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Profession : détective …
Profil des privés au Canada :
- Depuis l’adoption de la Loi sur la sécurité privée en juin 2006, ne peut s’improviser détective qui le veut.
- Dorénavant, un permis émis par le Bureau de la sécurité privée est nécessaire pour exercer le métier.
Toujours dans l’idée de professionnaliser et d’encadrer la pratique, une attestation d’études collégiales en Enquête et Investigation est offerte dans certains établissements scolaires québécois depuis un peu plus d’un an. Ces 765 heures de formation suffisent-elles aux futurs Colombo pour remplir les exigences du milieu?
«L’objectif de la formation est de donner une vue d’ensemble du métier aux étudiants. Auparavant, c’était l’employeur qui formait son personnel selon ses propres besoins. Avec cette formation, ceux qui aspirent à être détectives apprennent toutes les facettes du métier. Ainsi, dès qu’ils sortent de l’école, ils peuvent faire de la filature, de l’infiltration, mener des enquêtes, rédiger des rapports, etc.», explique Joëlle Lamoureux, responsable de la formation au Collège de Maisonneuve.
Les premières cohortes de diplômés suscitent un réel intérêt chez les intervenants du milieu. «Les étudiants qui correspondent au profil trouvent de l’emploi très rapidement. Certains employeurs nous appellent, s’informent et attendent nos diplômés», ajoute Mme Lamoureux.
Si les étudiants sont embauchés par une variété d’employeurs allant des banques aux commerces de détail, ils ont aussi la cote auprès des agences privées spécialisées comme SIRCO. Claude Sarrazin, président de la compagnie, a reçu et engagé plusieurs stagiaires.
«Cette formation était essentielle pour démontrer le sérieux de notre profession. Elle produit des généralistes, des gens qui sont familiers avec les bases du métier. Puis l’existence de cette certification nous facilite la tâche au moment du recrutement», indique-t-il.
Néanmoins, Claude Sarrazin juge nécessaire de poursuivre la formation des nouveaux employés issus du programme d’Enquête et d’investigation. «La tendance est à la spécialisation et une spécialité met des années à acquérir. À l’embauche, nous évaluons la personnalité et les aptitudes du candidat. Ensuite nous le dirigeons vers deux domaines d’expertise et poursuivons sa formation», explique Claude Sarrazin.
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Il faut un profil particulier pour être détective, continue-t-il. «On doit posséder des qualités souvent opposées. Par exemple, rares sont les gens qui peuvent faire preuve d’une grande discrétion tout en ayant une bonne capacité à interagir avec les autres. Certaines choses ne s’enseignent pas.»
Par JULIE ROY pour journalmetro.com
En savoir plus :
http://www.journalmetro.com/carrieres/article/962544–profession-detective
Profession détective : des divorces, mais pas que …
« La profession est très contrôlée et réglementée depuis 2003 »
Dans la plupart des cas, il s’agit de procédures de divorce, souvent sur les conseils d’un avocat. Pour démontrer un adultère, «un non respect contrat de mariage.
Les juges sont sensibles à l’intrusion d’une tierce personne, lorsque la garde des enfants est en jeu, ou lorsqu’il s’agit de déterminer le montant ou la révision d’une prestation compensatoire. »
Leur rapport est ensuite remis au client. Il le transmet à son avocat qui fait suivre à la partie adverse et au juge.
Les agents de recherches n’ont pas le droit de filmer ou de photographier à l’intérieur d’un domicile privé. Il leur reste les lieux publics et les oreilles qui traînent dans les bars et les restaurants.
Pour ce qu’ils nomment « la petite mission du vendredi soir », une dizaine en moyenne sur Saint-Etienne, par mois, le client doit compter 800 euros par tranche de dix heures. « Et dans 90 % des cas, nous sommes en mesure de confirmer les doutes de nos clients. »
Depuis 2003, la profession est très contrôlée et réglementée : « Cela nous a permis d’échapper à l’image des barbouzes ».
Détective privé : « Nous réclamons plus de pouvoirs pour exercer » …
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- Quelle image a-t-on de votre métier ?
« Les gens s’imaginent que nous avons des passe-droits et que nous pouvons faire tout et n’importe quoi. Pas du tout. Nous n’avons pas plus de pouvoir qu’un citoyen lambda et nous ne sommes pas au-dessus des lois. Il y a aussi tout ce mystère qui plane autour de la profession. Les gens aimeraient savoir ce que vous ne dites pas. Mais tout comme dans d’autres corps de métiers, nous sommes tenus à la confidentialité. À part cela, nous avons une vie très classique. »
- Rigueur et méthode
Quelles sont les qualités d’un bon détective ?
« Mieux vaut être curieux, méthodique et avoir beaucoup de rigueur. Il ne faut pas hésiter à vérifier toutes les hypothèses, même si elles paraissent invraisemblables. Il est bon de savoir manier l’art de la discussion. Enfin, reste le respect de la sphère privée : autrement dit savoir garder pour soi ce qui doit rester confidentiel. »
- Que se passe-t-il lorsque vous ne parvenez pas à boucler un dossier ?
» Tout d’abord, quelle que soit l’issue de l’enquête, je remets un rapport à mes clients. Ils peuvent donc constater que j’ai bel et bien réalisé un travail de recherches. Si ces dernières s’avèrent infructueuses, j’expose donc les démarches entreprises et les raisons d’une telle issue.
D’ailleurs, il arrive parfois que certains clients soient déçus par la tournure que prennent les événements. Admettons, par exemple, qu’une famille demande à ce que je retrouve leur enfant. Une personne majeure et partie un beau jour en ayant coupé les ponts. Je la retrouve, mais elle ne souhaite pas renouer le contact. »
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- Quels rapports entretenez-vous avec les forces de l’ordre ?
« Nous sommes libres de contacter les services de police ou de gendarmerie et de les informer si nous découvrons quelque chose. »
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Par lunion.presse.fr
En savoir plus :
http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/nous-reclamons-plus-de-pouvoirs-pour-exercer
Détective privé : une métier examiné à la loupe …
- La profession en chiffres
Entre 1 000 et 1 500 : c’est le nombre de détectives en France.
Du Smic jusqu’à 2 500 € : c’est le salaire moyen d’un détective employé par un cabinet.
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Entre 50 et 100 € de l’heure : c’est ce que coûtent, en moyenne, les services d’un détective. Bien que la profession cultive le secret à ce sujet.
- Devenir détective
Formation incontournable : pour avoir le droit d’exercer le métier de détective, il faut suivre une formation homologuée et enregistrée au Répertoire national de la qualification professionnelle (RNCP). Seuls trois centres la dispensent. : l’IFAR (Institut de formation des agents de recherches) de Montpellier, le centre universitaire Vauban de Nîmes (avec la licence professionnelle « Agent de Recherches Privées — ARP »), et le centre de formation permanente de l’université Panthéon Assas, annexe de Melun (licence professionnelle « Sécurité des biens et des personnes – options enquêtes privée »). Cette formation est devenue obligatoire en 2005. Date de la parution du décret d’application de la loi de 2003.
Agrément indispensable : après avoir décroché cette qualification professionnelle reste à obtenir l’agrément délivré par la préfecture. Elle mène une enquête avant de l’attribuer ou de la refuser.
- Le métier se professionnalise
En janvier 2012 : avec la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2), un Conseil national des activités de la sécurité privée verra le jour au mois de janvier. Il dépendra du ministère de l’Intérieur et se chargera de la délivrance ou de la suspension de l’agrément à la place des préfectures aujourd’hui.
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Une interview d’Alain Bernier, vice-président du Conseil national supérieur professionnel des agents de recherche privée (CNSP-ARP) pour lunion.presse.fr
En savoir plus :
http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/le-metier-examine-a-la-loupe
Femme détective, Gaël, enquêtrice de droit privé …
« J’ai envie d’aider les gens et je crois vraiment à la médiation. »
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« Souvent, les choses se règlent à l’amiable »
Gaël, qui exerçait auparavant dans des agences de la région parisienne, intervient avant ou après le pénal. Elle peut commencer une enquête et, en fonction des premiers résultats, ses clients décident d’aller ou pas au pénal. Elle peut également, à la demande d’un client, rouvrir une enquête si celle-ci est pénalement close.
Enquêtrice de droit privé est une profession libérale et Gaël n’est pas limitée territorialement. Elle peut agir à sa guise, où elle veut.
« Je ne suis ni avocate, ni psychologue. Quand les gens prennent la décision de venir nous voir, c’est qu’ils ont un problème qui les touche au niveau de l’affectif et qui conduit au mal-être. »
Pour autant, elle ne se retrouve pas en permanence dans le répertoire du mari ou de la femme trompé(e), un volet de son activité qui représente très peu d’affaires. Ses dossiers portent le plus souvent sur des problèmes d’abandons de famille ou d’héritage, des affaires de voisinage ou des situations conflictuelles dans des entreprises.
« Souvent, les choses se règlent à l’amiable. J’apporte à la fois mon expérience mais aussi ce regard extérieur qui souvent « désaffectise » le débat. »
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La balle est alors dans le camp de ses clients.
« Ils prennent leur décision en fonction de leurs intérêts, prennent un avocat, déposent plainte ou souhaitent que les choses se règlent à l’amiable. J’ai une obligation de moyens, mais je ne garantis pas que l’affaire soit résolue en cinq minutes. »
Christian Louboutin engage un détective privé pour surveiller Dior …
Christian Louboutin qui a déjà porté plainte contre Yves Saint-Laurent pour « violation de marque commerciale » et « concurrence déloyale » a embauché un détective privé pour surveiller la maison Dior. Selon lui, la griffe préparait le lancement d’une collection à semelles rouges! Cette information parue dans le New York Magazine intervient alors que le juge devrait statuer ce vendredi sur la bataille qui oppose Louboutin à Saint Laurent.
Un porte-parole de chez Dior aurait immédiatement rétorqué dans le WWD que la marque ne préparait aucune ligne de chaussures de ce genre. L’avocat de Louboutin, Harley Lewin, a précisé qu’il ne mettra donc pas en cause la maison de luxe.
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Par Katrin Acou-Bouaziz pour lexpress.fr
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Un détective privé en ville !
Sherlock Holmes n’a qu’à bien se tenir! Il y a un an, un détective privé a ouvert son agence sur Guingamp. Enquêteur chevronné, il a accepté de nous raconter les coulisses de son métier. Le tout, souscouvert d’anonymat.
Un seul coup de fil a suffi pour fixer rendez-vous. Quelques jours plus tard, notre homme se présente, comme convenu, à notre rédaction. Paul (*) ne porte ni chapeau, ni lunettes noires, ni imperméable. Arborant un style vestimentaire des plus classiques, notre détective guingampais a tout de l’homme de la rue lambda. Pour les clichés répandus par le cinéma depuis des décennies, on repassera. Quoi de plus normal. La profession d’agent de recherche privée ne va pas, après tout, sans un minimum de discrétion.
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Vols, fugues, adultères…
Fort de ses 36 ans d’expérience en enquête, Paul a ouvert son agence de détective privé il y a tout juste un an. Dans une petite ville comme Guingamp, cela peut surprendre de prime abord. Paul l’admet: «Dans les grandes villes, l’activité est plus soutenue. La plupart des mes confrères n’arrêtent pas.» Mais ici aussi, à Guingamp, certains n’hésitent pas à faire appel aux services d’un détective privé.
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Un métier encadré
Et pas question de faire n’importe quoi. «Notre profession est encadrée par une loi très stricte, qui demande une formation universitaire obligatoire. On ne devient pas détective comme ça, du jour au lendemain.» Et puis, un détective ne peut et ne doit tout se permettre.
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Le danger existe
Notre homme aime son quotidien de détective privé. «C’est une affaire différente chaque jour. C’est aussi ça qui me donne du tonus!» Il lui arrive de sortir la nuit. «Pour une vérification d’adresse dans un quartier résidentiel, c’est mieux d’y aller à 1h du matin, quand tout le monde dort», sourit-il.
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Par Arnaud Le Hir pour letelegramme.com
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Comment travaillent les détectives privés américains ?
Emmanuelle Welch est détective privée à Washington pour l’agence de recherche French Connection Research. Cette Française raconte la manière dont les «private investigators» travaillent aux Etats-Unis et analyse les moyens déployés autour de l’affaire DSK.
Quelles sont les différences entre le métier de détective privé aux Etats-Unis et en France?
Aux Etats-Unis, l’emploi de détectives par les avocats dans des contre-enquêtes pénales, par exemple, est complètement répandu. Certains avocats ont même un ou plusieurs détectives salariés dans leur cabinet. Même les avocats commis d’office par les tribunaux, les «public defender», peuvent avoir recours à des détectives privés, à des taux horaires plafonnés.
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Combien y en-a-t-il aux Etats-Unis? Comment sont-ils organisés ?
Selon les statistiques du gouvernement américain, il y a environ 50.000 détectives privés aux Etats-Unis et leur nombre augmente régulièrement.
Ceci est dû aux inquiétudes sécuritaires de l’après 11-Septembre, à la montée du nombre d’actions en justice et de la cybercriminalité, notamment des nouvelles atteintes à la vie privée genre cyberstalking. Mais le chiffre réel est difficile à évaluer car certains Etats ne requièrent pas de licence professionnelle.
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Sur quels types d’affaires interviennent-ils majoritairement?
En général, les détectives préfèrent travailler pour de gros clients réguliers, des cabinets d’avocats, des compagnies d’assurances, etc. Mais tout dépend de l’Etat dans lequel ils se trouvent: en Californie, par exemple, où les accidents du travail sont généreusement indemnisés, de nombreux détectives se spécialisent dans ce genre de fraude.
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Quel est leur rôle? Jusqu’où peuvent-ils aller?
Leur rôle est de rassembler les informations et de les présenter au client qui, lui, décidera ce qu’il veut en faire.
Sur l’affaire DSK par exemple, les détectives employés par Brafman et Taylor sont à la recherche de toutes les informations susceptibles de décrédibiliser le témoignage de la victime présumée. Elle n’était pas du genre a s’épancher sur le Web et n’a laissé pratiquement aucune trace dans les bases de données. Les «private investigators» sont en train de parcourir les quartiers où elle a vécu depuis son arrivée aux USA, de parler à d’anciens collègues, d’anciens voisins pour faire une enquête de «caractère». Était-elle une bonne locataire? Sérieuse au travail? Quelles étaient ses mœurs? Prenait-elle des drogues? Avait-elle des dettes? S’était-elle déclarée en faillite personnelle et serait donc à court d’argent? Ses papiers étaient–ils en règle ou a-t-elle menti en remplissant sa demande de visa ou de carte verte?
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Sur l’affaire DSK, que peuvent-ils apporter? Est-ce que l’accusation les craint vraiment?
Dans l’affaire DSK, l’accusé a des ressources illimitées, mais le procureur général est également déterminé a remporter ce procès. Des moyens exceptionnels sont déployés des deux côtés.
Internet a-t-il considérablement modifié la façon d’enquêter?
La quantité d’information que les gens dévoilent volontairement sur le Web est vertigineuse. C’est formidable pour nous, car, en parallèle, et c’est ironique, les lois de protection de la vie privée aux USA limitent de plus en plus les détectives dans leur accès à certaines données. Dans certains Etats, il est devenu difficile d’identifier le propriétaire d’un véhicule sur la base de sa plaque d’immatriculation. Au niveau fédéral, il est illégal de se faire passer pour quelqu’un auprès d’une banque pour obtenir des informations financières et depuis 2007, de se faire passer pour un abonné de compagnie téléphonique pour obtenir des informations confidentielles sur sa facture, par exemple.
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Quelles étaient vos dernières affaires?
Rien à voir avec du pénal: je devais retrouver les héritiers d’une violoniste américaine gauchère afin que mon client, lui même gaucher, propose de leur racheter un instrument.
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Les détectives privés sont des personnages récurrents des séries et films américains, est-ce que les clichés qui s’y attachent pèsent dans les relations quotidiennes?
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Par Quentin Girard pour liberation.fr
En savoir plus :
http://www.liberation.fr/monde/01012342414-comment-travaillent-les-detectives-prives-americains
De plus en plus de détectives dans les procédures en France …
[…] Recourir aux services des agences de détectives est désormais une pratique, discrète, mais courante, de nombreux avocats hexagonaux. «La demande est croissante», atteste Jean-Claude Barret, collaborateur au cabinet Duluc, un des grands noms parisiens.
- Enquêtes judiciaires
Longtemps cantonnés aux constats d’adultères, les privés ont désormais conquis une place dans tous les domaines du contentieux, y compris parfois les affaires pénales. Roger Marc-Moreau, qui a contribué à faire basculer le dossier Omar Raddad, est l’un des spécialistes de la «contre-enquête». Dans son carnet d’adresses figurent les avocats pénalistes les plus réputés, mais c’est souvent dans les cas les plus désespérés que son intervention est sollicitée. On a vu les proches de personnes mises en cause organiser des collectes pour s’offrir ses services.
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S’il est peu connu, c’est qu’en France, le travail des privés n’apparaît souvent aux yeux du public – et du magistrat – qu’à travers le filtre de l’avocat. C’est le plus souvent lui, qui, une fois renseigné, demande aux juges de nouveaux actes. «C’est ce que nous avons fait récemment, dans un dossier d’enlèvement d’enfants, raconte Hugues Letellier, avocat à Paris. L’enquête n’avançait pas, le père a voulu quelqu’un qui se consacre pleinement à cette recherche.»
- Contentieux familiaux
«Il n’est pas rare que nous guidions la main des enquêteurs, par exemple dans les dossiers fiscaux», glisse pudiquement un autre conseil, «et en général, ils comprennent que la piste que nous indiquons est fiable…». Malgré tout, la facture d’une enquête importante atteint vite plusieurs dizaines de milliers d’euros. «Récemment une commune n’a pas hésité, raconte Alain Letellier, détective parisien, elle a engagé un détective privé pour résoudre un problème de dégradation.»
Dans les dossiers financiers, les agences de détectives se présentent volontiers sous une bannière moins sulfureuse: celle de l’«intelligence économique». Pister les échanges entre deux sociétés sœurs entre la France et le Maroc, ou traquer un compte dissimulé à l’étranger constitue leur quotidien.
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- Des «rapports confidentiels»
Les privés sont encore extrêmement présents dans les contentieux familiaux, malgré la réforme de la loi sur le divorce. Le visage de ce conseil en stratégie d’entreprise s’est figé lorsqu’il a entendu l’avocat de son ex-femme prononcer, devant le juge, le montant exact de la déclaration d’impôt de sa nouvelle petite amie. Il lui a fallu quelques jours pour comprendre que le conseil en question s’est adjoint les services d’un «privé» pour compléter son dossier de tous les éléments susceptibles de faire pencher la balance du côté de sa cliente. Les bonnes vieilles ficelles font également toujours recettes, comme la filature de l’un des membres du couple soupçonné d’entretenir une autre relation amoureuse.
Dans les dossiers judiciaires apparaissent désormais régulièrement, le plus officiellement du monde, des «rapports confidentiels» signés de la main d’un enquêteur privé. Libre au juge d’accorder à ces pièces le poids qu’il souhaite. Quand aux informations qui auraient été recueillies en dehors des strictes règles légales, qui ne peuvent apparaître aux yeux du juge, elles pourront toujours servir d’arguments dans une négociation…
Par Laurence De Charette pour lefigaro.fr
En savoir plus :
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/05/30/01016-20110530ARTFIG00710-de-plus-en-plus-de-detectives-dans-les-enquetes-judiciaires.php
Comment les détectives privés fonctionnent aux Etats-Unis, différences avec la France …
Les détectives privés engagés par la défense de DSK sillonnent le monde à la recherche d’informations. Arnaud Pelletier, Président fondateur d’une agence d’enquêteurs privés, analyse le fonctionnement de cette profession aux Etats-Unis, et décrit comment elle pourrait avantager Dominique Strauss-Kahn.
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Atlantico : Comment les détectives privés fonctionnent-ils aux États-Unis et quels rapports entretiennent-ils avec la police et la justice ?
Arnaud Pelletier : Ce qui se passe aux États-Unis serait impossible en France, techniquement et juridiquement. Le travail des enquêteurs privés américains est réglementé et l’accès à la profession différent selon les États. En ce qui concerne le procès DSK qui aura lieu dans le comté de New York, il faut avoir une licence pour pouvoir y enquêter. Historiquement, aux États-Unis, beaucoup d’enquêteurs privés proviennent de la police, du FBI ou du monde du renseignement. Ils ont donc beaucoup de contacts, de relations et un accès aux informations facilité. Le domaine légal de leur enquête est plus important qu’en France. La loi américaine est plus permissive que chez nous, ce qui a donné lieu à un certain nombre d’excès.
Culturellement, ce métier fait partie du quotidien de beaucoup d’Américains. Dès qu’il y a une affaire pénale aux États-Unis, on fait appel à des enquêteurs privés. Pour l’affaire DSK par exemple, si les enquêteurs veulent retourner dans la suite où s’est passé le drame – un lieu difficile d’accès car surveillé -, ils pourraient en faire la demande au juge, qui, dans beaucoup de cas, accepterait au nom de l’accès au droit de la défense et de ses intérêts.
Aux États-Unis, leur rôle est très large, mais tout n’est pas permis. Le métier est réglementé, puisqu’en juillet 2000, un texte de loi a été voté par le Congrès pour encadrer un peu plus l’accès aux informations privées dans le pays.
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Quelles sont les grandes différences avec le système français ?
On ne peut pas comparer. Le système est complétement différent. Aux États-Unis, il s’agit d’un système accusatoire, alors que nous avons à faire en France à un système inquisitoire. Les enquêteurs privés français font le même travail que leurs homologues américains, mais ils ne sont pas utilisés au même moment. Il faut savoir qu’en France les détectives privés travaillent essentiellement sur des procédures civiles et commerciales, mais peu sur du pénal. Un cas comme DSK n’aurait pas été possible en France.
Dans notre pays, en cas d’affaire pénale, l’enquêteur n’a pas à travailler sur un dossier en cours. Cela reste du domaine de la police. S’il le fait, il peut même être inquiété : s’il approche par exemple des témoins, il peut être ensuite accusé de subornation de témoin. Dans de très rares cas, il est déjà arrivé qu’à la demande du procureur une enquête privée soit mandatée, mais cela relève de l’exception. En revanche les enquêteurs font quand même un travail de recherche sur des affaires pénales mais ils ne le font pas au même moment. Une personne qui veut engager une action en justice ou qui est mise en examen, peut mandater un avocat qui fera lui-même appel à un enquêteur qui effectuera un travail en amont, c’est-à-dire avant la procédure. Il devra trouver des preuves qui serviront à la défense de cette personne. L’avocat s’en servira ensuite pour porter plainte ou défendre son client. C’est une procédure légale et très encadrée, bien plus qu’aux États-Unis.
Les pouvoirs d’un enquêteur en France sont les mêmes que ceux de tout citoyen. Soit il le fait en amont de la procédure, soit en aval. C’est ce qu’on appelle la contre-enquête. Il y a quelques détectives en France qui se sont spécialisés dans ce domaine. A la demande des familles, ils vont refaire l’enquête pour essayer de démontrer qu’il y a eu une erreur. Certains détectives, suite à leurs rapports, ont réussi à faire rouvrir des dossiers sur la base d’éléments nouveaux.
Depuis 2003, en France, une réforme – la LOPPSI ou loi d’orientation pour la sécurité intérieure – a complètement modifié les règles de la profession. Elle l’a réglementée de manière draconienne. Un enquêteur ne va pas enquêter tout seul parallèlement à la justice, puisque s’il se fait prendre, il perd son agrément et donc son métier. A partir du moment où l’enquête est ouverte, il est formellement interdit d’enquêter de manière privée sans en avertir le juge.
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Une personne qui a les moyens d’engager un détective privé est-elle avantagée ?
Oui, bien évidemment, que cela soit en France ou aux États-Unis. L’avocat qui n’a pas d’éléments ne peut pas défendre son client. En France, l’avocat n’a pas le droit d’enquêter, c’est interdit par la loi. Il est donc obligé de faire appel à un enquêteur. Aux États-Unis, les cabinets d’enquêtes sont intégrés aux cabinets d’avocats. Mais il ne faut pas oublier que l’aide juridictionnelle existe aux États-Unis comme en France et que certains enquêteurs sont rémunérés grâce à cette aide.
Il est évident que pour DSK, tous les moyens sont de son côté, au vu de sa fortune personnelle. L’enquêteur privé ne peut toutefois retourner une situation quand les preuves sont accablantes. Dans un dossier, où la parole de l’un affronte celle de l’autre, il est certain que celui qui peut se payer les meilleurs enquêteurs mais aussi les meilleurs avocats – cela va de pair – va être avantagé. De façon identique en France, lorsqu’un avocat commis d’office plaide contre un ténor du barreau, le procès n’est pas vraiment équitable.
Le travail du détective consiste à recueillir principalement des informations et des interviews et à réaliser des filatures, des reconstitutions et des enquêtes. Il est évident qu’il faut des moyens pour envoyer, comme dans le cas DSK, des détectives en Guinée, en France et à Washington. Ces services coûtent très chers, surtout aux États-Unis.
Interview réalisée par Arthur Vernazobres pour atlantico.fr
En savoir plus :
http://www.atlantico.fr/decryptage/detectives-prives-affaire-dsk-avocat-enquete-penale-105434.html

