Archive pour la catégorie ‘Revue de presse’
Alain juillet chez Orrick …
Alain juillet passe à l’ennemi
Alain Juillet, ancien grand patron des services de renseignement français – il fut numéro2 de la DGSE avant d’être le Monsieur Intelligence économique du gouvernement -, vient d’intégrer le cabinet américain d’avocats d’affaires Orrick. Nanti d’un solide carnet d’adresses, puisqu’il était chargé d’aider les entreprises françaises à conquérir des marchés étrangers, le neveu de Pierre Juillet, ancienne éminence grise de Jacques Chirac, a retrouvé du beau monde chez Orrick: Pascal Clément, ancien ministre de la Justice, ou encore Bernard Attali, ancien patron d’Air France.
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/alain-juillet-passe-a-l-ennemi-30-08-2009-528515.php
Les influences américaines
On peut observer cinq formes originales des méthodes et canaux de l’influence américaine. Tout d’abord, de quoi s’agit-il lorsque l’on parle « d’influence » ?
L’influence appartient au domaine de l’Intelligence Economique. L’objectif est d’influencer les médias, opinions et gouvernants étrangers dans le but de préserver ou accroître le poids économique et politique, en l’occurrence américain.
Quelques exemples :
Vous souvenez-vous (2004) de l’affaire médiatique du saumon d’élevage européen qui provoquerait le cancer ? Une étude parue dans « Nature » démontrait que le saumon d’élevage européen, de par son alimentation en farine animale (poisson) était dangereux pour la santé, « cancérigène ». Or, cette étude provenait d’un laboratoire américain qui démontrait que l’alimentation en huile de soja, notamment transgénique, et de lin, était préférable.
Et c’est une alimentation qui se fait aux Etats-Unis. Donc, le saumon d’élevage et le saumon sauvage américains sont par contre, eux, sans danger pour la santé du consommateur. Or, le laboratoire dépendait d’une « ONG » dirigée par d’anciens collaborateurs d’entreprises américaines pétrolière et d’huile transgénique. L’étude a été commandée et financée par cette ONG. L’objectif était d’inciter à la consommation de saumon américain et amener les éleveurs européens à l’achat de cette huile de soja et de lin de leurs anciens employeurs… Cette étude oubliait d’informer qu’elle s’était basée sur l’analyse de « 3 » (sic) saumons européens, à la traçabilité douteuse, sans faire le lien avec leur environnement. Enfin, les producteurs d’huile transgénique, de lin et de soja évitent par contre toute étude sur les conséquences pour la santé du consommateur de saumon s’alimentant de leurs produits.
Autre exemple : la grippe aviaire. Grosse affaire médiatique. Impact sur la santé ?… L’important était de paniquer les opinions publiques pour inciter les Etats à se munir d’importants stocks de vaccins anti grippe aviaire.
En fait, la communication provenait « d’études » américaines, et il existait un laboratoire qui produisait ce vaccin. Laboratoire, vous l’aurez compris, américain, appartenant, surtout, au vice-président de l’époque, Dick Cheney.
Je n’aborderai pas des sujets tels que l’instrumentalisation de la Turquie, par nos amis Américains, pour déstabiliser l’Union Européenne concernant son identité, le soutien aux conservateurs polonais qui achètent de l’armement U.S. et s’opposent à la construction européenne, l’encerclement de l’Iran par l’Afghanistan et l’Irak, la déstabilisation de l’ancien pouvoir dictatorial de Saddam Hussein et de sa clique pour dégager l’influence française et rafler les marchés de reconstruction, de l’armement et du pétrole.
Bref, quelles sont ces cinq formes originales de l’influence américaine ?
1 ) La première, la plus cynique, est la manipulation d’ONG et la création de certaines par des « agences » de l’Etat américain. Le journal Le Point m’a surpris en abordant ce sujet fin juillet. Pourquoi surpris ? Parce que cet excellent hebdo connaît une évolution désagréable vers une pravda sarkozienne, donc suit le cheminement « atlantiste ».
En effet, des ONG sont utilisées par l’Etat US. Elles peuvent aborder la question de la santé (pour valoriser des produits US), de la culture (idem), de l’écologie (Greenpeace est financée, en forte partie, par des sociétés pétrolières américaines, c’est pour cela qu’elles ne dénoncent pas , ou alors de façon “cadrée”, les errements de ces sociétés, mais a pour spécialité de dénoncer le nucléaire français…, jamais le nucléaire US et les entreprises US qui construisent des centrales nucléaires…), ou encore de « l’éthique politique ».
En ce moment, certaines ONG (comme Transparency Internationale, Sherpa) dénoncent les dictatures, ou simili démocratie, africaines (surtout le Congo Brazzaville, la République Démocratique du Congo, le Gabon). Les dirigeants africains incriminés sont, comme par hasard, des politiques proches de la France. Car en réalité, l’Afrique connaît une guerre d’influence particulièrement violente entre Français, Américains et Chinois. Il s’agit de s’assurer la vente d’armes, de biens manufacturés, et l’achat de matières premières (pétrole, cuivre, etc.).
Ces ONG ne parleront pas de pays africains anglophones…
Nous avons connu par le passé ces tentatives de déstabilisation : le Rwanda et l’ex-Zaïre lié à la France, et l’Ouganda, lié à la Grande-Bretagne et l’Amérique. Au Maghreb, les Américains ont longtemps soutenus et financés les partis islamistes (exp : Front Islamique du Salut en Algérie). L’objectif est toujours de réduire l’influence française pour la remplacer par la sienne.
Les conséquences sont parfois désastreuses…
Je ne veux en aucun cas soutenir les dictateurs africains, mais il ne faut pas pour autant se montrer naïf.
2 ) Autre formule intéressante : la dénonciation des comptes bancaires secrets. Certains médias US et ONG attaquent exclusivement la Suisse et ses banques ces temps-ci. Pourquoi ? Parce que les Américains sont le deuxième pays au monde à posséder ce genre de comptes. L’objectif est de contrôler les banques qui permettent ces comptes. Or, la Suisse n’est pas « contrôlable », il faut donc déstabiliser ses banques pour que les propriétaires de comptes secrets aillent vers des banques, dans les îles Caïmans ou autre par exemples, sous l’œil du Brother US… Pas bête, n’est-ce pas ?
3 ) Il y a aussi les fonds financiers » ou « fonds vautours », avec des directions ou finances liées à l’Etat américains. Ces fonds attaquent une entreprise, déstabilisent ses dirigeants ou propriétaires, influencent les « stakeholders » (parties prenantes, comme les actionnaires). On a eu un bon exemple en France avec GEM Plus : entreprise française leader mondial des cartes à puces, elle a connu une déstabilisation de ses actionnaires, de ses dirigeants (faire croire à une mauvaise gestion, à une passe financière catastrophique), l’intrusion d’un « fonds vautour » qui a progressivement contrôlé (éviction des anciens dirigeants, placer des nouveaux dont certains proviennent de la CIA) l’entreprises jusqu’à délocaliser le siège au Luxembourg et avoir la majorité des parts.
Ces « fonds vautours » s’attaquent à des entreprises dites « stratégiques » (High Tech, forte valeur ajoutée, leaders, etc.) pour l’intérêt des entreprises US et de l’économie américaine. Ce qui me paraît naturel. Mais ces fonds s’attaquent aussi à des Etats fragiles, endettés, comme en Afrique ou Amérique du Sud, afin de « contrôler » leurs dettes et les assujettir (Congo Brazzaville).
4 ) Autre moyen efficace : la religion. Les mouvements Evangéliste, Pentecôtiste, ou autres courants protestants prosélytes. Ces mouvements se sont insinués en Amérique Latine et en Afrique depuis plus de deux décennies. On retrouve le lien entre la droite américaine et leurs alliés « puritains ». La stratégie est un peu à la jésuite d’hier : influencer les dirigeants politiques, faire de la charité et du prosélytisme pour « cadrer » les populations. Ainsi, les catholiques d’Amérique Latines connaissent bien cette concurrence qui soutient parfois même des candidats politiques… Il ne s’agit pas du simple pratiquant qui est un vrai croyant, mais des responsables de ces courants religieux parmi lesquels l’ont retrouvent fréquemment des employés d’agences américaines (un peu à la façon du parti communistes d’avant 1989)…
5 ) Dernière formule, la plus discrète mais la plus ravageuse pour nos entreprises : la bataille des normes. Il s’agit ici de normes de construction, de qualité, de contrôle. Les anglo-saxons sont très en avance dans ce domaine qui détermine le cadre de la production et du management industriels, par les « ISO ». Français et Européens se sont réveillés tardivement et peinent à imposer leurs normes. Or, cela concerne l’avenir même de l’activité industrielle de tous pays, de leur indépendance économique.
Il ne s’agit en aucune façon ici de faire un article suintant l’anti américanisme. Je ne suis pas un « anti américain primaire », ni même secondaire. L’objet de ces mots est de faire le constat des pratiques d’influences américaines afin de ne pas se coucher plus idiot ou naïf ce soir quand on entend parler d’ONG, d’OPA, de spiritualité, de management, etc.
Dans ce domaine de l’influence, les Américains ont toujours été efficaces et précurseurs. Et Russes, Chinois et Européens peuvent l’être aussi. Mais quand on parle d’Européens, la réalité est l’Etat nation : Allemand, Français, Britannique, etc.
Le manque d’Europe, de politique économique européenne, de structuration étatique européenne, nous laisse faibles par rapports aux USA, Chine, Russie, Brésil, Inde, etc. car il s’agit de taille et de capacité de puissance, d’unité de commandement et de politique…
Hier, la France « influençait », comme en Afrique. L’abbé Charles de Foucauld œuvrait pour la République… Mais nos moyens sont bien légers au regard de la concurrence internationale et des capacités de nos concurrents.
Encore une fois (sur ce blog), la question concerne l’Europe, la politique économique, les enjeux territoriaux, bref, nous parlons d’Intelligence Economique.
Et nos économies européennes, nos dirigeants, ne travaillent pas souvent en « bonne intelligence »…
Internet, le cauchemar des compagnies aériennes …
Les sites de réseaux sociaux et microblogage sur Internet sont devenus un véritable casse-tête pour les compagnies aériennes.
Dépassé le temps où les gens envoyaient des lettres d’indignations, des courriels ou appelaient les compagnies aériennes pour se plaindre. Maintenant, les clients mécontents se défoulent sur Internet, bien souvent directement de leur siège d’avion.
Les sites comme Twitter, Facebook ou YouTube sont devenus un cauchemar pour les compagnies aériennes qui ne sont pas en moyen de perdre des clients. Ils compliquent grandement leur service à la clientèle et ternissent leur image.
Bien que ces sites servent également pour la promotion, lorsque les clients se plaignent pour de nombreux retards, des services médiocres ou autres inconvénients, l’impact est rapide et efficace sur les compagnies. Celles-ci doivent donc faire en sorte de procéder à des changements rapidement.
Ainsi, on tente le plus possible de réduire les temps d’attentes et les retards par exemple. Les transporteurs surveillent de près ces messages sur le Web et y répondent parfois. Pour faire changer une situation qui perdure, Internet est devenu le meilleur outil des voyageurs et ceux-ci l’ont rapidement compris.
http://fr.canoe.ca/voyages/nouvelles/archives/2009/08/20090824-142058.html
Holmes : Le réel en fiction
Le vrai Sherlock Holmes a vécu à Londres au XIXe siècle, mais son personnage a connu de multiples incarnations à l’écran. Tour des rôles.
Par LAURENT JOFFRIN
La réalité de Holmes ne faisant plus aucun doute, il faut maintenant discuter de son éternité. Chaque année, de nouveaux ouvrages sont publiés qui font revivre l’homme de Baker Street. Hollywood, à la fin de 2009, sortira un nouveau film consacré à Holmes, mis en scène par Guy Ritchie, dont la bande-annonce laisse présager une mise en scène radicalement modernisée. Les sociétés holmésiennes sont légion et leur activité est prodigieuse. Mais l’hypothèse de l’éternité de Holmes provient de certaines sources plus audacieuses.
A la fin des années 30 la Century Fox, compagnie de cinéma californienne, se lance dans l’adaptation des aventures de Sherlock Holmes. Pour le rôle-titre, elle engage un acteur peu connu mais dont le physique et la diction correspondent parfaitement à la personnalité du détective, Basil Rathbone, qui sera pour des générations de holmésiens l’incarnation idéale de leur héros avant d’être détrôné par Jeremy Brett dans une série remarquable produite par Granada et diffusée sur ITV. La réalisation des films de la Fox est honorable, les décors et les costumes sont fidèles et la superbe Ida Lupino vient enrichir une distribution très professionnelle. Seule faute de goût : le rôle de Watson est confié à Nigel Bruce, comédien lourdaud qui surjoue la naïveté supposée du docteur, jusqu’à en faire un benêt ridicule, déviation qui trahit gravement la réalité historique, puisque Watson est, au contraire, un homme fin, intelligent, énergique, qui souffre seulement de la comparaison avec les dons extraordinaires de son compagnon.
Enrôlé pour la patrie
Deux films sont produits avant la guerre, le Chien des Baskerville et les Aventures de Sherlock Holmes, qui figurent avec les honneurs dans la filmographie holmésienne. Puis la Fox cède l’affaire à Universal. Et là tout change. Nous sommes en 1942. La démocratie américaine vient d’entrer en guerre à la suite de l’attaque de Pearl Harbour. Partout les forces de l’Axe sont à l’offensive et les Alliés désespèrent de renverser le cours de l’Histoire et des opérations. Il faut mobiliser les énergies, rassembler le peuple, enrôler au service de cette cause sacrée ce que les deux grands alliés anglo-saxons ont de meilleur.
Universal, major patriote, décide alors d’enrôler… Sherlock Holmes. Une pirouette placée en exergue pour justifier l’anachronisme (les grands héros ne meurent jamais…), une intrigue édifiante et rapidement ficelée, voilà Holmes et Watson mobilisés contre le nazisme. La casquette deerstalker et le pardessus macfarlane disparaissent. Holmes adopte une tenue de gentleman-farmer des années 40, pantalon droit et veste de chasse pied-de-poule avec une patte dans le dos. Mais la pipe est toujours là, tout comme l’arrogance courtoise, la force déductive hors du commun et la naïveté corollaire de Watson. Le duo vient au secours du contre-espionnage anglais pour protéger des documents secrets ou encore débusquer un émetteur clandestin placé par la cinquième colonne nazie au sud de l’Angleterre.
L’escapade de Holmes hors de son époque pose évidemment une redoutable question : la chose est-elle vraisemblable ? Peut-on admettre qu’un détective ayant atteint l’âge adulte dans les années 1870 continue de résoudre des énigmes en 1942, sans que le poids des années ait une quelconque prise sur ses facultés physiques ou mentales ? Le réalisme dont nous faisons preuve depuis le début de cette série est ici mis au défi.
Certains remarqueront que pareils exemples abondent dans la vie des grands personnages de fiction, dont nous soutenons qu’ils sont en fait plus réels que leurs auteurs. L’un des plus connus, Tintin, dont chacun sait qu’il a ouvert la voie à la conquête de la lune par la Nasa, grâce à une fusée syldave conçue par un Belge, ne prend pas une ride, alors qu’il commence sa carrière dans les années 30 et l’achève dans les années 60. Les personnages de bande dessinée (si l’on met à part Blueberry) sont inaccessibles aux injures du temps. Mickey, Picsou et les Rapetou résistent sans peine à l’accumulation des années. Spirou est une sorte de Dorian Gray en costume de groom tandis qu’Astérix a manifestement coupé sa potion magique d’un élixir de jouvence…
Nicholas Meyer, l’auteur de la Solution à 7 %, mémorialiste de la rencontre Holmes-Freud, que nous avons déjà cité, a imaginé une autre intrigue dans laquelle Herbert George Wells, l’auteur de la Machine à explorer le temps, voit arriver chez lui Jack l’Eventreur (encore lui), poursuivi par la police. L’assassin découvre dans la cave de l’écrivain la fameuse machine. Pour échapper à ses poursuivants, il s’y précipite et actionne un levier qui le propulse dans le Los Angeles des années 70. Pour empêcher l’Eventreur de continuer sa carrière criminelle dans cette nouvelle époque, Wells doit monter, à son tour, à bord et se lancer à la poursuite du criminel au cœur de la Californie contemporaine, ce qui donne un roman et un film, fort réjouissants.
Mort dans le sussex
Ces précédents sont-ils tout à fait convaincants ? Supposer l’immortalité de Holmes, du Quichotte ou de Dom Juan, n’est-ce pas pousser un peu loin le bouchon ? C’est là, sagace lecteur, que tu attends cette démonstration au tournant. Tu auras forcément remarqué que le raisonnement, ici tenu, pèche par une incohérence discrète mais vite essentielle. On peut arguer de l’éternité de certains héros dans l’esprit de leurs lecteurs. Personnages d’une force extraordinaire, ils s’inscrivent dans la conscience du public bien mieux que tant d’êtres humains véritables. Ils peuvent ainsi accéder à une certaine forme d’éternité. Mais telle n’est pas la thèse que nous défendons ici. Nous soutenons l’idée d’un Holmes bien réel, personnage de chair et d’os, qui a effectivement vécu dans le Londres de la fin du XIXe siècle. Or si ce personnage est un véritable être humain, il n’a pas manqué de mourir un jour. Non pas dans les chutes du Reichenbach, comme l’a affirmé cet imposteur de Conan Doyle, mais dans une petite maison du Sussex où il s’est retiré en 1904 pour entamer une carrière tardive mais reposante d’apiculteur amateur.
On ignore la date exacte de la mort de Holmes. Mais comme il est né en 1854, il aurait eu, en 1942, l’âge canonique de 88 ans. Impossible, dans ces conditions, de le représenter sous les traits altiers et énergiques de Basil Rathbone. De plus, on sait que Holmes, emblème du XIXe siècle, est l’une des incarnations de la Raison en marche. On ne peut donc expliquer sa survie indéfinie, par une pirouette de scénariste. Il eût fallu une explication scientifique, rationnelle, comme celle que Nicholas Meyer donne pour justifier la présence de Jack l’Eventreur à Berkeley en 1975, ou encore celle dont use Edgar P. Jacobs, l’auteur des aventures du Pr Mortimer, pour placer soudain son héros dans le monde des dinosaures. L’éternité de Holmes est donc purement symbolique. La vérité de l’homme exige qu’il soit mortel. Ce qu’il fut.
C’est à la lumière de cette conclusion qu’on doit rendre compte des aventures du détective au théâtre ou au cinéma. Les traits du détective ayant été fixés par les illustrateurs, on peut évaluer la qualité des interprétations. On écartera les Holmes représentés en latin lover (Clive Brook), les Holmes chinois ou japonais, le Holmes parodique incarné par un Afro-Américain, le Holmes burlesque de Gene Wilder, le Holmes collégien de Barry Levinson, ou celui qu’incarne Roger Moore, plus à l’aise dans Amicalement vôtre et dans James Bond. On donnera une mention bien à Christopher Plummer pour son physique aigu, à Peter Cushing pour sa minceur et son rictus inquiétant, à Christopher Lee pour sa nuance draculesque, à Michael Caine pour son jeu plein d’humour et pour l’habileté du scénario qu’il défend, à Nicol Williamson dans l’excellent Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express, traduction libre de The Seven-Per-Cent Solution (tiré du roman de Nicholas Meyer), avec en prime un Moriarty interprété par Sir Laurence Olivier.
On attribuera la mention très bien, évidemment, à Basil Rathbone, prince des Holmes dans les années 40, dont les films, diffusés, rediffusés et surdiffusés à la télévision, graveront les traits dans la mémoire de tous les baby-boomers. Le prix d’excellence ira toutefois, selon le consensus établi parmi tous les holmésiens du monde, à Jeremy Brett, ancien jeune premier un peu niais dans My Fair Lady, interprète de Watson avant de se voir confier par Granada le rôle de sa vie, qu’il incarne avec une froideur calculée, une ironie coupante, un cabotinage maîtrisé et une élégance gestuelle en tous points extraordinaires.
Le coup du bébé parfait
Et enfin, hors concours, on citera un petit chef-d’œuvre qui l’emporte sur tous les autres. Il se rattache par son esprit moqueur à la veine parodique ; mais quelques égratignures font du bien à ce détective décidément trop imbu de sa supériorité… Il s’agit du film de Billy Wilder, génial réalisateur de Some Like it Hot ou de Front Page, librement inspiré des histoires de Watson et appelé en français la Vie privée de Sherlock Holmes. Tous les ingrédients sont réunis dans un scénario suprêmement habile, avec un Christopher Lee sans défaut en Mycroft et, en prime, une cantatrice russe, des canaris asphyxiés, une demi-douzaine de nains et le monstre du Loch Ness.
La scène d’ouverture donne le ton du film : Holmes est invité – il faudrait dire convoqué – par la cantatrice russe, beauté à la fois hiératique et un peu fanée. Après le spectacle, pendant qu’un Watson émoustillé boit du champagne avec une nuée de ballerines juvéniles et sensuelles, Holmes se voit proposer un contrat inattendu. La cantatrice lui explique qu’elle est la plus belle femme d’Europe et lui, l’homme le plus intelligent. Elle a donc décidé qu’ils s’uniraient pour concevoir un rejeton parfait, appelé par la suite aux plus hautes destinées. Embarrassé, Holmes ne sait que dire, lui qui professe une aversion légendaire pour la gent féminine, Irène Adler exceptée (1).
Tristan Bernard s’était vu proposer lui aussi le mariage par une jeune actrice aussi belle que courte d’esprit. «Notre enfant, avait-elle plaidé, aurait ma beauté et votre intelligence». Ce à quoi l’humoriste avait rétorqué : «N’y pensez pas, ma chère, imaginez que ce soit l’inverse !» Holmes est trop galant pour répondre de la sorte. Il trouve une échappatoire : les relations qu’il entretient avec Watson, explique-t-il, ne sont pas ce qu’en dit le bon docteur. Elles vont bien au-delà de la camaraderie décrite dans les livres de Conan Doyle, lequel pourrait être remplacé, si l’on disait leur véritable nature, par son contemporain Oscar Wilde…
Tout en faisant rire son public, Wilder trouvait là un autre sujet de recherches. Après tout, n’y a-t-il pas un non-dit dans cette longue cohabitation entre deux vieux garçons dans la force de l’âge, dont l’un, célibataire militant, violoniste délicat, qui aime à se pavaner dans une robe de chambre de soie rouge, ne cesse de proclamer son indifférence au beau sexe et l’autre, officiellement marié, ne cesse de quitter le domicile conjugal pour partager avec celui qu’il chérit et admire les aventures les plus inattendues ? Il y a deux chambres à Baker Street mais un seul salon et les visites de madame Hudson, leur logeuse, sont trop intermittentes pour qu’elle puisse attester sans erreur que Holmes et Watson n’avaient pas – tel un secret victorien bien conforme à l’hypocrisie de cette époque qui emprisonnait les homosexuels – un penchant intime qui allait bien au-delà de la misogynie de façade dont on crédite Sherlock Holmes. Voilà, en tout cas, une piste de recherche pleine de promesses pour de subséquentes et savantes études holmésiennes (2)…
(1) Aventurière apparaissant dans la nouvelle Un scandale en Bohême. Pour Holmes, elle représentait «LA» femme. (2) Commentaire de Thierry Saint-Joanis, qui ne croit pas à l’homosexualité de Holmes et Watson : que deux hommes partagent un meublé est une pratique banale à l’ère victorienne. Dans ce cas, c’est une raison financière qui les réunit chez Madame Hudson : le loyer est trop onéreux pour une seule personne.
http://www.liberation.fr/culture/0101586365-le-reel-en-fiction
Intelligence Economique et Business Intelligence
Intelligence Economique et Business IntelligenceMondialisation libérale, omniprésente du risque, forte concurrence,.., sont les causes évoquées pour décrire et comprendre la ruée vers les sciences d’aide à la décision. Dans cette nouvelle démarche de mangement plus outillé – en comparaison au management de l’ère Fordienne, l’informatique occupe une place primordiale à travers notamment la Business intelligence, sous-thème ou composante de l‘intelligence économique. Un voyage au cœur de cette dynamique nous permettra de cerner l’imbrication qui existe entre ces deux notions sus-évoquées.
La nouvelle économie ou plus prosaïquement économie à dominante immatérielle s’est développée en marge de la vieille économie. Une nouvelle donne qui élève l’information stratégique en bien économique rare pour nos entreprises et organisations. Ce type de ressources rares (l’information stratégique), fait aujourd’hui l’objet d’une grande convoitise et se retrouve désormais dans le collimateur de tous les managers, cadres d’organisation qui doivent s’aligner à la nouvelle pensée unique : « apprendre à faire face ».
L’information ubiquitaire, née de prolifération des sources, nécessite de nos jours, une dynamique structurée de vérification, de validation et de valorisation pour la réussite de toute action. Cette logique fait appelle aux outils et méthodes d’aide à la décision par l’informatique décisionnelle, l’intelligence économique et plus globalement par le « management de l’organisation par l’information ».
DECISIONNEL OU BUSINESS INTELLIGENCE
C’est un terme anglais signifiant “intelligence d’affaires”, la Business Intelligence couvre l’ensemble des technologies permettant de bout en chaîne d’apporter une aide à la décision. De fil en aiguille, le mot “décisionnel” correspond simplement à la traduction française du terme BI “Business Intelligence”. Pour être aidé dans ses choix, le décideur a besoin d’une information exacte lui permettant de jauger son activité à l’aide d’indicateurs de performance clefs. Sans cette démarche critique, les décisions perdent de leur acuité ou prennent beaucoup plus de temps. Or, le décideur de la nouvelle économie dispose d’un temps de plus en plus réduit. Il y a quatre grandes étapes de la chaîne, ou du processus décisionnel :
-Extraction des données. Pour produire les indicateurs voulus, il convient d’aller chercher les données où elles se trouvent.
-Consolidation : Il s’agit d’un prétraitement.
-Traitement. En fonction d’une question plus ou moins complexe posée à l’aide d’un formulaire, l’outil d’analyse recueille la requête et confronte les données correspondantes, de façon à produire les indicateurs voulus.
-Restitution. Egalement appelée reporting, cette étape se charge de diffuser et de présenter les informations à valeur ajoutée de telle sorte qu’elles apparaissent de la façon la plus lisible possible pour le décideur.
On qualifie aussi d’informatique décisionnelle l’exploitation des données de l’entreprise dans le but de faciliter la prise de décision par les décideurs, c’est-à-dire la compréhension du fonctionnement actuel et l’anticipation des actions pour un pilotage éclairé de l’entreprise.
Les outils de la Business intelligence sont basés sur l’exploitation d’un système d’information décisionnel alimenté grâce à l’extraction de données diverses à partir des données de production, d’informations concernant l’entreprise ou son entourage et de données économiques. Ces systèmes d’informations s’inscrivent généralement dans une démarche globale prévoyant un cycle de renseignement informatique. Il semblerait que l’on retrouve un cycle de renseignement du même type, poursuivant les même objectifs d’aide à la décision dans le cadre de l’intelligence économique mais cette dernière (l’IE) ne s’arrête pas aux actions passives. L’IE (intelligence économique) est une démarche plus large.
INTELLIGENCE ECONOMIQUE
Le terme d’intelligence économique renvoie à l’importance critique pour tous les acteurs de la vie économique d’avoir une connaissance pointue de leur environnement au sens large du terme, puisqu’il faut y inclure la connaissance des politiques publiques, des stratégies industrielles de ses concurrents, le suivi des évolutions technologiques et des inventions. La bonne information permet d’avoir conscience du besoin d’une décision et de prendre celle-ci de manière optimale.
L’accès rapide et étendu à une masse énorme d’information via Internet pose à l’évidence le problème de l’intelligence économique dans des termes totalement nouveau. La question est moins l’accès primaire à l’information, que la capacité de reconnaître ce qui est intéressant et qui produit cette information. Une démarche d’intelligence économique va mettre en place des outils informatiques pour la veille, la collecte, le traitement, la sécurisation et la diffusion de l’information à travers un système d’information fiable mais elle ne s’arrête pas la car l’IE développe également des actions offensives, d’influence, de contre-influence et de Lobbying.
L’intelligence économique renvoie alors, à une démarche plus active, afin de réduire l’incertitude dans la prise de décisions stratégiques, et de mener des actions offensives, tout en restant dans la légalité.
Bien que différente de l’IE (Intelligence économique), la “Business Intelligence” a quelque chose à voir avec les processus de L’IE. On peut alors faire un rapprochement avec l’informatique décisionnelle, au sens de l’exploitation des données de l’organisation qui facilite les prises de décision des dirigeants.
La Business intelligence serait une composante de l’intelligence Economique.
Aboubacar Sadikh NDIAYE
Chroniqueur Independant
*Article publie dans le Magazine Nouvel Horizon
http://decider.wordpress.com/2009/08/19/intelligence-economique-et-business-intelligence/
Les SMS reconnus comme une preuve recevable dans les affaires de divorce
Les candidats au divorce doivent se méfier des SMS passionnés échangés avec leur amant ou maîtresse. Et surtout éviter de laisser traîner leur téléphone portable à la maison.
La Cour de cassation vient de reconnaître à ces mini-messages qui ont envahi la vie quotidienne le statut de « preuve » dans une procédure de divorce. A l’appui de sa demande de divorce et pour établir l’adultère qu’elle reprochait à son mari, une femme avait produit des SMS reçus sur le portable professionnel de celui-ci. La cour d’appel l’avait déboutée en estimant que les mini-messages relevaient « de la confidentialité et du secret des correspondances » et que « la lecture de ces courriers à l’insu de leur destinataire constitue une atteinte grave à l’intimité de la personne ». Elle avait, en conséquence, prononcé le divorce aux torts exclusifs de l’épouse.
Dans un arrêt rendu le 19 juin, qui fait l’objet d’un commentaire détaillé dans le dernier numéro de la revue Actualité juridique (juillet-août 2009), la Cour de cassation casse cette décision en appliquant aux SMS le statut prévu pour les lettres. En matière de divorce, et par dérogation au droit commun de l’inviolabilité des correspondances, il est en effet admis que les lettres échangées entre époux ou entre un époux et un tiers puissent être produites sans le consentement des intéressés, à la condition expresse qu’elles aient été obtenues « sans violence ni fraude ». Dans le cas d’espèce, l’épouse trompée assurait être tombée sur les fameux SMS dénués de toute ambiguïté échangés entre son mari et sa maîtresse en mettant la main sur un téléphone portable professionnel « perdu » par ledit mari.
La Cour de cassation retient cette argumentation et constate donc que c’est à tort que les juges d’appel ont évoqué l’atteinte au secret de la correspondance et à l’intimité de la personne puisqu’ils n’avaient pas pu constater que ceux-ci avaient été obtenus « par violence ou par fraude ». Sous les mêmes réserves, la Cour de cassation avait déjà considéré, dans un arrêt rendu en mai 1999, que la production d’un journal intime pouvait être admis comme preuve d’adultère. La loi du 13 mars 2000 avait par ailleurs reconnu le statut de preuve littérale à l’écrit sous forme électronique (courriel), à la condition que « puisse être dûment identifiée la personne dont il émane ». Cent soixante petits caractères peuvent avoir de grandes conséquences.
Did You Know 3.0
Un mini guide professionnel pour Twitter
Le site ConseilsMarketing.fr vient de mettre en ligne un ebook téléchargeable gratuitement et intitulé « le Mini Guide pro pour Twitter« .
Partant du constat qu’il existe peu d’articles s’intéressant concrètement au potentiel de Twitter dans le monde de l’entreprise, ConseilsMarketing.fr se propose de donner des conseils pour mettre en place des actions de communication via la plateforme de microblogging.
Twitter est ainsi présenté comme un outil efficace pour élargir son réseau relationnel, améliorer son référencement, obtenir de l’aide rapidement, mesurer la qualité de ses services, faire de la veille concurrentielle et trouver de nouveaux clients.
A travers l’analyse de 4 documents consacrés à Tweeter, ConseilsMarketing.fr dresse une liste de 86 conseils pour utiliser cet outil à titre professionnel.
AU final, ce guide a été conçu pour être 100% pratique et concret, en indiquant également les principales erreurs et pièges que font trop souvent les nouveaux utilisateurs de Twitter, que cela soit dans le choix de pseudo ou dans la manière de gérer sa communication.
Télécharger le guide (au format PDF) sur cette page : www.conseilsmarketing.fr/e-marketing/ebook-gratuit-le-min…
http://www.les-infostrateges.com/actu/0908772/un-mini-guide-professionnel-pour-twitter
L’Allemagne accuse la Chine d’espionnage industriel
Selon un officier supérieur du renseignement, l’Allemagne est la victime d’un nombre de plus en plus grand d’opérations d’espionnage, qu’elle attribue à une volonté politique et coûte 10 milliards d’euros par an aux entreprises allemandes.
Walter Opfermann, spécialiste de la protection des données contre l’espionnage à l’office du contre-espionnage du Land de Baden-Württemberg, signale quela Chine emploie « un éventail de méthodes raffinées » pour voler des secrets industriels allemands, depuis l’agent secret ancienne manière jusqu’à la relance téléphonique, en passant de plus en plus par Internet.
Il explique des méthodes sur le point de devenir « extrêmement sophistiquées » dans la mesure où la Chine, qui a recours à un million d’agents de renseignements, est à présent capable de « saboter des pans entiers de l’infrastructure » de la puissance économique allemande. « Ceci suppose un danger non seulement pour l’Allemagne, mais pour les infrastructures dans le monde entier ».
La Russie est toujours « en haut de la liste » des États utilisant les techniques d’espionnage sur Internet pour récolter un savoir-faire allemand essentiel qui « les aide à économiser des milliards pour leur propre recherche et développement économiques ». Si la Russie dispose seulement de « centaines de milliers d’agents » comparés au million de la Chine, elle a « des années d’expérience en plus » !
Walter Opfermann estime que les entreprises allemandes perdaient quelque 50 milliards d’euros et 30.000 emplois chaque année à cause de l’espionnage industriel. « La Chine veut être la première puissance économique mondiale d’ici 2020 », prétend-il. « Elle a besoin pour ce faire d’un rapide et massif transfert de technologies de haut niveau, disponible dans les pays développés, dans la mesure où elle peut y mettre la main ».
Les secteurs les plus exposés sont l’automobile, les énergies renouvelables, la chimie, les communications, l’optique, les rayons X, les machines-outils, la recherche sur les matériaux et les armements. L’information recherchée n’est pas liée simplement à la recherche et développement, mais aussi aux techniques et aux stratégies de gestion des marchés (marketing).
Walter Opfermann indique l’augmentation la plus importante de l’espionnage sur Internet, et cite « l’épais brouillard de courriels avec des chevaux de Troie » de façon régulière contre des milliers de sociétés et les méthodes de dissimulation des e-mail. Mais les méthodes de la vieille école ont encore du succès, comme le démarchage par téléphone, le vol d’ordinateurs portables pendant les voyages d’affaires ou l’envoi régulier d’espions pour infiltrer les entreprises.
« Je ne peux pas donner de noms, mais nous avons traité plusieurs cas de citoyens chinois ayant mis leur expérience professionnelle dans des entreprises allemandes à profit pour leur subtiliser des informations sensibles ». Dans l’un des cas, la police a perquisitionné chez une femme chinoise suspecte de vol de secrets de fabrication, et découvert 170 CD-Rom contenant des informations à caractère très sensible sur des produits.
Dans une autre affaire, un ingénieur chinois qualifié en mécanique employé par une entreprise de la région du lac de Constance a été convaincu d’avoir transmis les plans d’une machine qu’elle était en train de développer à son concurrent chinois, qui en a fait la copie exacte. « Comme souvent dans ce cas, l’homme a disparu et il est retourné en Chine », raconte Walter Opfermann. « L’agresseur est tellement en avance dans ce jeu et il est difficile aussi de découvrir pour qui les espions travaillent ».
Bien que le problème soit « énorme et croissant », il n’est pas mis sur la table, « parce que les entreprises rechignent à reconnaître leurs faiblesses et perdre des clients, en ruinant des opportunités commerciales avec la Chine », explique Walter Opfermann. « C’est pourquoi nous voyons seulement la partie émergée de l’iceberg » ! Le syndicat professionnel des experts-conseil a estimé que 20% des entreprises allemandes environ, pour la plupart de petite ou de moyenne importance, ont été victimes de l’espionnage industriel.
Ces chiffres correspondent aux craintes des pays industrialisés en ce qui concerne la cybercriminalité et un renforcement correspondant des moyens pour la combattre. En Grande-Bretagne, le centre électronique de contre-espionnage du gouvernement (GCHQ) a estimé le mois dernier que le pays perd un milliard de livres sterling par an à cause de la fraude sur Internet, et se met en devoir de traiter des menaces croissantes.
Le Pentagone a de son côté annoncé la création d’un nouveau commandement cybernétique, et le Barack Obama de déclarer en mai dernier qu’il pensait à un rôle de la Maison-Blanche pour surveiller la défense du cyberespace américain, estimant que les réseaux numériques nationaux doivent être identifiés comme « le capital stratégique de la nation ».
http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article6435
Un logiciel espion installé sur les téléphones BlackBerry
Les utilisateurs de téléphones BlackBerry dans les centres d’affaires de Dubaï et d’Abou Dabi, aux Emirats arabes unis, croyant faire une mise à jour de leur appareil, ont en réalité téléchargé un logiciel espion permettant d’accéder à leurs données privées, a-t-on appris mercredi auprès du fabricant.
La société canadienne Research in Motion (RIM), qui fabrique ces téléphones, a expliqué dans un communiqué ne pas avoir autorisé l’installation du logiciel et n’être « pas impliquée, d’aucune manière, dans les essais, la promotion ou la distribution de cette application informatique ».
« Des sources indépendantes ont conclu qu’il est possible que le logiciel installé puisse (…) permettre l’accès -interdit- aux informations privées ou confidentielles stockées sur le téléphone du consommateur », reconnaît la société.
L’opérateur de téléphonie Etilasat, basé à Abou Dabi et contrôlé par le gouvernement des Emirats arabes unis, avait auparavant envoyé un message à ses clients leur demandant d’effectuer une mise à jour.
Ceux qui l’ont fait ont expliqué que le nouveau logiciel a rapidement vidé les batteries de l’appareil, conduisant Etilasat à recevoir des centaines de plaintes. Dans un communiqué diffusé en fin de semaine dernière, l’opérateur décrivait le changement de logiciel comme une « mise à jour (…) nécessaire pour l’amélioration du service ».
Le fabricant du BlackBerry a écarté cette explication, précisant qu’il « n’approuve pas cette application informatique ». Etilasat n’a pas fait de commentaire sur le sujet mercredi.
Selon RIM, le logiciel espion est un programme de surveillance développé par une société privée, SS8 Networks, basée dans la Silicon Valley en Californie, qu’il n’a pas été possible de joindre.
On ne savait pas mercredi pourquoi Etilasat a encouragé le téléchargement de cette application, ni si des données privées ont été espionnées. L’opérateur affirme avoir plus de 145.000 clients utilisateurs de BlackBerry dans les Emirats arabes unis.
http://fr.news.yahoo.com/3/20090722/twl-eau-telephone-logiciel-espion-1be00ca.html

