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Archive pour la catégorie ‘Revue de presse’

EXCLUSIF ! L’espion de l’affaire EDF parle

Posté par Arnaud Pelletier le 29 avril 2009

Philippe Lobjois

EXCLUSIF ! L’espion de l’affaire EDF parle

Thierry Lorho, 44 ans, ancien agent de la DGSE, est au cœur de la tourmente. C’est lui, le patron de la société Kargus, dont tout le monde parle dans le petit milieu de la sécurité. EDF a utilisé Kargus Consultants pour pirater l’ordinateur de Yannick Jadot, ancien responsable des opérations de Greenpeace France. Le juge d’instruction Thomas Cassuto, au tribunal de Nanterre, a mis en examen Pierre François, ingénieur protection de site d’EDF, ainsi que T. Lorho et l’informaticien qui a pénétré le réseau de Greenpeace. Aujourd’hui, en exclusivité pour lerenseignement.com, Thierry Lorho se justifie : oui, il assume la pénétration illégale, « sur ordre d’EDF ». Et il aimerait que son donneur d’ordre reconnaisse ses responsabilités. « Droit dans ses bottes », Thierry Lorho ne regrette rien : pour lui, Greenpeace est une organisation dangereuse, qui menace les intérêts nationaux.

« J’assume complètement la mise sous surveillance de l’ordinateur du responsable de Greenpeace Yannick Jadot, mais je n’assumerai pas le reste et j’aimerais bien que EDF, qui a commandité l’opération, prenne aussi ses responsabilités. »

Thierry Lorho ne mâche pas ses mots. Sa mise en examen par le juge d’instruction Thomas Cassuto a encore du mal à passer.

Toute l’histoire remonte à 2006, quand EDF, soucieuse de sa sécurité, décide de renforcer ses défenses face à l’ennemi de toujours : Greenpeace. Car quand on est un gros industriel, que l’on gère des centrales nucléaires sur le territoire national, et que l’on est en passe de devenir l’un des géants européens de l’énergie, on ne plaisante pas avec la sécurité.

« Là ou le gouvernement devrait accompagner et protéger ce type d’entreprises, il ne fait rien, continue Thierry Lorho. Aussi les groupes industriels se défendent comme ils le peuvent et se tournent vers le privé. »

Sauf que, en France, l’intelligence économique est mal perçue et souvent assimilée à des barbouzeries d’officines. Pour le consultant en sécurité, le grand public ne se rend pas compte que c’est une véritable guerre souterraine qui se joue à présent entre groupes industriels.

« L’Intelligence économique, c’est vieux comme le monde. Autrefois, on appelait ça espionnage industriel. Je mets au défi quiconque de me citer un seul grand groupe qui ne l’ait pas pratiquée une fois ! »

Et d’envier les pratiques anglo-saxonnes : « Outre-manche, les services de l’État épaulent les entreprises du Royaume sans état d’âme. Eux n’ont pas cet angélisme hypocrite, cette prudence de sainte nitouche que l’on retrouve en France ! »

Et d’évoquer les cas célèbres de guerres industrielles qui opposèrent Airbus et Boeing : « À l’époque se souvient Lorho, la NSA avait été mise à contribution pour écouter les conversations des négociateurs d’Airbus. Et pourquoi s’en priveraient-ils s’ils détiennent les outils ? »

À la question soulevée de savoir si Kargus a espionné Greenpeace en Angleterre, Thierry Lorho répond :

« Nous n’avons pas infiltré Greenpeace Angleterre comme l’on dit ces derniers jours, mais nous voulions savoir comment fonctionne l’organisation. Effectuer une cartographie de Greenpeace et anticiper leurs actions illégales à l’encontre de EDF… »

Thierry Lorho justifie le bien-fondé de son travail pour EDF : « Il y a quelques années, Greenpeace France a été approchée par des militants écologistes algériens, en fait des islamistes durs qui voulaient tout savoir des centrales nucléaires françaisesDémasqués à temps, ces derniers ont été écartés rapidement du territoire français. »

Qu’en aurait-il été s’ils avaient réussi leur coup ?

« Dans le cas dont on parle aujourd’hui, lors de notre enquête, la vraie question pour nous était de savoir qui finance Greenpeace explique Thierry Lorho. Comment savoir qui se cache réellement dans les rangs d’une organisation comme Greenpeace, qui sont les généreux donateurs de l’organisation ? Lorsqu’une organisation humanitaire ou écologiste reçoit des millions d’euros d’une association ou d’une société, elle ne peut plus rien refuser à son généreux donateur, mais si ce donateur se révèle être un pays ou un service secret adverse, l’organisation est pieds et poings liés ! »

La méfiance des consultants en sécurité touche aussi les militants de Greenpeace : « Greenpeace est le type même de l’organisation européenne tentaculaire qui pratique des actions para militaires de type commando. Or la France n’y fait pas attention, et c’est une erreur. Lors de la mise en place d’un convoi de plutonium, on laisse approcher plus facilement des écologistes que des hommes avec des cagoules sur la tête », assène-t-il, et d’ajouter :

« Lorsque les militants débarquent en France pour une action « illégale », ils viennent de toute l’Europe. Hollandais, Anglais, Italiens, Allemands. Et ils ne sont pas tous très pacifiques ! »

Et de rappeler que l’éco-terrorisme est une réalité outre-Manche.

Lorho se défend d’avoir « dérapé » ou outrepassé les ordres : il est resté dans le cadre de sa mission définie par ses donneurs d’ordre, aujourd’hui aux abonnés absents : « EDF aurait dû communiquer sur l’affaire en reconnaissant que oui, c’était illégal de pénétrer l’ordinateur de Yannick Jadot mais que déstabiliser le plus gros groupe européen d’énergie et commettre des actions sur les centrales nucléaires l’était encore plus ! Mais en France, on en est resté au temps du Rainbow Warrior, et on préfère s’auto- flageller… »

Et de conclure : « Personnellement, je n’ai pas à rougir de l’action entreprise contre Greenpeace. Je l’ai fait pour défendre un grand groupe industriel français. Peut-être que cette histoire accélérera la prise de conscience du gouvernement sur ce sujet. Oui, les entreprises françaises ont besoin de se défendre alors que les gouvernements les délaissent, et oui, une vraie politique sur la sécurité du patrimoine industriel devra être pensée ! Que Greenpeace continue de s’occuper des baleines, c’est ce qu’ils font de mieux, mais qu’ils s’éloignent des centrales nucléaires françaises !

Il n’est pas certain que les instances dirigeantes d’EDF apprécient ce soutien sans état d’âme, mais une chose est sûre : le message de leur ex-consultant a le mérite de la clarté.

Philippe Lobjois

Reporter de guerre, Philippe Lobjois est spécialisé dans le journalisme d’investigation. Son dernier ouvrage, Mercenaire de la République, 15 ans de guerres secrètes, co-écrit avec Franck Hugo, paraîtra le 15 mai chez Nouveau Monde éditions.

Publié le 28/04/2009

http://www.lerenseignement.com/00_koama/visu_espionnage/index.asp?sid=339&cid=13312&cvid=20400&lid=1


Infos du 15/04/09

Posté par Arnaud Pelletier le 15 avril 2009
Actu France

Plaques d’immatriculation : un nouveau système pour soixante-dix ans

Documents administratifs et fichiers : quel droit d’accès ? :
La consultation des brevets de l’INPI désormais libre sur Internet :
Vous filmez des violences, vous risquez la prison :
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Cyber-renseignement, vers une agence nationale ? :
Actu Etranger
Vie privée et protection des données : la Commission européenne ouvre une procédure contre le Royaume Uni
Belgique
Hissel : procédure pour violation du secret professionnel
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Suisse
Le jury peut-il survivre à la réforme du code de procédure pénale ?
http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=442147
Thales met sa zone à Mexico :
Espions en culottes courtes :
Une étude menée par des chercheurs de cinq pays conclut que l‘anonymat est peu protégé :
http://www.privcom.gc.ca/media/nr-c/2009/ma_am/ma_090406_f.asp
+ le livre, en CC : http://www.idtrail.org/content/view/799
Suspecté à tort d’avoir partagé 4500 fichiers pédophiles avec son adresse IP :
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mardi 07.04.2009, 04:53 – La Voix du Nord

|  TROMPERIE |

Un agent de la mairie de Cambrai a été jugé, hier, pour s’être fait passer pour un faux détective entre 2007 et 2008. Il avait été démasqué, à Lille, par de vrais « privés ».

La scène se joue le 13 février 2008 autour d’une table de restaurant, face à la gare Lille-Flandres. Un détective a rendez-vous avec sa cliente pour évoquer une affaire d’adultère. L’homme, qui se dit ancien policier, demande un acompte de 300 E en liquide et autant à la fin de l’investigation. Mais il fournit de faux documents qu’il a fabriqués en utilisant le nom d’un vrai cabinet lillois, Abaci. Le « privé » qui se présente à la dame est, en réalité, agent administratif à Cambrai. Il ignore, par contre, que sa cliente n’en est pas une, non plus : c’est une vraie détective qui, avec un collègue, Lorenzo Dieguez, le patron d’Abaci, piste l’imposteur depuis plusieurs semaines. Les masques tombent, le suspect est interpellé et remis aux enquêteurs des délégations judiciaires de la Sûreté de Lille.

Influencé par un reportage à la TV

L’homme, âgé de 35 ans et qui répondait au mail d’« enigma59 », a été jugé, hier, en audience de reconnaissance préalable de culpabilité au tribunal de Cambrai. Poursuivi pour escroquerie et usage d’un titre attaché à une profession réglementée, il a été condamné à deux mois de prison avec sursis et 1 500 E de dommages et intérêts à verser à la victime, le cabinet lillois Abaci. L’avocat de ce dernier, Me Vincent Platel, souligne aussi le préjudice des clients : « Il a reconnu avoir travaillé pour deux personnes en tout entre juin 2007 et février 2008 grâce à des annonces sur des sites internet. Il aurait suivi un mari pour son épouse et lui aurait remis des photos contre de l’argent. Mais il n’a pas le diplôme ni l’agrément préfectoral ni l’inscription au registre du commerce, obligatoires pour un détective. Donc les rapports qu’il rédige ou les documents qu’il rend n’ont aucune valeur légale. Et les clients espèrent parfois les présenter en justice… » Le prévenu n’était pas attiré par l’argent : « Il explique avoir été influencé par un reportage à la télévision sur le métier de détective. Il a voulu « essayer », mais sans suivre la formation. Et finalement, il s’est dit ‘impressionné’ par les suites judiciaires. Lorsqu’un futur client consulte une annonce, il doit d’abord vérifier qu’elle paraît dans des pages professionnelles et qu’elle contient un agrément et une immatriculation. » • A. D.

Le principal théâtre d’opérations de la guerre économique, c’est « l’esprit des clientèles ». En effet, c’est dans « la tête » des clients et des prospects – qu’ils soient PDG d’une flotte aérienne ou consommateurs de yaourts – que s’affrontent les offres. Le véritable « lieu de rencontre de l’offre et de la demande » n’est donc pas le marché – notion théorique – mais la pensée des acheteurs, utilisateurs ou prescripteurs des produits, des marques et des services.

C’est dans cet univers psychologique que sont confrontées, non les offres elles-mêmes, mais leurs images. C’est-à-dire les perceptions que les personnes concernées en ont.

C’est un univers immatériel mais tout à fait réel. Comme le prévoyait Bernard Esambert en 1991 : « Le vrai combat de l’avenir sera basé sur l’imaginaire, l’impalpable, qui consolide la vie économique des nations ». Par la conquête des préférences, c’est dans cet univers psychologique que se décident, pour la plus grande part, la conquête des points de marché. De considérables manœuvres s’y déroulent (les positionnements) et une foule d’images de produits, de marques ou de services s’opposent, se détruisent, se retranchent ou se déplacent dans « la tête des clients » via leurs promotions par les messages et les médias (moyens et voies de communication).

L’importance stratégique et opérationnelle du renseignement sur « ce que pensent les clients » doit conduire l’intelligence économique à intégrer l’intelligence marketing dans son champ de réflexion et d’action. Encore faut-il que cette intelligence du client conduise réellement à « posséder la bonne information qui, au bon moment, permettra de saisir une chance ou d’écarter une menace ».

Or, aujourd’hui, peut-on concevoir du renseignement sur un théâtre d’opération, qui ne soit pas quantifié ? Peut-on faire abstraction des coordonnées, de l’importance et de la composition des forces en présence : les offres et leurs valeurs perçues ?

Depuis les années 30, le renseignement quantifié sur les clients d’un marché se résumait à des pourcentages de comportements ou de déclarations plus ou moins croisés avec des données socio-économiques ; jamais il n’évaluait réellement les jugements que les personnes portent sur un produit, un service ou une marque. Pourtant, c’est bien sur leurs images que la plupart des moyens marketing veulent et peuvent agir. Par le choix de la composition des offres, de leurs manœuvres de positionnements et par les campagnes de communication.

Depuis les années 30, la compréhension de « ce que les gens pensent » était confiée aux études dites « de motivations ». Devenues « études qualitatives », elles aboutissent aujourd’hui à de simples synthèses de ce que les participants ont déclaré.

Il manquait un modèle capable de reproduire la manière dont les personnes établissent leurs préférences vis-à-vis des offres perçues sur un marché donné. Un modèle capable d’en identifier les facteurs et de les évaluer. Un modèle capable de mesurer les différents composants des offres en conflit et les valeurs que les clients et prospects leur attribuent.

Née dans les années 80 et aujourd’hui mise à la disposition des dirigeants, l’Intelligence marketing avancée répond à cette exigence. Par ses capacités à expliquer, évaluer, surveiller et prévoir, elle entend même constituer un progrès incontournable dans le pilotage des performances des opérations menées pour conquérir les préférences des acheteurs, des utilisateurs, des prescripteurs et de leurs leaders d’opinion.

Yves H. Philoleau

Renforcement des moyens de lutte contre la cybercriminalité

Posté par Arnaud Pelletier le 27 mars 2009

A l’occasion du 3ème forum international de Lille consacré à la cybercriminalité, le 24 mars 2009, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, a annoncé le renforcement des moyens de lutte contre la cybercriminalité.

Elle a indiqué que différentes mesures ont été inscrites dans le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure 2 (Loppsi 2). Ces mesures prévoient le renforcement de la sanction en cas d’usurpation d’identité sur internet, le blocage des contenus à caractère pédopornographique par les fournisseurs d’accès à internet et la possibilité de captation de données numériques à distance, qui devrait permettre aux enquêteurs, par exemple, de saisir en temps réel des données au moment où elles s’affichent sur l’écran d’un pédophile ou d’un terroriste.

Par ailleurs, la ministre a également affiché la volonté du Gouvernement d’accroitre la coopération internationale, par l’adoption par le Conseil des ministres de l’Union européenne de la création d’une plateforme européenne de signalement des infractions relevées sur Internet, mais aussi par la poursuite de la coopération bilatérale, notamment avec les Etats-Unis ou la Russie.

Elle a également indiqué qu’un conseil de sécurité économique a été mis en place au sein du ministère de l’Intérieur en vue de mieux travailler ensemble à l’identification des menaces. En son sein, un groupe dédié à l’insécurité économique a la charge de faire avancer la réflexion dans ce domaine.

En outre, un Conseil national du numérique, chargé de la concertation avec les acteurs du secteur, sera créé dans le cadre du plan France numérique 2012.

En ce qui concerne la question spécifique de la protection des entreprises face à l’ingérence et l’espionnage industriel, Michèle Alliot-Marie a annoncé l’élaboration par chaque préfet de région d’un plan triennal d’intelligence économique, en lien avec les services concernés, notamment la DCRI, la soumission des entreprises du secteur de l’intelligence économique et de leurs dirigeants à une procédure d’agrément, via l’avis d’une commission consultative nationale, qui associera les professionnels et pour réduire le risque de trafics d’influence, un délai de trois ans avant que les fonctionnaires civils et militaires ayant exercé dans un service de renseignements puissent exercer des activités privées est instauré.

http://www.juridiconline.com/index.php?option=com_content&task=view&id=12457&Itemid=10

Détective privé, un métier à suivre …

Posté par Arnaud Pelletier le 9 mars 2009

Enquête. Rencontre avec un limier alors que se tiennent les états généraux de la profession.

DIDIER ARNAUD

Pas de bouteille de whisky dans son bureau. Pas d’imperméable gris sur la patère. L’entrée de son bureau, à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) est difficile à trouver. «Discrète», dit le détective Arnaud Pelletier, qui a monté l’agence Leprivé. Ils sont 1 500 comme lui en France. Aujourd’hui se tiennent à Paris les états généraux de la profession des «agents de recherche privée» (ARP).

Talkie-walkie. Les clients qui appellent Arnaud Pelletier ne laissent pas de messages. L’intimité va mal au répondeur. Le détective porte cravate sur chemise bleue. Autrement, le vêtement est plus ordinaire. Ses outils ? Ordinateur, voiture – «la plus passe-partout possible» – et appareil photo, dictaphone et le talkie-walkie «quand on est en double sur une affaire».

Le détective aime bien parler, mais juste ce qu’il faut. «Mes clients me demandent comment je fais. Le magicien, il ne dit pas comment il effectue ses tours.» Les femmes sont «plus efficaces» pour les enquêtes de voisinage, même si elles sont encore minoritaires dans la profession (80 % d’hommes). Mais, prévient Arnaud Pelletier, détective, c’est «un vrai métier avec des horaires compliqués». Ce qu’il ne fait pas ? «Tout ce qui porte atteinte à la vie privée.» Dans son bureau, un type ouvre une valise de billets, montre une photo en lui disant : «Je voudrais que cet homme disparaisse.» Un mari jaloux veut connaître la position de sa femme par géolocalisation. Un politique veut savoir des choses sur un concurrent. C’est non.

Ce matin-là, le détective répond à un de ses enquêteurs – ils sont une cinquantaine, rémunérés à la mission. «A quelle heure il est parti ce matin ? Il n’a pas bougé depuis ? Le véhicule est toujours garé devant. Est-ce qu’il a pu changer de voiture ? On reste en place jusqu’à 14 heures, et on fera un point après.» Dans la catégorie «professionnelle» – un tiers de son activité -, l’agence a traité le cas d’un entrepreneur dont l’ex-commercial ne respectait pas la clause de non-concurrence. Pour celui-là, l’affaire s’est terminée au tribunal. Au moment de la crise de la vache folle, l’agence a organisé des «trainings» de gestion de crise pour les responsables : comment mettre en place un numéro vert, s’exprimer sur un plateau télé. Depuis le krach boursier, une société leur a demandé de vérifier l’état de ses actifs financiers dans la banque, évaluer leur progression, réaliser un rapport journalier. L’agence dispose dans ces deux cas d’un vivier de «spécialistes». Elle effectue également des «enquêtes préembauche». Elles consistent essentiellement à contrôler la véracité des CV. Les enquêteurs sont tombés sur un type qui avait tout inventé, ses diplômes, et son identité.

Adultère. Récemment, une boîte de transport a appelé pour un camion volé avec un chargement de matériel technologique. Les enquêteurs ont retrouvé sa trace en réactivant des puces GPS, et une fois sur zone – une cité de la banlieue parisienne – ont planqué en attendant que les voleurs viennent se servir. La BAC (brigade anticriminalité), prévenue, a effectué l’interpellation.

Le second tiers de l’activité du détective concerne les particuliers (recherche de personnes, problèmes familiaux, solvabilité, adultère). Arnaud Pelletier : «La meilleure façon de savoir ce que fait quelqu’un, c’est encore de le suivre.» La filature, c’est de l’attente : «Pour avoir vingt secondes, il faut attendre huit heures.» Ce sont des parents qui s’inquiètent du changement de comportement de leur adolescent. «Il devenait agressif, ses parents se demandaient s’il n’avait pas de mauvaises fréquentations, s’il ne se droguait pas.» Ils découvrent que leur enfant se rend le soir dans un terrain vague et s’aperçoivent, grâce à une «infiltration» du détective, qu’il participe à des soirées sataniques où on sacrifie des poulets. Les parents préviennent la police. Il n’y aura pas de suite judiciaire. «Souvent, cela s’arrange», raconte Arnaud Pelletier.

L’adultère fait aussi bouillir la marmite du cabinet. «On suit la dame. Au lieu d’aller déjeuner avec une bonne amie, elle était à 60 kilomètres de là, au restaurant, avec un homme. Ils s’embrassaient généreusement.» Le détective constate qu’ils prennent une chambre à l’hôtel voisin. Tout sera soigneusement consigné dans le rapport, heure par heure, photos à l’appui. Cela pourra servir aux avocats.

Psychologie. Il n’y a pas deux histoires identiques. Souvent, le détective explique qu’il doit arrêter une enquête qui ne donne rien. Ainsi, cette vieille dame était persuadée que quelqu’un entrait chez elle pour la voler. Pure affabulation. Arnaud Pelletier confie faire preuve d’une certaine psychologie dans des affaires de garde d’enfants, avec soupçons de maltraitance. «Toute la difficulté est d’identifier ce qui est vrai.»

Au plan national, le marché est réparti entre 40 % d’affaires familiales et 60 % d’industrielles. Mais le dernier tiers de l’activité d’Arnaud Pelletier concerne l’intelligence économique. Le spectre est large : du client mystère, à l’analyse de ce que fait la concurrence, en passant par l’élaboration d’une stratégie pour s’implanter sur un marché étranger. Il y a aussi la protection et l’information. «Les PME sont négligentes sur leur information stratégique.» Il cite cette société qui venait de licencier un employé et s’inquiétait de ce que son concurrent lui pique ses clients. Après enquête, ils se sont aperçus que le type en préavis «vidait» le fichier client, pour l’entreprise concurrente qui allait l’embaucher à l’issue de son préavis.

Les tarifs varient entre 80 et 130 euros de l’heure, selon l’ancienneté du cabinet, le réseau et le positionnement commercial. Il faut compter entre trente et quarante heures de travail pour une enquête standard. «Il y a de moins en moins de margoulins dans le métier», assure Arnaud Pelletier. Il explique aussi que les enquêteurs se font rarement identifier pendant leur travail. Si, des fois, ça arrive: «On décroche si on voit que le gars nous a vus. Nous ne sommes pas des mercenaires, ni des fous furieux. Plutôt persévérants et discrets.»

http://www.liberation.fr/societe/0101513938-detective-prive-un-metier-a-suivre

Le nouveau visage des détectives privés

Posté par Arnaud Pelletier le 5 mars 2009
Par Christophe Cornevin

Les privés d’aujourd’hui ont troqué le vieil imper pour une nouvelle panoplie qui se résume à une voiture de modeste cylindrée, Internet, des jumelles de préférence infrarouges et un appareil photo numérique. Crédits photo : Pascal PARROT/REA

En quête de crédibilité, les agents de recherches privées délaissent les secrets d’alcôve pour se concentrer sur l’univers de l’entreprise.

Le sempiternel cliché du détective a la peau dure. Dans sa version polar, on le campe volontiers en fugace personnage de la nuit qui trimbale son imper mastic dans les bars d’hôtel où il sirote un whisky en solo. Mi-enjôleur et mi-magouilleur, ce héros dissimule son visage sous un inséparable feutre mou et ne se départit jamais d’une secrétaire courte vêtue et accorte. Dans une mouture plus nauséabonde, le «privé» apparaît comme un âpre «ripou» qui viole sans vergogne la vie privée, pirate les fichiers de la police, joue les «gros bras», multiplie les coups tordus et cambriole à la commande pour une poignée de billets.

Ulcérés de traîner ces préjugés écornant leur image, les quelque 1 500 détectives français sont en quête de crédibilité. Soucieux de redorer leur blason, ils vont sortir de l’ombre pour montrer leur nouveau visage à l’occasion des États généraux de l’enquête privée qui se tient demain à Paris. «Contrairement aux idées reçues dans le subconscient du grand public, les enquêteurs n’ont pas de carte professionnelle ni permis de port d’armes, remarque d’emblée Jean-Emmanuel Derny, patron de Roche Investigation et secrétaire général du Syndicat national des agents de recherches privées (Snarp) revendiquant une centaine d’adh érents en France et 3 000 en Europe. Ils n’ont ni gyrophare et encore moins de plaques numérologiques spéciales, comme certains pseudo-confrères l’avaient demandé au ministère de l’Intérieur.» Il est vrai que le privé abuse peu du postiche et goûte modérément aux gadgets chers à Ian Fleming. Sa panoplie se résume à une voiture de modeste cylindrée, Internet, des jumelles de préférence infrarouges et un appareil photo numérique qui relègue aux oubliettes la loupe de ce bon vieux Sherlock Holmes.

Il faut dire que la profession s’est métamorphosée durant sa longue histoire. Nés non pas aux États-Unis mais bien en France au XIXe, les premiers privés sont une création d’Eugène-François Vidocq. Dès 1833, le chef de la Sûreté installe à Paris le «bureau des renseignements universels pour le commerce et l’industrie». Sous cette appellation pompeuse, l’ex-bagnard manipule une nuée de petites mains chargées de débusquer les mauvais payeurs et suivre de jeunes femmes volages, comme Marie Dorval, comédienne et maîtresse d’Alfred de Vigny.

«Affaires de bidets»

Secrets d’alcôve et amours bafouées sont longtemps restés les mamelles du métier. Et les émules de Philip Marlowe ont fait leurs «choux gras» de ce qu’ils appellent entre eux, avec un art trivial de la formule, les «affaires de bidets». «Avant, on voyait défiler une clientèle assez féminine qui voulait divorcer et avait besoin de savoir avant de prendre une décision, confie Martine Barret , gérante de l’agence Duluc Détective, créée en 1913 en plein cœur de Paris par un ancien inspecteur de la PJ et qui a traité 30 000 affaires pour 12 000 clients. Les enquêtes d’adultère se menaient grâce aux gardiennes d’immeubles ou aux femmes au foyer qui disaient tout ce qui se passait chez les voisins. Maintenant, les codes de porte, la vidéosurveillance et l’anonymat des quartiers ont compliqué le métier…»

La réforme du divorce de 1975 contraint le conjoint à prouver l’adultère avec une preuve matérielle de la faute. «Une simple note établissant un rendez-vous d’hôtel suffisait. En revanche, les photos n’ont jamais eu aucune valeur légale, affirme Marie-Françoise Hollinger, présidente du Conseil national supérieur professionnel des agents de recherches privées (CNSP-ARP). Avec la loi de 2006 sur le divorce par consentement mutuel, cette notion de faute s’est estompée et les avocats n’envoient plus de clients.» Pour les détectives, la fin des enquêtes adultérines, soit les deux tiers du chiffre d’affaires, a eu l’effet d’une douche écossaise.

Mais les princes de la « filoche » ne désarment pas. Dorénavant, ils se reconvertissent dans l’espionnage du train de vie des couples séparés afin de réviser les prestations compensatoires, dressent des rapports sur la condition de vie des enfants dans les familles recomposées ou encore se lancent dans la recherche d’héritage. Avec parfois de grosses surprises, à l’image de ce privé qui travaillait pour un notaire souhaitant retrouver la trace d’un mystérieux héritier disparu depuis trente ans. Sans papiers, inconnu à la Sécurité sociale comme à la caisse d’allocations familiales, l’homme était devenu clochard. Localisé par le truchement du Samu social, le vagabond rêveur a refusé à la stupeur générale un magot d’un million d’euros. « Ce genre d’histoire participe à la magie du métier », confie un vieux privé parisien.

Intervention de nuit dans les bureaux

Contraint de débroussailler de nouvelles terres pour ne pas disparaître, le détective privé nouveau genre se recycle dans l’univers de l’entreprise. «Nous démarchons désormais des chaînes fleuristes jusqu’à des sociétés travaillant pour le CAC 40», assure Jean-Emmanuel Derny, lui-même ancien directeur commercial reconverti. Draguant les directeurs généraux, les directeurs des ressources humaines ou leurs avocats, ses confrères se lancent à bras-le-corps dans d’épineux dossiers de concurrence déloyale dès lors qu’un employé indélicat passe à la concurrence en emportant brevets et fichiers de clients.

«À la demande d’un patron d’une grande firme pharmaceutique, mon équipe a récemment placé des mouchards sur certains ordinateurs et postes téléphoniques pour débusquer le traître, confie un détective sous le couvert de l’anonymat. À plusieurs reprises, nous sommes intervenus de nuit dans les bureaux, avec l’onction de la direction, même si c’est illégal. Mais dans ce genre d’affaires, nous faisons encore chou blanc dans 80 % des cas.» En temps de crise, les salariés voleurs se retrouvent eux aussi dans le collimateur de privés qui s’infiltrent aujourd’hui incognito jusqu’à la machine à café. «De plus en plus, nos clients cherchent à connaître les vices cachés et la moralité de leurs collaborateurs, précise le privé. Quand un profil déviant est identifié, l’employeur lave son linge sale en famille, sans faire de publicité pouvant nuire à sa réputation.» Les dossiers d’intelligence économique, qui ne représentent encore que 5 % de l’activité des agents de recherches, pourrait demain prendre leur essor.

Outre le profil des affaires, les conditions de travail aussi ont changé. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, seule une dizaine de détectives se partageaient le juteux marché parisien. Aujourd’hui, pas moins de 300 agents de recherches privées sillonnent l’agglomération où la concurrence est devenue rude et les clients, plus rares en ces temps de crise. Ce qui n’a pourtant pas engendré une guerre des tarifs, ni la floraison d’investigation «low-cost». En général, les tarifs oscillent entre 70 et 100 euros de l’heure, sachant que des forfaits journaliers sont pratiqués autour de 500 euros pour une journée de dix heures. «En général, les premiers jours sont cruciaux, confie Marie-Françoise Hollinger. Si on ne trouve pas après les enquêtes de voisinage et les recherches dans les états civils, les actes de mariage ou les attestations de naissance, on fait marcher la matière grise . Mais, faute de boule de cristal ou de pendule à la Tryphon Tournesol, nos recherches n’excèdent guère plus d’un mois…» Pour retrouver un gros débiteur ayant organisé sa disparition, les investigations sont poussées jusqu’à l’épluchage des listes électorales, l’exploration du cadastre ou encore la consultation des archives des hypothèques nationales…

Peu hostiles à l’idée d’encaisser un chèque, les privés refusent cependant certaines missions. «Question de crédibilité, claironne la patronne de Duluc Détective, bien assise dans son bureau kitch agrémenté d’une fresque marine et de miroirs au plafond. Par exemple, j’ai refusé de travailler pour un gars qui avait flashé sur une femme brune et de taille moyenne croisée en gare Saint-Lazare. Remettre la main dessus était peine perdue…» Dans le même esprit, les clients trop déstabilisés psychologiquement sont considérés avec retenue. « Au fil des ans, nous recevons de plus en plus de gens qui disjonctent, au bout du rouleau à force d’avoir pris des coups, lâche Martine Barret. Il nous faut beaucoup de psychologie.Venir voir un agent de recherches demeure une démarche pas naturelle, toujours pas rentrée dans les mœurs. En général, les clients se sentent coupables d’espionner la vie de leur conjoint ou de leur employé. Ils ont peur de briser ce tabou… » Et c’est souvent au terme de plusieurs nuits de réflexion que les clients se résolvent à pousser la porte d’un détective. Il fait figure de dernier recours.

Opération «mains propres»

En quête de moralisation, les nouveaux agents de recherches privées sont depuis peu sélectionnés à bac + 2 dans trois écoles universitaires délivrant depuis 2005 des licences professionnelles reconnues. L’année dernière, ce débouché au parfum d’aventures a attiré plus d’un millier de candidats, parmi lesquelles figurent nombre de gendarmes à la retraite mais aussi des professeurs, des agents d’EDF ou encore des chômeurs à qui l’ANPE a assuré qu’ils seraient prédestinés à l’art de l’enquête. Environ 95 % des candidats sont recalés…

Reste le problème de la «tricoche», cette relation quasi incestueuse entre les détectives et les policiers à la retraite qui leur marchandent de précieux « tuyaux » piratés dans les fichiers de l’État. Seul un strict encadrement de leur activité dans le cadre de la future loi sur la sécurité intérieure, votée en principe l’été prochain, pourra mettre fin à ces dérives. Notamment en interdisant pendant cinq ans aux retraités des forces de l’ordre d’exercer leur talent dans le privé afin d’éviter toute collusion. Sans attendre, les privés ont de leur côté décidé d’orchestrer une opération «mains propres» dans leurs rangs. Selon nos informations, ils dévoileront demain pour la première fois un code de déontologie sous l’œil vigilant d’Alain Juillet, haut responsable pour l’intelligence économique. Nestor Burma n’a plus qu’à bien se tenir.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/02/27/01016-20090227ARTFIG00655-le-nouveau-visage-des-detectives-prives-.php

Infos du 26/03/09

Posté par Arnaud Pelletier le 26 février 2009

La contrefaçon dans les produits high-tech explose :

Du secret défense à la défense des secrets d’Etat :
La recherche de personnes par Base Elèves :
La reconnaissance faciale, c’est bidon :
Que fait un Juge de proximité ? :

Reportage: comment Microsoft évalue les menaces sur Internet » :

En savoir plus sur le « pantouflage » :
Justice

Proposition de loi Béteille : vers la fusion avocats-CPI et la création de la convention de procédure participative assistée par avocat

Les divorces prononcés de 1996 à 2007
Lire le document (format pdf) :

Le juge d’instruction vu par un avocat (parmi d’autres) :
Manifestations
3° forum international sur la cybercriminalité :

Les détectives infiltrent les entreprises

Posté par Arnaud Pelletier le 18 février 2009

Les détectives infiltrent les entreprises

A la loupe. Si les affaires d’adultère restent leur fond de commerce, les détectives interviennent de plus en plus fréquemment dans les entreprises.

Ecole de patience et de discrétion, le métier est aussi fait d'histoires insolites. Photo archives DDM.
Ecole de patience et de discrétion, le métier est aussi fait d’histoires insolites.

Gaffe ! Vous qui pensiez embarquer incognito ramettes de papier, souris d’ordinateur ou chaises de bureau êtes peut-être épiés. Certains patrons suspicieux n’hésitent pas à mandater d’authentiques détectives privés pour mettre au jour vos agissements. La direction d’Accueil Négoce, le repreneur d’Anconetti, à Lardenne, avait méchamment tiqué sur la disparition de baignoires, radiateurs, robinets et autres climatiseurs. Elle a donc embauché un privé. Une taupe qui a eu tôt fait de servir les preuves des vols aux policiers de la sûreté départementale. Sept employés soupçonnés ont été placés en garde à vue et seront licenciés (lire La Dépêche du 11 février).

Ce genre d’infiltrations fait aujourd’hui partie des services proposés par les détectives privés. Objet de fantasmes, nimbée de mystère, auréolée des figures que littérature, cinéma et polar ont largement contribué à mythifier – de Sherlock Holmes à Miss Marple, d’Hercule Poirot à Lysbeth Salander – la profession a changé au rythme de la société et des progrès technologiques. Jumelles, caméras-bouton et appareils photo numériques ont porté un coup définitif à la loupe de papa.

La main dans la culotte

Ancien gendarme, Florent Pédebas est le responsable régional du CNSP-ARP, l’un des syndicats de la corporation. Il reconnaît que les affaires commerciales et industrielles ont pris une part non négligeable dans le métier : « En particulier les affaires de concurrence déloyale. Sur Toulouse, j’ai eu trois ou quatre dossiers en 2008. »

L’un de ses confrères, Jean-Claude Robert confirme : « Il y a par exemple des commerciaux peu scrupuleux qui partent avec tout le fichier clients et fournisseurs. » Il y a aussi les vols dans l’entreprise. Dans un petit commerce toulousain, le patron soupçonnait une employée de piquer dans la caisse. Quand un client payait en liquide, elle évitait soigneusement de taper le ticket de caisse. Pendant quatre jours, en se faisant passer pour un client, Jean-Claude observe le manège. Pour apporter la preuve du vol, il trouve une astuce : « J’ai payé avec un billet dont j’avais relevé le numéro. Le soir, le patron est venu faire la caisse et ne l’a pas trouvé. » Il était dans le sac de l’employée.

N’empêche, dans une profession moins florissante que par le passé – une petite dizaine de détectives sur la place de Toulouse – l’essentiel de l’activité concerne les affaires d’adultère. Avec sa cohorte d’astuces, de déguisements en tout genre, de planque dans de faux véhicules utilitaires et de filatures interminables, en voiture, en scooter ou à pied. « Je connais quelques femmes qui m’ont fait courir ! se marre Florent Pédebas. La plupart font toujours une ou deux courses avant. On se fait promener d’un magasin de lingerie à un autre, on prend le métro, on ressort… Avec les hommes, c’est plus simple : ils vont directement sur le parking de l’hôtel ». Et se font prendre la main dans la culotte.


Retrouvé 30 ans après sa disparition, il refuse l’héritage d’un million d’euros

« Les entorses au mariage représentent plus de 70 % de mon activité », constate Jean-Claude Robert. Les clichés ont la peau dure : vous pensiez les privés d’aujourd’hui occupés à autre chose qu’aux fameux « constats d’adultère » ? Vous aussi vous trompiez. « ça reste et ça restera notre fond de commerce », confirme Florent Pédebas. Outre leur banalité et la relative simplicité du jaillissement de la preuve, ces affaires de coucheries n’ont rien de très gratifiant pour les privés. Retrouver des personnes disparues, voilà qui est à la fois plus flatteur et plus grisant. C’est ainsi que Jean-Claude Robert a retrouvé la trace d’un homme évaporé dans la nature depuis 23 ans. « Il avait disparu. On a su plus tard qu’il avait quitté la France, était revenu, puis reparti… Son frère avait fait appel à moi car toutes ses recherches étaient infructueuses : même l’émission « Perdu de vue » de Jacques Pradel avait échoué. Je n’avais que le nom, le prénom et la date de naissance et je l’ai retrouvé seulement trois jours après le début de l’enquête. Par un coup de bol : il avait commis un petit vol dans un magasin. » Un bon carnet d’adresses dans la police peut parfois servir…

Plus incroyable encore, l’affaire racontée par Florent Pédebas : « Je travaillais pour un notaire dans une affaire de succession importante. Le généalogiste mentionnait un héritier, fâché depuis 30 ans avec sa famille. Introuvable. Inconnu à la Sécu comme à la CAF, pas de pièce d’identité ! C’est par le biais du SAMU social, à Paris, que je l’ai retrouvé. Devenu SDF, il se faisait souvent ramasser l’hiver. La gendarmerie a procédé à un relevé d’empreintes digitales. C’était bien lui. Une enquête de six mois. Le comble, c’est qu’il a refusé l’héritage. Un million d’euros ! »

Officiellement, le détective privé n’a pas d’équipement particulier. Dans les faits, certains outils sont indispensables. L’appareil photo. Essentielle pour l’établissement de la preuve bien que non reconnue en tant que telle par la justice, la photo demeure un des outils de base. La mini-caméra. La miniaturisation a largement contribué à son succès. Cachée dans un bouton de veste ou les lunettes, ses images ne sont pas plus utilisables devant un tribunal. Fausse moustache et garde-robe. Tout bon détective doit avoir dans son coffre le nécessaire du caméléon pour ne pas se faire repérer. De la barbichette à la casquette, des manteaux aux perruques, de la fausse moustache aux anoraks multiples, il doit pouvoir sans cesse changer d’apparence. « D’un jour à l’autre je n’ai jamais le même aspect », explique Jean-Claude Robert. Des jumelles, des véhicules et de la patience. Comme chez le flic ou le paparazzi, la patience est sans doute l’outil le plus indispensable au détective. On sait en effet quand on commence à « filocher » une « cible », pas quand cela va s’arrêter. Et qui dit filature dit nécessité de pouvoir circuler partout. En voiture, en scooter, à vélo ou à pied, ou par tout autre moyen de locomotion.


Devenir détective

Equipement

Depuis 2003, une formation est nécessaire pour devenir enquêteur privé. Trois formations sont homologuées et inscrites au Répertoire national de certification professionnelle.

– L’Ifar, L’institut de formation des agents de recherches est de niveau II : elle est accessible à Bac +2. Elle se déroule sur un an (six mois de théorie et trois mois de stage). Les sélections des inscrits par an se font sur dossier puis entretien. Les enseignants sont des professionnels qui proposent 22 disciplines telles que filature, surveillance et signalement ou marketing. L’année coûte environ 5 000 euros.

– L’université de Nîmes propose une licence professionnelle d’agent de recherches privées accessible à Bac +2 et sur dossier. Elle forme 30 étudiants par an avec une partie théorique et un stage obligatoire. Les cours portent autant sur le droit que sur le piratage informatique ou la photographie. Cette licence coûte le prix d’une inscription en université.

– L’université Paris II propose au centre de formation permanente de Melun un diplôme professionnel national d’enquêteur privé en un an. Cette formation est accessible sur dossier au niveau Bac. Les cours se passent le vendredi soir de 17 heures à 20 heures et le samedi. Elle coûte environ 1 500 euros et dispense des cours de droit et de techniques d’investigation.

http://www.ladepeche.fr/article/2009/02/17/560685-Les-detectives-infiltrent-les-entreprises.html

Les infos du 09/10/08 …

Posté par Arnaud Pelletier le 9 octobre 2008
Les infiltrés : la preuve par l’image ?
 
Quand des identités se volent dans les poubelles :
 
Descente des gendarmes sur les chantiers :
(note perso : puisque certains chantiers sont difficiles à contrôler, qu’on nous les donne !)
 
Un arsenal de guerre pour de gros clients (et on se jette sur l’ancien détective impliqué) :
 
La misère de la justice française mise en lumière par l’Europe :
 
La France à l’index de l’efficacité judiciaire :
 
La circulation de l’acte authentique dans l’espace judiciaire européen :
 
Clearstream : le journalisme d’investigation en question
 
Ce qu’est la Révolution :
 
Le Point détaille les « carnets secrets » d’Yves Bertrand, ex-patron des RG :
 
Et bien sûr, Bakchich cafte sur le secret des carnets :
 
La Grande-Bretagne veut aussi son Edvige :
 

L’objectif de ce blog créé en 2006, qui n’est pas à proprement parler un blog puisque je ne donne que très peu mon avis, est d’extraire de mes veilles web informationnelles quotidiennes, un article, un billet qui me parait intéressant et éclairant sur des sujets se rapportant directement ou indirectement à la gestion de l’information stratégique des entreprises et des particuliers.
Depuis fin 2009, je m’efforce que la forme des publications soit toujours la même ; un titre, éventuellement une image, un ou des extrait(s) pour appréhender le sujet et l’idée, l’auteur quand il est identifiable et la source en lien hypertexte vers le texte d’origine afin de compléter la lecture.
En 2012, pour gagner en précision et efficacité, toujours dans l’esprit d’une revue de presse (de web), les textes évoluent, ils seront plus courts et concis avec uniquement l’idée principale.
En 2022, les publications sont faite via mon compte de veilles en ligne : http://veilles.arnaudpelletier.com/
Bonne découverte à tous …


Arnaud Pelletier

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