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A lire : un “barbouze” passe a table …
Bruno Delamotte, patron d’une des plus importantes entreprises d’intelligence économique en France, tire un trait sur son passé et publie un livre dans lequel il dévoile quelques-uns des sulfureux secrets d’un monde obscur.
“Little Buddha” veut tirer un trait sur son passé français, un passé de dirigeant d’une des plus importantes entreprises d’intelligence économique en France, avant de s’installer à Dubaï. Bruno Delamotte, dit “Little Buddha”, en raison de son physique hors norme, raconte dans un livre à paraître le 24 septembre le quotidien d’un dirigeant d’un cabinet d’intelligence économique.
Un quotidien stressant qui débute le matin par une perquisition dans ses bureaux de Riskeco, l’entreprise qu’il a fondé, alors qu’il se trouve à 9000 km de Paris, pour se terminer en soirée dans des dîners ou des bars d’hôtels en compagnie de grands patrons qui veulent tout savoir de leurs concurrents ou exigent que l’on déménage du matériel bloqué dans un pays exotique, les armes à la main, en passant par les rapports tordus entre les spécialistes de l’intelligence économique et les services de renseignement, DCRI ou DGSE.
Ce livre d’anecdotes masque les lieux et les personnes sous des pseudonymes. Mais ceux-ci sont faciles à démasquer et, derrière, apparaissent quelques vérités sur des affaires qui ont fait jaser par le passé. Ainsi, ce vol des scellés de l’affaire Elf, des pièces de la procédure judiciaire instruite par la juge Joly, dans le bunker ultra-sécurisé de la brigade financière, rue du Château-des-Rentiers, à Paris. Et d’autres affaires tout aussi croustillantes. Les révéler, c’est se couper de son ancien milieu professionnel ….
Les secrets de l’intelligence économique, Bruno Delamotte, Ed du Nouveau monde, 200 pages, 19 euros, sortie le 24 septembre.
Pascal Junghans
http://blog.latribune.fr/blogpascal/?p=264
Un nouveau poste de délégué ministériel à l'intelligence économique est créé à Bercy …
Selon nos informations, celui-ci serait placé auprès du secrétaire général du ministère de l’Économie, Dominique Lamiot. Le décret précise que les « orientations » du délégué interministériel seront déterminées par un nouveau « comité directeur de l’intelligence économique », placé auprès de la présidence de la République. Cette double dépendance Bercy/Élysée ainsi que l’élévation du poste au niveau d’un délégué interministériel constituent les grandes nouveautés de ce décret. Pour le reste, le mandat du délégué interministériel demeure assez proche de celui qui était dévolu à Alain Juillet : « Il a pour mission de proposer la politique de l’État en matière d’intelligence économique et d’en coordonner la mise en oeuvre. Il exerce une fonction de veille sur les évolutions de l’environnement scientifique, technologique et économique international. Il contribue à la protection des secteurs économiques porteurs d’intérêts nationaux stratégiques, ainsi que du patrimoine scientifique, technologique et économique de l’État et des entreprises. Il doit également renforcer l’influence et la présence française dans les institutions et activités internationales, notamment celles intéressant directement la compétitivité des entreprises. »
À ce stade, personne ne semble savoir ce qu’il adviendra de la demi-douzaine de collaborateurs d’Alain Juillet, dont l’équipe n’a pas été dispersée et demeure dans ses anciens locaux du Secrétariat général de la défense nationale.
EXCLUSIF : ce que la FEPIE demande à la Loppsi 2
Ce blog publie le courrier d’Hervé Séveno, président de la FEPIE, à la Commission de la Défense de l’Assemblée Nationale. Les demandes de la FEPIE visent à réduire les dérives et à participer au contrôle officiel de la profession.
La loi va-t-elle obliger à leur délivrer un agréement ou pas ? Les professionnels de l’intelligence économique sont directement concerné par la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieur (LOPPSI). Les élus de la nation ont eu l’heureuse idée de demander son avis à Hervé Séveno, le président de la Fédération Française de l’Intelligence économique (FEPIE). En exclusivité, ce blog publie le texte de la réponse d’Hervé Séveno à la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale.
Séveno insiste, c’est le point essentiel du débat pour les professionnels, sur la nécessité d’un encadrement juridique de la profession de l’intelligence économique. La FEPI, explique-t-il, “a été créée notamment dans cette perspective”. Dans ce contexte, il renouvelle la candidature de la FEPIE a participer à la commission consultative que la loi devrait instaurer pour délivrer l’autorisation d’existence. Ainsi la FEPIE participerait au processus d’acrédiation des professionnels.
Par ailleurs, le document que nous publions indique clairement que si le professionnel de l’intelligence économique soustraite une partie de la recherche d’informatipon, ce ne peut être qu’à un agent de recherche privé ou d’une société d’enquête disposant des agréments officiels. dans tous les cas, indique le courrier, cette sous-traitance doit se dérouler “dans un cadre contractuel” et avec un “cahier des charges préalablement validé par les parties”. Ainsi, le professionnel de l’intelligence économique valide les méthodes de recherche et en est responsable.
http://blog.latribune.fr/blogpascal/?p=249
Les influences américaines
On peut observer cinq formes originales des méthodes et canaux de l’influence américaine. Tout d’abord, de quoi s’agit-il lorsque l’on parle « d’influence » ?
L’influence appartient au domaine de l’Intelligence Economique. L’objectif est d’influencer les médias, opinions et gouvernants étrangers dans le but de préserver ou accroître le poids économique et politique, en l’occurrence américain.
Quelques exemples :
Vous souvenez-vous (2004) de l’affaire médiatique du saumon d’élevage européen qui provoquerait le cancer ? Une étude parue dans « Nature » démontrait que le saumon d’élevage européen, de par son alimentation en farine animale (poisson) était dangereux pour la santé, « cancérigène ». Or, cette étude provenait d’un laboratoire américain qui démontrait que l’alimentation en huile de soja, notamment transgénique, et de lin, était préférable.
Et c’est une alimentation qui se fait aux Etats-Unis. Donc, le saumon d’élevage et le saumon sauvage américains sont par contre, eux, sans danger pour la santé du consommateur. Or, le laboratoire dépendait d’une « ONG » dirigée par d’anciens collaborateurs d’entreprises américaines pétrolière et d’huile transgénique. L’étude a été commandée et financée par cette ONG. L’objectif était d’inciter à la consommation de saumon américain et amener les éleveurs européens à l’achat de cette huile de soja et de lin de leurs anciens employeurs… Cette étude oubliait d’informer qu’elle s’était basée sur l’analyse de « 3 » (sic) saumons européens, à la traçabilité douteuse, sans faire le lien avec leur environnement. Enfin, les producteurs d’huile transgénique, de lin et de soja évitent par contre toute étude sur les conséquences pour la santé du consommateur de saumon s’alimentant de leurs produits.
Autre exemple : la grippe aviaire. Grosse affaire médiatique. Impact sur la santé ?… L’important était de paniquer les opinions publiques pour inciter les Etats à se munir d’importants stocks de vaccins anti grippe aviaire.
En fait, la communication provenait « d’études » américaines, et il existait un laboratoire qui produisait ce vaccin. Laboratoire, vous l’aurez compris, américain, appartenant, surtout, au vice-président de l’époque, Dick Cheney.
Je n’aborderai pas des sujets tels que l’instrumentalisation de la Turquie, par nos amis Américains, pour déstabiliser l’Union Européenne concernant son identité, le soutien aux conservateurs polonais qui achètent de l’armement U.S. et s’opposent à la construction européenne, l’encerclement de l’Iran par l’Afghanistan et l’Irak, la déstabilisation de l’ancien pouvoir dictatorial de Saddam Hussein et de sa clique pour dégager l’influence française et rafler les marchés de reconstruction, de l’armement et du pétrole.
Bref, quelles sont ces cinq formes originales de l’influence américaine ?
1 ) La première, la plus cynique, est la manipulation d’ONG et la création de certaines par des « agences » de l’Etat américain. Le journal Le Point m’a surpris en abordant ce sujet fin juillet. Pourquoi surpris ? Parce que cet excellent hebdo connaît une évolution désagréable vers une pravda sarkozienne, donc suit le cheminement « atlantiste ».
En effet, des ONG sont utilisées par l’Etat US. Elles peuvent aborder la question de la santé (pour valoriser des produits US), de la culture (idem), de l’écologie (Greenpeace est financée, en forte partie, par des sociétés pétrolières américaines, c’est pour cela qu’elles ne dénoncent pas , ou alors de façon “cadrée”, les errements de ces sociétés, mais a pour spécialité de dénoncer le nucléaire français…, jamais le nucléaire US et les entreprises US qui construisent des centrales nucléaires…), ou encore de « l’éthique politique ».
En ce moment, certaines ONG (comme Transparency Internationale, Sherpa) dénoncent les dictatures, ou simili démocratie, africaines (surtout le Congo Brazzaville, la République Démocratique du Congo, le Gabon). Les dirigeants africains incriminés sont, comme par hasard, des politiques proches de la France. Car en réalité, l’Afrique connaît une guerre d’influence particulièrement violente entre Français, Américains et Chinois. Il s’agit de s’assurer la vente d’armes, de biens manufacturés, et l’achat de matières premières (pétrole, cuivre, etc.).
Ces ONG ne parleront pas de pays africains anglophones…
Nous avons connu par le passé ces tentatives de déstabilisation : le Rwanda et l’ex-Zaïre lié à la France, et l’Ouganda, lié à la Grande-Bretagne et l’Amérique. Au Maghreb, les Américains ont longtemps soutenus et financés les partis islamistes (exp : Front Islamique du Salut en Algérie). L’objectif est toujours de réduire l’influence française pour la remplacer par la sienne.
Les conséquences sont parfois désastreuses…
Je ne veux en aucun cas soutenir les dictateurs africains, mais il ne faut pas pour autant se montrer naïf.
2 ) Autre formule intéressante : la dénonciation des comptes bancaires secrets. Certains médias US et ONG attaquent exclusivement la Suisse et ses banques ces temps-ci. Pourquoi ? Parce que les Américains sont le deuxième pays au monde à posséder ce genre de comptes. L’objectif est de contrôler les banques qui permettent ces comptes. Or, la Suisse n’est pas « contrôlable », il faut donc déstabiliser ses banques pour que les propriétaires de comptes secrets aillent vers des banques, dans les îles Caïmans ou autre par exemples, sous l’œil du Brother US… Pas bête, n’est-ce pas ?
3 ) Il y a aussi les fonds financiers » ou « fonds vautours », avec des directions ou finances liées à l’Etat américains. Ces fonds attaquent une entreprise, déstabilisent ses dirigeants ou propriétaires, influencent les « stakeholders » (parties prenantes, comme les actionnaires). On a eu un bon exemple en France avec GEM Plus : entreprise française leader mondial des cartes à puces, elle a connu une déstabilisation de ses actionnaires, de ses dirigeants (faire croire à une mauvaise gestion, à une passe financière catastrophique), l’intrusion d’un « fonds vautour » qui a progressivement contrôlé (éviction des anciens dirigeants, placer des nouveaux dont certains proviennent de la CIA) l’entreprises jusqu’à délocaliser le siège au Luxembourg et avoir la majorité des parts.
Ces « fonds vautours » s’attaquent à des entreprises dites « stratégiques » (High Tech, forte valeur ajoutée, leaders, etc.) pour l’intérêt des entreprises US et de l’économie américaine. Ce qui me paraît naturel. Mais ces fonds s’attaquent aussi à des Etats fragiles, endettés, comme en Afrique ou Amérique du Sud, afin de « contrôler » leurs dettes et les assujettir (Congo Brazzaville).
4 ) Autre moyen efficace : la religion. Les mouvements Evangéliste, Pentecôtiste, ou autres courants protestants prosélytes. Ces mouvements se sont insinués en Amérique Latine et en Afrique depuis plus de deux décennies. On retrouve le lien entre la droite américaine et leurs alliés « puritains ». La stratégie est un peu à la jésuite d’hier : influencer les dirigeants politiques, faire de la charité et du prosélytisme pour « cadrer » les populations. Ainsi, les catholiques d’Amérique Latines connaissent bien cette concurrence qui soutient parfois même des candidats politiques… Il ne s’agit pas du simple pratiquant qui est un vrai croyant, mais des responsables de ces courants religieux parmi lesquels l’ont retrouvent fréquemment des employés d’agences américaines (un peu à la façon du parti communistes d’avant 1989)…
5 ) Dernière formule, la plus discrète mais la plus ravageuse pour nos entreprises : la bataille des normes. Il s’agit ici de normes de construction, de qualité, de contrôle. Les anglo-saxons sont très en avance dans ce domaine qui détermine le cadre de la production et du management industriels, par les « ISO ». Français et Européens se sont réveillés tardivement et peinent à imposer leurs normes. Or, cela concerne l’avenir même de l’activité industrielle de tous pays, de leur indépendance économique.
Il ne s’agit en aucune façon ici de faire un article suintant l’anti américanisme. Je ne suis pas un « anti américain primaire », ni même secondaire. L’objet de ces mots est de faire le constat des pratiques d’influences américaines afin de ne pas se coucher plus idiot ou naïf ce soir quand on entend parler d’ONG, d’OPA, de spiritualité, de management, etc.
Dans ce domaine de l’influence, les Américains ont toujours été efficaces et précurseurs. Et Russes, Chinois et Européens peuvent l’être aussi. Mais quand on parle d’Européens, la réalité est l’Etat nation : Allemand, Français, Britannique, etc.
Le manque d’Europe, de politique économique européenne, de structuration étatique européenne, nous laisse faibles par rapports aux USA, Chine, Russie, Brésil, Inde, etc. car il s’agit de taille et de capacité de puissance, d’unité de commandement et de politique…
Hier, la France « influençait », comme en Afrique. L’abbé Charles de Foucauld œuvrait pour la République… Mais nos moyens sont bien légers au regard de la concurrence internationale et des capacités de nos concurrents.
Encore une fois (sur ce blog), la question concerne l’Europe, la politique économique, les enjeux territoriaux, bref, nous parlons d’Intelligence Economique.
Et nos économies européennes, nos dirigeants, ne travaillent pas souvent en « bonne intelligence »…
Intelligence Economique et Business Intelligence
Intelligence Economique et Business IntelligenceMondialisation libérale, omniprésente du risque, forte concurrence,.., sont les causes évoquées pour décrire et comprendre la ruée vers les sciences d’aide à la décision. Dans cette nouvelle démarche de mangement plus outillé – en comparaison au management de l’ère Fordienne, l’informatique occupe une place primordiale à travers notamment la Business intelligence, sous-thème ou composante de l‘intelligence économique. Un voyage au cœur de cette dynamique nous permettra de cerner l’imbrication qui existe entre ces deux notions sus-évoquées.
La nouvelle économie ou plus prosaïquement économie à dominante immatérielle s’est développée en marge de la vieille économie. Une nouvelle donne qui élève l’information stratégique en bien économique rare pour nos entreprises et organisations. Ce type de ressources rares (l’information stratégique), fait aujourd’hui l’objet d’une grande convoitise et se retrouve désormais dans le collimateur de tous les managers, cadres d’organisation qui doivent s’aligner à la nouvelle pensée unique : « apprendre à faire face ».
L’information ubiquitaire, née de prolifération des sources, nécessite de nos jours, une dynamique structurée de vérification, de validation et de valorisation pour la réussite de toute action. Cette logique fait appelle aux outils et méthodes d’aide à la décision par l’informatique décisionnelle, l’intelligence économique et plus globalement par le « management de l’organisation par l’information ».
DECISIONNEL OU BUSINESS INTELLIGENCE
C’est un terme anglais signifiant “intelligence d’affaires”, la Business Intelligence couvre l’ensemble des technologies permettant de bout en chaîne d’apporter une aide à la décision. De fil en aiguille, le mot “décisionnel” correspond simplement à la traduction française du terme BI “Business Intelligence”. Pour être aidé dans ses choix, le décideur a besoin d’une information exacte lui permettant de jauger son activité à l’aide d’indicateurs de performance clefs. Sans cette démarche critique, les décisions perdent de leur acuité ou prennent beaucoup plus de temps. Or, le décideur de la nouvelle économie dispose d’un temps de plus en plus réduit. Il y a quatre grandes étapes de la chaîne, ou du processus décisionnel :
-Extraction des données. Pour produire les indicateurs voulus, il convient d’aller chercher les données où elles se trouvent.
-Consolidation : Il s’agit d’un prétraitement.
-Traitement. En fonction d’une question plus ou moins complexe posée à l’aide d’un formulaire, l’outil d’analyse recueille la requête et confronte les données correspondantes, de façon à produire les indicateurs voulus.
-Restitution. Egalement appelée reporting, cette étape se charge de diffuser et de présenter les informations à valeur ajoutée de telle sorte qu’elles apparaissent de la façon la plus lisible possible pour le décideur.
On qualifie aussi d’informatique décisionnelle l’exploitation des données de l’entreprise dans le but de faciliter la prise de décision par les décideurs, c’est-à-dire la compréhension du fonctionnement actuel et l’anticipation des actions pour un pilotage éclairé de l’entreprise.
Les outils de la Business intelligence sont basés sur l’exploitation d’un système d’information décisionnel alimenté grâce à l’extraction de données diverses à partir des données de production, d’informations concernant l’entreprise ou son entourage et de données économiques. Ces systèmes d’informations s’inscrivent généralement dans une démarche globale prévoyant un cycle de renseignement informatique. Il semblerait que l’on retrouve un cycle de renseignement du même type, poursuivant les même objectifs d’aide à la décision dans le cadre de l’intelligence économique mais cette dernière (l’IE) ne s’arrête pas aux actions passives. L’IE (intelligence économique) est une démarche plus large.
INTELLIGENCE ECONOMIQUE
Le terme d’intelligence économique renvoie à l’importance critique pour tous les acteurs de la vie économique d’avoir une connaissance pointue de leur environnement au sens large du terme, puisqu’il faut y inclure la connaissance des politiques publiques, des stratégies industrielles de ses concurrents, le suivi des évolutions technologiques et des inventions. La bonne information permet d’avoir conscience du besoin d’une décision et de prendre celle-ci de manière optimale.
L’accès rapide et étendu à une masse énorme d’information via Internet pose à l’évidence le problème de l’intelligence économique dans des termes totalement nouveau. La question est moins l’accès primaire à l’information, que la capacité de reconnaître ce qui est intéressant et qui produit cette information. Une démarche d’intelligence économique va mettre en place des outils informatiques pour la veille, la collecte, le traitement, la sécurisation et la diffusion de l’information à travers un système d’information fiable mais elle ne s’arrête pas la car l’IE développe également des actions offensives, d’influence, de contre-influence et de Lobbying.
L’intelligence économique renvoie alors, à une démarche plus active, afin de réduire l’incertitude dans la prise de décisions stratégiques, et de mener des actions offensives, tout en restant dans la légalité.
Bien que différente de l’IE (Intelligence économique), la “Business Intelligence” a quelque chose à voir avec les processus de L’IE. On peut alors faire un rapprochement avec l’informatique décisionnelle, au sens de l’exploitation des données de l’organisation qui facilite les prises de décision des dirigeants.
La Business intelligence serait une composante de l’intelligence Economique.
Aboubacar Sadikh NDIAYE
Chroniqueur Independant
*Article publie dans le Magazine Nouvel Horizon
http://decider.wordpress.com/2009/08/19/intelligence-economique-et-business-intelligence/
Quels enjeux de l'Immatériel dans la sphère publique ?
Une cartographie recoupant celle utilisée dans la sphère privée
La comptabilité définit généralement le capital immatériel comme « un élément sans substance physique et ayant une valeur positive pour l’organisation». Dans une perspective publique doit intervenir une première inflexion de cette définition : la création de valeur bénéficie à l’organisation génératrice mais aussi la collectivité dans son ensemble.
La sphère publique est riche en actifs immatériel (AI) de toutes natures. La cartographie réalisée par l’APIE représente une tentative pionnière de mettre en place un repérage systématique et organisé des différents AI publics. Elle distingue les données publiques et audiovisuelles, les lieux publics, le savoir-faire et les noms (les marques publiques et noms de domaines) ainsi que des actifs propres à l’Etat, tels les fréquences ou les actifs carbone. Les acteurs publics interviewés, notamment les collectivités territoriales, soulignent l’importance de l’image et du capital humain. En dehors de l’APIE, des acteurs non spécialisés ont été amenés à prendre en compte l’immatériel, principalement selon deux perspectives complémentaires. D’une part, une perspective interne de développement des capitaux immatériels dans un but d’efficacité et de modernisation des entités.
Il s’agit de s’appuyer sur le capital humain, de gérer les relations sociales, de valoriser les savoir-faire spécifiques des agents, des systèmes d’information et de favoriser l’innovation. D’autre part, une cartographie élargie considérant les dépenses publiques productrices d’externalités sur le long terme, qu’elles soient positives – éducation, politiques environnementales – ou négatives – pollution.
Les actifs immatériels publics sont des éléments patrimoniaux et doivent s’inscrire, comme tout actif économique, au service d’une stratégie. Dès lors que les missions et les objectifs diffèrent, les actifs mis en avant par les acteurs publics varient, chacun ayant sa propre priorité. Pour des établissements tels l’Etablissement public de Versailles ou la Monnaie de Paris, la marque constitue le véritable pivot de la stratégie, que viennent soutenir le capital humain, les politiques environnementales au sens large et les services de protection de la propriété intellectuelle. L’Etat, les collectivités territoriales et la plupart des institutions, possèdent un capital immatériel qui réside dans le savoir-faire de leurs agents et qui s’inscrit dans la richesse produite par les activités publiques au service de la collectivité.
Les gendarmes du GIGN, les sapeur-pompiers de Paris ou les inspecteurs des impôts français disposent d’un savoir faire dont la renommée dépasse largement le cadre national. Les perspectives d’évolution se situent dans le développement des capitaux internes, souvent gérés ad hoc, ainsi que dans le soin apporté aux interfaces avec les usagers, au moyen notamment d’une meilleure appropriation des NTIC par les administrations. La cartographie établie pour le secteur public montre un périmètre de recoupement assez large avec celle retenue usuellement par le secteur marchand soit le capital humain, le capital structurel externe (lié à la valeur générée avec les parties prenantes), le capital structurel interne (innovation, systèmes d’information). La singularité des actifs immatériels publics se situe davantage dans les modalités de l’exploitation des gisements de valeur détectés.
Des stratégies différentes pour délivrer de la valeur selon les acteurs
Il n’existe pas de gestion optimale que l’on pourrait généraliser à l’ensemble de la sphère publique mais des stratégies propres à chaque acteur qui peuvent, parfois, faire l’objet d’approches différenciées. Ainsi, les positions de la Mairie de Paris et de l’APIE divergent sur la politique de location d’espaces, la Mairie de Paris défendant une tarification unique par catégorie et l’APIE préconisant une tarification modulée selon le prestige des lieux, l’une et l’autre restant naturellement attentives au respect du principe d’égalité. De même, la question de la facturation des actifs publics pour leur utilisation à des fins commerciales reste centrale et partage les acteurs. Elle dépend du type d’actif en jeu: alors que la facturation paraît évidente pour l’utilisation d’une marque ou la location d’espaces, elle l’est moins en ce qui concerne les données publiques (enquêtes, rapports, éléments de veille concurrentielle telles les données de l’INPI).
La réutilisation des données publiques est, avec la valorisation d’espaces, un des chantiers principaux de l’APIE. Outre les recettes complémentaires qu’elle représente potentiellement pour les administrations, l’exigence d’une redevance raisonnable satisfaisait à la demande des entreprises, qui seraient «demandeuses de prix», afin de clarifier leur cadre d’activité par une structuration de l’offre et une meilleure sécurité juridique. C’est en ce sens que l’APIE a mis en place des licences-types et a été à l’instigation de deux décrets du 10 février 2009, qui visent à définir un cadre réglementaire pour la valorisation du patrimoine immatériel de l’Etat [Décret n° 2009-151 du 10 février 2009 relatif à la rémunération de certains services rendus par l’Etat consistant en une valorisation de son patrimoine immatériel ; Décret n° 2009-157 du 10 février 2009 portant attribution de produits aux budgets des ministères concernés en application du décret n° 2009-151, Journal Officiel du 12 février 2009, ndlr].
Selon d’autres visions, la gratuité pourrait permettre de délivrer davantage de valeur finale indirecte à la collectivité que la facturation immédiate sur usage. Pour la commission Sen-Stiglitz, la monétisation des données devrait faire l’objet d’un débat organisé car elle pourrait priver la collectivité de la valeur attachée à l’utilisation de ces données. Ainsi la gratuité d’accès à l’étude PISA sur les systèmes d’éducation [Programme for International Student Assessment (PISA), OCDE 2000, 2003, 2006, ndlr] a entraîné l’émergence de débats publics qui ont mené à des réformes dans certains Etats membres. Néanmoins, pour le CREDOC, l’avantage évident de la facturation est de générer un gain monétaire, c’est à dire direct et quantifiable, alors qu’il est bien plus complexe d’estimer la valeur indirectement perdue suite à un éventuel tarissement d’externalités positives. Le rapport publié en novembre 2008 sur «les retombées économiques et la valeur des espaces naturels protégés» [Les retombées économiques et les aménités des espaces naturels protégés, Rapport général, CREDOC novembre 2008, ndlr] offre plusieurs pistes réutilisables dans l’évaluation des externalités des AI publics. En prenant en compte non seulement les acteurs directement concernés et les effets immédiats mais aussi les aspects indirects et différés, ces méthodes offrent une vision élargie de la valeur collective délivrée par les actifs immatériels publics.
Une mesure à construire pour enrichir la communication à la collectivité
Pour mener à bien leurs stratégies et recenser les actifs immatériels, les acteurs publics ont avant tout besoin d’outils pour les mesurer. Or les actifs immatériels restent un poste marginal du bilan comptable actuel de l’Etat, publié depuis 2006, dont les normes sont largement issues du privé. La comptabilité exige en effet qu’il y ait transaction, ce qui exclut une valorisation des actifs crées en interne (comme une marque telle que la Monnaie de Paris ou le savoir faire des agents des impôts).
A long terme, certains, comme la Commission Sen-Stiglitz, considèrent nécessaire de réformer les outils comptables généraux sur lesquels est calquée la compatibilité de l’Etat et de créer de nouveaux indicateurs pour mieux appréhender les richesses détenues par les différents acteurs privés publics. Par ailleurs, des indicateurs extra financiers pourraient être structurés en vue de mesurer la performance de l’exploitation des actifs immatériels internes (capital humain, innovation, systèmes d’information…). Une analyse de la gestion des risques attachés au patrimoine immatériel public serait également complémentaire de cette approche, l’immatériel étant un sujet d’intelligence économique.
A court terme, il est pourtant nécessaire de s’accommoder des outils actuels pour démontrer l’utilité de la valorisation des actifs immatériels. Pour recenser les actifs immatériels de l’Etat, l’APIE recherche avant tous les actifs ayant fait l’objet d’une transaction. Elle est ainsi parvenue à valoriser les fréquences hertziennes, celles-ci donnant lieu à des concessions marchandes, et les droits d’émissions de CO2 dont le prix est régulé par un marché. Par conséquent les actifs immatériels publics ont progressé de 13,2 milliards d’euros, passant de 22,5 en 2007 à 35,7 milliards d’euros en 2008. Mais ce montant pourrait paraître encore bien loin de la réalité. L’absence d’indicateur limite la communication en la matière. Pourtant l’information de la collectivité sur la gestion du patrimoine immatériel de l’Etat permettrait d’appréhender les efforts engagés dans ce domaine, porteur de croissance et d’emploi. Or, on observe un déséquilibre manifeste entre les enjeux de l’immatériel et les réalisations déjà effectuées d’une part, et la sensibilisation du public d’autre part. La communication apparaît toutefois liée à la maturité de la démarche de l’immatériel.
Les préoccupations des acteurs publics portent aujourd’hui davantage sur un travail interne de fond : cartographier, forger des outils, exploiter, mesurer les actifs immatériels. La communication que la Monnaie de Paris a réalisée sur sa marque n’a ainsi pu paraître crédible qu’après un travail en profondeur sur ses structures internes. La confiance est un capital fondamental pour les acteurs publics.
La construction et la préservation de celle-ci passent par une communication maîtrisée, mais surtout par des réalisations concrètes en amont, ce qui exclut toute démarche cosmétique. L’information à la collectivité est appelée à se développer à terme. Les résultats de la démarche de l’immatériel, lorsqu’ils influencent directement les cadres de vie des citoyens, s’agissant des questions environnementales ou de la mise en place de portails administratifs par exemple, suscitent déjà un fort intérêt et une demande légitime d’information. D’autre part apparaitra peut-être le besoin de réaliser des campagnes visant à sensibiliser la population à certaines démarches, notamment en matière de propriété intellectuelle.
Des actions de communication ponctuelles émanant de certains acteurs existent déjà à l’heure actuelle. L’APIE, qui se développe par étapes, a tout d’abord concentré sa mission de sensibilisation sur les ministères, puis sur certaines entreprises. Dans le cas du Domaine de Versailles, la prospection auprès des mécènes donne lieu à d’importantes opérations de communication ciblées. Mais la communication en matière d’actifs immatériels publics reste encore marginale.
Vers une politique de l’immatériel ?
La gestion du capital immatériel figure au cœur de l’Europe de la connaissance imaginée par la stratégie de Lisbonne. Il s’agit d’inciter les Etats membres à devenir des leaders dans cette économie et à remplir des objectifs chiffrés, notamment en matière de recherche et d’innovation. Or, comme le montre le rapport Cohen-Tanugi [Une stratégie européenne pour la mondialisation, rapport d’étape, Laurent Cohen Tanugi, 15 janvier 2008, ndlr], le bilan est pour l’instant mitigé et l’Europe accuse un retard dans sa stratégie de l’immatériel. Alors que les objectifs ont du être revus à la baisse en 2004, les Etats membres sont toujours loin d’atteindre en moyenne les 3 points du PIB en R&D. De même, l’UE reste largement distancée par les Etats-Unis pour le nombre de brevets déposés ou les exportations de produits high tech.
D’autres pays, conscients des défis futurs à relever, misent sur l’immatériel pour venir à la rescousse d’une richesse en matières premières non renouvelables désormais limitée. C’est le cas des Emirats Arabes Unis dont la démarche proactive en la matière avec l’achat de licences de marques publiques telle que le Louvre ou la Sorbonne devrait leur permettre d’assoir leur croissance non plus sur l’or noir mais la matière grise. La Chine et l’Inde investissent fortement dans l’immatériel à un rythme plus rapide que l’Europe.
Pour préserver et développer la compétitivité liée à l’immatériel, du moins en France, il apparaît indispensable d’impulser une véritable politique de l’immatériel à un niveau politique qui rende le projet visible, par un secrétariat d’État dédié par exemple, comme le prône la 35ème des propositions du GPS, pour porter un plan national de croissance et d’emploi. Dans ce cadre, l’APIE, pourrait développer avec des moyens appropriés son rôle essentiel d’une exploitation efficiente des richesses immatérielles de tous les acteurs publics y compris les collectivités locales. Et pourquoi pas des «directeurs de l’immatériel» dans chaque administration afin de coordonner la gestion des actifs immatériels en interne ?
Il s’agirait également de créer un environnement économique, social, fiscal, juridique favorable pour lever les freins à la dynamique de l’immatériel dans le secteur marchand [Actifs immatériels, leviers pour la croissance : 35 propositions pour une valeur durable, la Commission Innovation et Immatériel du GPS Avril 2009, ndlr]. Compte tenu de leur potentiel de création d’emploi, une attention particulière devrait être portée aux PME et aux entreprises intermédiaires, en s’inspirant d’initiatives européennes comme le portail du ministère allemand de l’économie permettant aux PME et TPE de mesurer leur capital immatériel.
Ces actions doivent également être relayées :
– en s’assurant que les instruments publics de mesure prennent en compte l’impact de l’immatériel afin de donner une image fidèle du patrimoine national et de la croissance,
– en favorisant la fluidité des systèmes d’information de marchés, notamment les initiatives de reporting extra financier des acteurs privés.
– par la mise au point d’indicateurs microéconomiques propres aux acteurs pour la gestion de leurs actifs et leur communication, des indicateurs macroéconomiques propres à l’immatériel (un PIB de l’immatériel par exemple). De même, les indicateurs mis en place dans le cadre de la LOLF, qui permettent notamment au Parlement d’apprécier les performances annuelles des ministères, gagneraient à être enrichis par des éléments rendant compte de leurs efforts de valorisation et de leurs résultats. Au-delà, le potentiel de valorisation est tel qu’il mériterait d’être érigé en axe de modernisation de l’État, au même titre que l’amélioration des relations de l’administration avec le public et que la meilleure efficience de l’État.
Il est urgent d’agir. La crise économique offre l’opportunité d’accélérer des mutations économiques majeures à condition de s’en donner les moyens. Seule une politique d’envergure permettrait de mettre l’immatériel au service d’une croissance plus qualitative, qui répondrait mieux aux nouvelles aspirations des citoyens en France et en Europe.
Article rédigé par Camille Argiewicz et Arnaud Laaban, étudiants de la Tribune Sciences de l’immatériel
Sous la direction de Marie-Ange Andrieux – Deloitte – Directeur de la Tribune Sciences Po de l’immatériel
En partenariat avec l’Agence pour le Patrimoine Immatériel de l’Etat
Mais où est passé l'intelligence économique en France ?
Edition du 09/06/2009 – par Bertrand Lemaire
Alain Juillet a été remercié par le gouvernement mais pas remplacé. Un repositionnement du poste serait prévu.
L’intelligence économique* est un enjeu majeur de la sécurité et de la prospérité des entreprises françaises. Or celles-ci sont très peu initiées au concept même, au contraire de concurrentes, notamment en Asie ou aux Etats-Unis. Face à cette situation, la France disposait depuis 2003 et jusqu’à il y a quelques jours d’un « haut responsable chargé de l’intelligence économique », rattaché au SGDN (Secrétariat Général de la Défense Nationale, rattaché au Premier Ministre), Alain Juillet. Celui-ci fut directeur de la DGSE de 2002 à 2003 et ancien agent actif du SDECE à l’époque de Charles De Gaulle. Il avait notamment un rôle de sensibilisation des entreprises, en plus d’une coordination de l’action publique sur l’intelligence économique.
Un décret du 27 mai a mis fin aux fonctions d’Alain Juillet sans qu’aucun remplaçant ne soit nommé. Les services de Matignon, plusieurs fois interrogées par CIO, ont été incapables d’avancer la moindre information sur le sujet. Il semblerait, selon des rumeurs circulant dans le milieu de l’intelligence économique, que la position du « haut responsable chargé de l’intelligence économique » serait en cours de changement. On parle ainsi d’un rattachement possible au Ministère de l’Economie. Mais ce changement n’est pas encore décidé alors même que le poste est désormais vacant…
En entreprise, faute d’un responsable dédié, c’est souvent le DSI qui se retrouve plus ou moins chargé de l’intelligence économique, au moins sur le plan de la mise en place d’outils adéquats, avec le RSSI.
Selon Robert Gates (ancien directeur de la CIA entre 1991 et 1993 et actuel secrétaire à la Défense des Etats-Unis), cité par le site web de la Mission du haut responsable chargé de l’intelligence économique, 40 % des moyens de renseignement des Etats-Unis sont consacrés à l’intelligence économique. C’est dire l’importance stratégique de l’intelligence économique dans le monde moderne.
* L’intelligence économique est l’utilisation des informations mises à disposition légalement de l’entreprise mais aussi la protection des informations qui peuvent se retrouver diffusées plus ou moins par inadvertance ou imprudence. L’utilisation des informations vise prioritairement à servir les intérêts stratégiques, financiers ou commerciaux (détection de marchés, de besoins financiers, de faiblesses d’un concurrent…).
http://www.cio-online.com/actualites/lire-mais-ou-est-passe-l-intelligence-economique-en-france%C2%A0-2246.html
Intelligence économique : une profession à inventer ? sur LCP
En France le concept d’intelligence économique est souvent mal compris et assimilé à des pratiques illégales ainsi qu’à l’idée “d’espionnage industriel”.
Dans un contexte de crise économique mondiale, les entreprises françaises sont dans l’obligation de mettre en place une véritable stratégie en matière d’intelligence économique pour assurer leur survie et favoriser leur expansion internationale.
Fin octobre 2008, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé la création d’une commission consultative nationale. Elle vise à encadrer l’activité des sociétés privées de recherche en matière d’intelligence économique. Cette nouvelle législation, qui sera incluse dans le projet de loi d’orientation pour la sécurité intérieure (LOPSI), devrait être présentée prochainement au parlement après avoir été transmise pour examen à la Commission nationale Informatique et libertés (Cnil). En 2008, la ministre a également déclaré vouloir moraliser, assainir et encadrer juridiquement le secteur de l’intelligence économique.
Cette annonce se veut aussi être une réponse à la publication, en juin, d’un livre révélant les pratiques douteuses des sociétés d’intelligence économique et de ceux qui agissent comme leurs sous-traitants, les détectives privés. Dans son ouvrage « Allez-y on vous couvre », Patrick Baptendier, ancien gendarme passé dans le privé, dénonçait les rapports ambigus entretenus entre la direction de la surveillance du territoire (DST) et ces sociétés, ou “officines”.
A quoi sert l'intelligence économique en période de crise? Quel rôle pour l'Etat?
Ouverture du site Internet du Service de coordination à l’intelligence économique

L’économie de la connaissance : ce n’est pas seulement le slogan du programme ambitieux dont les États membres de l’Union se sont dotés dans le cadre de la « Stratégie de Lisbonne », programme visant à faire de l’Union européenne l’économie la plus compétitive et la plus dynamique d’ici… 2010, c’est-à-dire demain, ce n’est pas non plus une utopie, c’est bel et bien une réalité à laquelle les entreprises du XXIe siècle sont confrontées.
La compétition économique ne se gagne plus, du moins dans le monde industrialisé, par le coût marginal ; elle se remporte par l’innovation et par la qualité du service. Alors que la concurrence des pays émergents est à la fois une chance et une menace, baissant le prix des intrants, faisant apparaître de nouveaux marchés et, à l’inverse, bouleversant les positions acquises, la différence se fait par sa capacité à renouveler, à diversifier et à adapter son offre.
Ce savoir est détenu par les ingénieurs, les chercheurs, les commerciaux, les créatifs… les hommes et les femmes qui conçoivent ce qui permet de gagner et de conserver une longueur d’avance sur les concurrents. L’inventivité, l’expérience, la réactivité… autant de qualités dont la combinaison est une clé du succès.
Toute initiative doit être validée, testée sur le marché, en fonction des contraintes techniques. Les informations de terrain comme celles recueillies auprès de sources spécialisées doivent être réunies, recoupées, confirmées ou, à l’inverse remises en cause ; une fois la décision prise, il faut aller vite, ne pas se faire surprendre par ses concurrents. Il faut savoir trouver la bonne information, la partager avec ceux qui en ont besoin et la protéger de ses prédateurs.
L’intelligence économique, c’est cela : connaître son environnement concurrentiel, comprendre ce qui s’y passe ou risque de s’y passer et, sur cette base, décider, en prenant garde de ne pas se dévoiler, trop ou trop vite.
Rattaché aux ministres de l’Économie et du Budget, le Service de coordination à l’intelligence économique (SCIE) présente sur son site, qui sera amené à être complété, des conseils pratiques pour les acteurs, entreprises, collectivités publiques et privées, qui veulent mettre en place une démarche d’intelligence économique, et renvoie vers les partenaires avec lesquels il a conclu des accords visant à inscrire concrètement cette démarche dans l’action.
L’intelligence économique n’est pas réservée à des experts ; elle est nécessaire dès lors que l’on est sur un marché concurrentiel et peut se pratiquer avec bon sens, organisation et des moyens accessibles. Dans cadre, le SCIE présente une sélection indicative d’outils gratuits de recherche et de veille sur le web.
L’intelligence économique est largement pratiquée, même si cela peut être sous d’autres appellations. À titre d’illustration, et pour comprendre ce que d’autres grands pays font pour protéger leur patrimoine industriel stratégique, le SCIE présente un tableau des régimes applicables aux investisseurs étrangers dans 9 grands pays.

