis deux ans, c’est Delamotte », affirme M. Legorjus.
Entre les deux hommes, les relations se sont dégradées au point que Bruno Delamotte n’hésite pas à dire qu’« un vrai ménage a été fait ». « Nous avons signé un protocole d’accord pour racheter les parts de M. Legorjus suite à des divergences stratégiques et parce que nous n’étions pas d’accord sur les méthodes et les pratiques », dit-il, tout en confirmant avoir toujours pour client Total, sur la « sécurité de projets au Yémen et au Niger ».
Ce n’est pas la première fois que des officines privées « d’intelligence économique » font parler d’elles. Sous cette appellation floue, qui désigne pour l’essentiel la collecte d’informations sensibles mais aussi, de plus en plus, la sécurité des entreprises à l’étranger, tout un marché s’est développé. Il est devenu le premier secteur de reconversion de policiers et de gendarmes, voire des anciens du RAID ou de la DGSE, « chassés » pour leur savoir-faire en matière d’investigation et surtout leur carnet d’adresses. Le groupe Geos – qui n’est en rien soupçonné de malversations -, par exemple, s’est attaché les services de plusieurs anciens fonctionnaires, dont l’ex-patron de la DST, Louis Caprioli, comme « conseiller spécial ». M. Delamotte a travaillé deux ans au secrétariat général de la défense (SGDN) où ce civil était chargé des questions de blanchiment d’argent.
Face à ces liaisons parfois dangereuses, la sous-direction des affaires économiques de la PJ de Paris tente de se protéger. Son directeur, Patrick Hefner, émet un avis défavorable chaque fois qu’un ancien de la maison lui fait part d’une demande d’agrément transmise à la préfecture de police pour ouvrir une de ces officines. Depuis un an, assure un policier, les locaux du pôle financier sont interdits aux « retraités » et toutes les informations demandées à la brigade financière et de la BRDE sont consignées sur un registre.
Isabelle Mandraud
Article paru dans l’édition du 21.03.08.



