Archive pour la catégorie ‘Revue de presse’
En 2009, à quoi servent encore les détectives privés ?
Loire le 28.06.2009 04h00 1/2 – Un véhicule aux vitres teintées, des jumelles, un caméscope… autant de matériel utile pour les filatures et les surveillances. « Mais si on n’a pas l’œil, ça ne sert à rien » confie André Murat, un vieux routier de la profession / Yves Salvat
On reste sur le cliché du délit d’adultère mais, de nos jours, les missions des détectives se diversifient. Reportage au sein de l’agence Désormière, le plus ancien cabinet de la Loire
On ne s’attendait pas à trouver pareille mission au sein d’un cabinet de détectives. Et pourtant, « le travail se diversifie » confie André Murat, un vieux routier de la profession. « Certes, encore 50 % de nos missions sont liées à des problèmes familiaux (divorces, gardes d’enfants, problèmes de pensions alimentaires…). Mais le reste concerne le monde économique : vols de produits, concurrence déloyale, vérification de CV, d’arrêts maladies… ». Certains se spécialisent aussi dans la contre-enquête pénale (lire ci-dessous).
Le tarif est le même quelle que soit la mission : 71 euros de l’heure TTC. Après, selon le travail à effectuer, « il faut compter entre 15 et 30 heures ».
Actuellement, les deux détectives ont une dizaine d’affaires en cours. « Le travail est très irrégulier. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas faire ce métier pour l’argent. Même si on gagne correctement notre vie, ça reste mal payé comparé aux emmerdes que ça peut rapporter ».
Car le métier a encore mauvaise image. « Ca va mieux depuis 2003 et une loi qui réglemente la profession. Mais auparavant, combien j’en ai vu qui montaient leur cabinet en pensant faire du pognon, et qui ne tenaient pas six mois… ».
L’apparition d’internet facilite désormais le travail. Au point même, parfois, de ne plus avoir à faire de terrain : « J’appelle ça les enquêtes fauteuils : celles qui nécessitent juste des vérifications administratives, que l’on peut faire via l’ordinateur et le téléphone ». Mais on sent bien que ce n’est pas ce qu’il préfère.
Le secret d’un bon détective ? « Avoir l’œil. Pas besoin de matériel sophistiqué si vous n’êtes pas attentif à ce qui se passe. Si vous lâchez d’une seconde la personne que vous surveillez, c’est cuit ».
L’autre qualité indispensable, c’est la discrétion. Discrétion sur le terrain, pour ne pas se faire repérer, mais aussi discrétions sur les informations récoltées. « Mais il n’y a pas de miracle, pour être détective, il faut du sérieux et du travail, comme n’importe quel métier ».
Pour cette nuit devant la discothèque, pas de chance : l’employé n’a pas été vu. « On va vérifier de nouveau. Mais si ça se trouve, il n’a rien à se reprocher ». Les détectives feront ensuite leur rapport et la mairie sera rassurée. « C’est un luxe dans notre métier : on n’est pas payé au résultat, quel qu’il soit. Alors on se doit d’être le plus objectif possible ».
Jean-Hugues Allard
Enquêter pour les cabinets d’avocats, un marché en devenir
Jeune, jolie, titulaire d’un master en droit des entreprises, Sabrina Hamoudi est loin de l’image qu’on peut se faire des détectives privés. Une image qu’elle souhaite changer sur la forme, mais aussi sur le fond.
A 28 ans, elle vient de fonder l’Agence de recherches pour la défense des droits (ARDD). Le nom n’est pas anodin car elle souhaite privilégier « la contre-enquête pénale ». C’est-à-dire enquêter pour le compte d’avocats, afin qu’ils prouvent l’innocence de leurs clients.
Cette pratique est courante dans les pays anglo-saxons, mais peu répandue en France. Toutefois, si les juges d’instruction venaient à disparaître, comme l’a suggéré Nicolas Sarkozy, « les avocats devront trouver eux-mêmes des éléments pour défendre leurs clients », explique Sabrina Hamoudi. « C’est là que nous, les agents de recherche privés, pouvons intervenir ».
C’est pourquoi, depuis six mois, elle prospecte régulièrement auprès des cabinets d’avocats pour proposer ses services. « Sans grand succès jusqu’à présent » reconnaît-elle. « Mais ils n’ont pas encore l’habitude de ce genre de démarches ». En attendant, les affaires d’adultères ou de contre-espionnage pour le compte d’entreprises la font vivre. « Ca reste, pour l’instant, l’essentiel du métier. Mais j’espère bien que ça ne durera pas ».
Au fait, pourquoi s’être lancée dans cette profession ? « J’hésitais déjà entre avocat et détective lors de mes études de droit. Et c’est quand je préparais le concours d’avocat que j’ai réalisé que je ne voulais pas rester enfermée dans un bureau ». Un stage chez Roger-Marc Moreau, l’un des détectives français les plus en vue (il a contribué à l’acquittement d’Omar Raddad), la convaincra définitivement de son choix.
J.-H.A.
repères
Agrément préfectoral obligatoire
Ne pas avoir été condamné et détenir un certificat professionnel sont les deux conditions pour obtenir une autorisation préfectorale, obligatoire pour pouvoir exercer.
Cinq agences dans la Loire
Officiellement, la préfecture recense vingt agences de détectives. Mais la plupart ont fermé et il y en aurait, selon nos recherches, pas plus de cinq.
Trois formations reconnues
La profession a fait le ménage et elle ne reconnaît que trois formations. Plus d’infos sur le site de la chambre professionnelle des détectives : www.cnsp.org
http://www.leprogres.fr/fr/region/la-loire/loire/article/1740107,182/En-2009-a-quoi-servent-encore-les-detectives-prives.html
La sanction de l'adultère
L’article 212 du Code civil prévoit que les époux se doivent mutuellement fidélité, secours et assistance. Le devoir de fidélité n’est pas défini, mais la jurisprudence a eu l’occasion de préciser que celui-ci s’entend aussi bien de la fidélité au sens physique qu’au sens moral. Il y a par conséquent adultère non seulement en cas de relations physiques d’un conjoint avec un tiers, mais également en cas de forte intimité, même s’il n’y a pas eu de relation consommée. La jurisprudence a admis comme manquement à l’obligation de fidélité l’attitude provocante, la conduite légère ou immorale de l’épouse ou encore le comportement injurieux du mari qui sort avec d’autres femmes, sans pour autant qu’il y ait eu rapport physique avec une tierce personne, dès lors que les relations entretenues sont équivoques. Il en va de même de la recherche par petites annonces ou encore de l’utilisation de messageries instantanées sur internet.
L’adultère est concevable indépendamment de l’orientation sexuelle de l’individu qui le commet. L’infidélité physique s’entend ainsi aussi bien des relations sexuelles hétérosexuelles que des relations sexuelles homosexuelles.
Mais où est passé l'intelligence économique en France ?
Edition du 09/06/2009 – par Bertrand Lemaire
Alain Juillet a été remercié par le gouvernement mais pas remplacé. Un repositionnement du poste serait prévu.
L’intelligence économique* est un enjeu majeur de la sécurité et de la prospérité des entreprises françaises. Or celles-ci sont très peu initiées au concept même, au contraire de concurrentes, notamment en Asie ou aux Etats-Unis. Face à cette situation, la France disposait depuis 2003 et jusqu’à il y a quelques jours d’un « haut responsable chargé de l’intelligence économique », rattaché au SGDN (Secrétariat Général de la Défense Nationale, rattaché au Premier Ministre), Alain Juillet. Celui-ci fut directeur de la DGSE de 2002 à 2003 et ancien agent actif du SDECE à l’époque de Charles De Gaulle. Il avait notamment un rôle de sensibilisation des entreprises, en plus d’une coordination de l’action publique sur l’intelligence économique.
Un décret du 27 mai a mis fin aux fonctions d’Alain Juillet sans qu’aucun remplaçant ne soit nommé. Les services de Matignon, plusieurs fois interrogées par CIO, ont été incapables d’avancer la moindre information sur le sujet. Il semblerait, selon des rumeurs circulant dans le milieu de l’intelligence économique, que la position du « haut responsable chargé de l’intelligence économique » serait en cours de changement. On parle ainsi d’un rattachement possible au Ministère de l’Economie. Mais ce changement n’est pas encore décidé alors même que le poste est désormais vacant…
En entreprise, faute d’un responsable dédié, c’est souvent le DSI qui se retrouve plus ou moins chargé de l’intelligence économique, au moins sur le plan de la mise en place d’outils adéquats, avec le RSSI.
Selon Robert Gates (ancien directeur de la CIA entre 1991 et 1993 et actuel secrétaire à la Défense des Etats-Unis), cité par le site web de la Mission du haut responsable chargé de l’intelligence économique, 40 % des moyens de renseignement des Etats-Unis sont consacrés à l’intelligence économique. C’est dire l’importance stratégique de l’intelligence économique dans le monde moderne.
* L’intelligence économique est l’utilisation des informations mises à disposition légalement de l’entreprise mais aussi la protection des informations qui peuvent se retrouver diffusées plus ou moins par inadvertance ou imprudence. L’utilisation des informations vise prioritairement à servir les intérêts stratégiques, financiers ou commerciaux (détection de marchés, de besoins financiers, de faiblesses d’un concurrent…).
http://www.cio-online.com/actualites/lire-mais-ou-est-passe-l-intelligence-economique-en-france%C2%A0-2246.html
Infos du 27/05/09
La police montée 2.0
La police va pouvoir pirater les ordinateurs des voyous
L’article sur «la captation de données informatiques» autorise en effet les OPJ «commis sur commission rogatoire à mettre en place un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d’accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur». Le tout «sous le contrôle du juge d’instruction».
Concrètement, la police judiciaire pénétrera chez le suspect aidée d’un serrurier, de jour comme de nuit. Elle posera sur sa machine une clé de connexion, sorte de clé USB qui s’enfiche à l’arrière ou, mieux, à l’intérieur, sur l’un des ports disponibles. Et le mouchard renverra les données vers les ordinateurs des autorités. Rien n’empêchera désormais la police d’installer à distance des logiciels pirates, sortes de chevaux de Troie, qui la renseigneront en temps réel sur tout ce qui entre et sort d’un PC ou d’un Mac.
Ce superpouvoir, que s’arrogent les services secret, sera bien sûr accordé à la PJ uniquement dans les affaires les plus graves (terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d’armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l’entrée et séjour d’un étranger), dès lors que les faits sont commis en bande.
Car aussi surprenant que cela puisse paraître, la justice, qui peut placer des caméras et des micros partout, n’avait aucun droit d’accès aux ordinateurs, sanctuarisés par un vide juridique. Certes, elle pouvait exiger des informations auprès des fournisseurs d’accès à Internet. Mais le résultat était parfois aléatoire. Surtout, elle ne pouvait pas capter les conversations des trafiquants qui communiquent désormais via leur ordinateur grâce au protocole du logiciel Skype, entièrement crypté.
La Lopsi de MAM fixe les nouvelles règles du jeu. Le service enquêteur doit préciser l’infraction qui justifie le recours à cette technique et le lieu ou elle va intervenir. L’espionnage pourra durer quatre mois, renouvelables une fois. Le mouchard pourra être posé dans un lieu privé, un véhicule, un bureau. A l’exception des cabinets d’avocats, de notaires, d’huissiers, de médecins et des entreprises de presse. Même interdiction concernant le domicile des magistrats, avocats et parlementaires.
Le juge des libertés et de la détention veillera au respect des procédures de pose et de récupération du matériel. Car il faudra revenir le chercher aussi discrètement qu’il fut posé.
Parmi la trentaine d’articles de la Lopsi 2, que Le Figaro s’est procurée (le reste concernant des adaptions à l’Outre-mer), figure une autre petite révolution : la gendarmerie va pouvoir faire tourner ses ordinateurs pour débusquer des suspects par rapprochement de fichiers concernant «toute infraction punie d’au moins cinq ans d’emprisonnement». Ces «fichiers d’analyse sérielle» doivent faire grimper le taux d’élucidation. Il suffira qu’un individu se soit trouvé à chaque fois ou presque là où une infraction a été commise, piégé par son mobile, sa carte bleue, un témoignage recueilli en procédure. Et son compte sera bon. Les délinquants multicartes suractifs sont dans le collimateur.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/05/24/01016-20090524ARTFIG00098-la-police-va-pouvoir-pirater-les-ordinateurs-des-voyous-.php
Ouverture du site Internet du Service de coordination à l’intelligence économique

L’économie de la connaissance : ce n’est pas seulement le slogan du programme ambitieux dont les États membres de l’Union se sont dotés dans le cadre de la « Stratégie de Lisbonne », programme visant à faire de l’Union européenne l’économie la plus compétitive et la plus dynamique d’ici… 2010, c’est-à-dire demain, ce n’est pas non plus une utopie, c’est bel et bien une réalité à laquelle les entreprises du XXIe siècle sont confrontées.
La compétition économique ne se gagne plus, du moins dans le monde industrialisé, par le coût marginal ; elle se remporte par l’innovation et par la qualité du service. Alors que la concurrence des pays émergents est à la fois une chance et une menace, baissant le prix des intrants, faisant apparaître de nouveaux marchés et, à l’inverse, bouleversant les positions acquises, la différence se fait par sa capacité à renouveler, à diversifier et à adapter son offre.
Ce savoir est détenu par les ingénieurs, les chercheurs, les commerciaux, les créatifs… les hommes et les femmes qui conçoivent ce qui permet de gagner et de conserver une longueur d’avance sur les concurrents. L’inventivité, l’expérience, la réactivité… autant de qualités dont la combinaison est une clé du succès.
Toute initiative doit être validée, testée sur le marché, en fonction des contraintes techniques. Les informations de terrain comme celles recueillies auprès de sources spécialisées doivent être réunies, recoupées, confirmées ou, à l’inverse remises en cause ; une fois la décision prise, il faut aller vite, ne pas se faire surprendre par ses concurrents. Il faut savoir trouver la bonne information, la partager avec ceux qui en ont besoin et la protéger de ses prédateurs.
L’intelligence économique, c’est cela : connaître son environnement concurrentiel, comprendre ce qui s’y passe ou risque de s’y passer et, sur cette base, décider, en prenant garde de ne pas se dévoiler, trop ou trop vite.
Rattaché aux ministres de l’Économie et du Budget, le Service de coordination à l’intelligence économique (SCIE) présente sur son site, qui sera amené à être complété, des conseils pratiques pour les acteurs, entreprises, collectivités publiques et privées, qui veulent mettre en place une démarche d’intelligence économique, et renvoie vers les partenaires avec lesquels il a conclu des accords visant à inscrire concrètement cette démarche dans l’action.
L’intelligence économique n’est pas réservée à des experts ; elle est nécessaire dès lors que l’on est sur un marché concurrentiel et peut se pratiquer avec bon sens, organisation et des moyens accessibles. Dans cadre, le SCIE présente une sélection indicative d’outils gratuits de recherche et de veille sur le web.
L’intelligence économique est largement pratiquée, même si cela peut être sous d’autres appellations. À titre d’illustration, et pour comprendre ce que d’autres grands pays font pour protéger leur patrimoine industriel stratégique, le SCIE présente un tableau des régimes applicables aux investisseurs étrangers dans 9 grands pays.
=> www.ie.bercy.gouv.fr
La France au cinquième rang mondial du piratage de logiciels
Pour sa sixième édition, l’étude internationale « IDC-BSA » sur le piratage de logiciels place encore la France parmi les plus mauvais élèves de la classe. Pourtant, ce ne sont pas les dispositifs répressifs qui manquent.
Le piratage numérique serait-il un sport national français ? Tout comme la musique et les films, les logiciels informatiques sont victimes du téléchargement illégal et des copies illicites, déplore la BSA (Bureau Software Alliance), qui tire opportunément le signal en plein examen parlementaire de la loi Hadopi. Selon la sixième étude annuelle réalisée par le cabinet d’études américain IDC pour le compte de l’association internationale de lutte contre le piratage de logiciels, le « manque à gagner » pour les éditeurs de logiciels a encore dépassé les 2 milliards d’euros en 2008 dans l’Hexagone. Et ce alors même que le taux de piratage de logiciels sur les micro-ordinateurs serait en léger recul dans notre pays, passant de 42 % à 41 % d’une année à l’autre. La perte financière pour les éditeurs a ainsi augmenté (effet de change compris) de 6 % par rapport à 2007.
Organisation internationale comptant 80 employés dans le monde, la BSA regroupe une quarantaine de membres dont la plupart sont des poids lourds du secteur, comme Microsoft, SAP, Symantec, Computer Associates (CA), IBM ou encore HP. Mais malgré ses moyens financiers, elle peine à endiguer le piratage de logiciels. Domaine dans lequel les Français ne sont donc pas en reste…
« C’est culturel »
Pourtant dotée d’un arsenal législatif anticontrefaçon parmi les plus sévères du monde (voir ci-dessous), la France est para- doxalement plus encline à pirater. « C’est culturel. Les Français essaient souvent de contourner les règles », avance, comme l’une des explications, Natacha Jollet-David, porte-parole pour la France de l’organisation international et, par ailleurs, responsable antipiratage chez l’éditeur de logiciels Adobe (également membre).
Certes, avec un peu moins d’un logiciel sur deux piraté, le pays des droits d’auteur demeure loin des bons élèves (20 % seulement aux Etats-Unis, 21 % au Japon ou encore 27 % en Allemagne). Mais les Français restent des enfants de coeur par rapport aux grands contrefacteurs que sont les Géorgiens (95 %), les Bangladais (91 %) et bien sûr les Chinois (80 %). Résultat, malgré une amélioration notable ces dernières années, l’Hexagone se place encore en cinquième position mondiale des pays où le manque à gagner est le plus élevé – en l’occurrence derrière les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde. En 2008, les éditeurs de logiciels estiment avoir perdu un montant global de 53 milliards de dollars (+ 11 % sur un an) et la France pèse 5,2 % de ce manque à gagner total.
Fléau moins menaçant
Cependant, à force de sensibilisation et d’actions de la BSA auprès des entreprises, le fléau se ferait un peu moins menaçant. « Au niveau mondial, plus de la moitié des 110 pays étudiés ont vu leur taux de piratage chuter et seulement 15 % d’entre eux ont constaté une augmentation », précise la BSA, qui met en garde les entreprises tentées de resquiller en 2009 sous prétexte d’incertitude économique et de marché instable. Mais Natacha Jollet-David de constater : « Le taux de piratage de logiciels a baissé de 6 points en France depuis 2005. » Gagner dix points de plus permettrait de créer près de 15.000 emplois et contribuerait pour près de 9 milliards d’euros à l’économie française, plaide la porte-parole de la BSA.
C. DE L., Les Echos
http://www.lesechos.fr/info/hightec/4863040-la-france-au-cinquieme-rang-mondial-du-piratage-de-logiciels.htm
L'avenir de l'intelligence économique après le départ d'Alain Juillet
Le départ d’Alain Juillet marque la fin d’une étape dans le processus de développement de l’intelligence économique en France. Le repositionnement de cette fonction au Ministère de l’Economie a été évoqué et semble une idée logique étant donné la place déterminante qu’occupe ce ministère dans l’administration du pays.
Mais la nomination d’un inspecteur général des Finances à ce poste est une démarche difficile car il reste à trouver la personne bien câblée au sein d’une corporation qui n’a pas la réputation de s’être remise en question sur la manière de penser la stratégie de puissance de la France. Alain Juillet fut le premier à le constater en rencontrant les représentants de la haute administration des Finances au début de son mandat. Ces derniers lui rappelèrent leur façon de penser en indiquant qu’il n’y avait pas plus de deux ou trois gros dossiers par an à traiter en matière d’intérêt national. Cette sentence était sans appel. Elle signifiait que la marge de manœuvre du nouvel HRIE allait être très étroite entre les sherpas de l’Elysée et les directeurs de cabinet des grands ministères qui se firent très vite représentés par des seconds couteaux dans les réunions interministérielles où étaient évoqués les dossiers à consonance intelligence économique.
Dans le passé, la tentative d’installer le pilotage de l’intelligence économique à Bercy donna lieu à deux précédents. Le recentrage de l’intelligence économique à Bercy avait déjà été tenté en 1995 quand Jean Arthuis dirigeait ce ministère dans le gouvernement Juppé. Cette première tentative fut en fait une régression puisqu’elle se substituait à la création du Comité pour la Sécurité et la Compétitivité économique, structure présidée par Edouard Balladur quand il était à Matignon. Lorsque Nicolas Sarkozy devint ministre de l’économie et des finances en 2004, il signa une lettre de mission pour le moins originale en nommant auprès de lui François Asselineau, membre du corps de l’Inspection générale des finances comme responsable de l’intelligence économique.
Pour la première fois apparaissait l’embryon d’une vision stratégique sur l’approche géoéconomique du monde et la prise en compte des stratégies d’accroissement de puissance des pays concurrents. Les directives fixées dans cette lettre ne furent jamais appliquée dans les faits. Le changement d’attribution ministérielle de Nicolas Sarkozy aboutit à la marginalisation de François Asselineau qui, dépité, quitta son poste sans avoir pu passer à l’action. « Jamais deux sans trois ? » dit le proverbe ? Telle est la question. Malgré les bouleversements générés par la crise du système capitaliste anglo-saxon et les nouvelles tensions géoéconomiques avec les puissances montantes comme la Chine, la Russie et l’Inde, la perception des rapports de force reste encore très traditionnelle dans la haute administration française. Cette dernière doute encore de la pertinence, voire de la légitimité du passage à un véritable processus de management de l’information pour conduire la politique économique de la France dans un monde de plus en plus incertain et conflictuel. Autrement dit, à moins d’un miracle, il n’y pas grand-chose à attendre d’un repositionnement de l’IE à Bercy.
Le bilan d’Alain Juillet résume bien les contradictions du système. L’Etat a initié une sensibilisation à l’IE à des niveaux de décision intermédiaires de plusieurs ministères. La sécurité économique est aujourd’hui prise en compte de manière pertinente par le Ministère de l’Intérieur. Des ministères techniques comme l’agriculture ont intégré l’intelligence économique au suivi de dossiers sensibles. Certains groupes de travail initiés par Alain Juillet ont abordé des problématiques nouvelles dans le domaine des sources ouvertes comme la manipulation et l’influence. L’intelligence territoriale est en cours de développement à travers la démarche expérimentale des pôles de compétitivité.
Quand on fait le compte, la petite cellule d’Alain Juillet n’a pas démérité. Mais il n’en demeure pas moins vrai que des dossiers majeurs sont restés en suspens. Le premier est celui de la formation et des réformes à entreprendre dans notre système éducatif. Le constat est simple à faire : les étudiants ont une carence majeure en termes de culture générale à l’égard de l’information et de son usage dans le développement des entreprises et des territoires. Cela s’explique notamment par la faillite du programme ES des lycées qui est totalement obsolète par rapport aux réalités du monde actuel. Il est incompréhensible qu’un appareil d’Etat soit incapable d’impulser la refonte fondamentale d’un tel programme qui impacte les élèves des classes de seconde, et la filière ES de première et de terminal.
Ces déficiences endémiques se répercutent depuis des années aux différents niveaux des cycles de formation universitaires. Il n’est pas normal que la grande majorité des étudiants en Bac +5 ou 6 ignorent ce qu’est l’Institut national de la Propriété Industrielle, à quoi sert l’ANVAR, ou comment différencier l’offre publique et privée d’informations à un niveau local, national ou international. Ces lacunes pédagogiques handicapent les jeunes diplômés dans leur approche opérationnelle de la compétition mondiale.
Il existe aussi une autre dimension du bilan d’Alain Juillet qui mérite d’être explorée, le rôle de l’Etat dans la politique publique d’intelligence économique. Alain Juillet a toujours présenté l’Etat en tant qu’accompagnateur des entreprises afin qu’elles abordent la compétition « à armes égales » avec leurs concurrents étrangers. Les enjeux stratégiques sur l’énergie, les matières premières, l’eau et l’environnement sans oublier les plans de sauvetage étatique des banques et de secteurs industriels démontrent que l’Etat a aussi une mission de régulation et stratège que les entreprises et les milieux financiers se sont révélées incapables de remplir dans un but de sauvegarde de l’intérêt collectif. Et c’est là justement que se situe aujourd’hui l’apport déterminant de l’intelligence économique.
La finalité d’une entreprise n’est pas la même que la survie d’une population sur un territoire. L’historien Fernand Braudel nous l’a expliqué dans ses écrits. Il est temps de transposer cette vision de bon sens dans notre pratique quotidienne du développement. Un chef d’entreprise se doit de faire du profit. Un pouvoir politique est élu pour aider un peuple à exister. C’est la grande différence mise en exergue par la crise actuelle. L’intelligence économique est à ce titre un instrument de pilotage essentiel des ressources informationnelles d’un pays. C’est aussi le cas pour le management de l’information appliqué à la conquête des marchés par les entreprises. Cantonner l’IE à des opérations limitées sur des marchés stratégiques est déjà un acquis appréciable mais qui reste insuffisant pour affronter les épreuves à venir. Dans ce dossier, une voix ne s’est pas encore faîte entendre, celle du député Bernard Carayon, qui, ne l’oublions pas, a rédigé deux rapports essentiels sur la question à la demande des deux premiers ministres sous la Présidence de Jacques Chirac.
Christian Harbulot
Cybermenaces, entreprises et internautes

Myriam Quéméner, Éditions Economica, Préface de Didier Duval, Avant-propos de Francis Delon
Les cyberattaques sont désormais l’un des enjeux majeurs de notre société en visant les technologies de l’information et de la communication (TIC) numériques. Elles nous interpellent tous sur la vulnérabilité de nos sociétés face au réseau mondial qu’est l’Internet et pose la question cruciale de la sécurité du monde actuel.
Ces menaces sont universelles et ciblent aussi bien les États, les entreprises et les internautes, sous des formes très variées comme, par exemple, le cyberterrorisme ou la contrefaçon en ligne.
Ce livre n’est pas un réquisitoire contre Internet, mais bien au contraire un guide de sensibilisation pour mieux alerter les entreprises et les internautes des dangers des réseaux numériques. Quelle responsabilité pour les acteurs de l’Internet ? Quelle est la réglementation en matière de cybersurveillance du salarié ? Myriam Quéméner répond à ces questions et présente une typologie des délinquants de la toile, leur façon de nuire ainsi que l’ensemble des cybermenaces actuelles et les réponses juridiques appropriées. Elle fournit également des pistes de réflexion par une mise en perspective de problématiques sous le double regard de l’anticipation stratégique et de l’intelligence économique dans une optique globale de sécurité.
Juriste, diplômée de l’École supérieure des sciences commerciales d’Angers (ESSCA), Myriam QUÉMÉNER est magistrat au parquet général de la Cour d’appel de Versailles après avoir été sous- directrice à la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice. Auteur d’articles sur la cybercriminalité, elle participe en tant qu’expert à des formations et séminaires relatifs à cette délinquance planétaire.
http://www.spyworld-actu.com/spip.php?breve68






