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Alerte on vous espionne !
Un article : lesgrandesoreilles.com
L’espionnage au quotidien gagne du terrain. De la microcaméra aux écoutes planétaires, les outils ne manquent pas. On surveille dans la rue, au bureau ou sur internet, on suit à la trace via téléphone portable, cartes à puce ou système de vidéosurveillance. Quand M. Dupond devient James Bond… Suivez le guide.
Vous ne pourrez pas y échapper : l’espionnite est à la mode. Psychose, parano ou réalité ? En tout cas, sur le lieu de travail, chez soi, à l’occasion d’un achat, lors d’un voyage, dans les supermarchés, chaque moment de la vie donne lieu, à notre insu, à écoute et surveillance ! On estime qu’en moyenne un Français est fiché vingt fois dans une journée à travers ses actes de la vie courante. Neuf ordinateurs sur dix connectés à la toile portent, sans le savoir, des logiciels espions, les fameux spywares. Mais ce n’est pas tout : il y a le petit patron soucieux de protéger sa caisse, la grande entreprise suivant attentivement les faits et gestes de ses salariés ou l’homme de marketing nourrissant d’immenses bases de données. Sans oublier l’espionnage entre voisins, conjoints ou employés qui donne lieu à des procès en cascade. Depuis le 11 Septembre, les grandes oreilles de l’Etat mais aussi celles des entreprises ne se sont jamais autant déployées. Les yeux aussi : on estime à un million le nombre de caméras de vidéosurveillance en France.
Longtemps réservés aux services secrets, les caméras miniatures, les micros cachés et les stéthoscopes capables d’écouter à travers des murs de béton armé sont aujourd’hui interdits d’utilisation, mais en vente libre dans le commerce. Sans compter un arsenal de produits grand public, de l’appareil photo numérique miniaturisé au smartphone dernier cri, tous faciles à détourner de leur usage premier.
Les affaires médiatisées constituent l’arbre qui cache une jungle : contrôle excessif dans les bureaux, piratage d’ordinateurs, installation sauvage de vidéosurveillance, faux entretiens de recrutement, filature de personnels gênants, bases de données marketing non déclarées, utilisation de « loggers » décryptant les journées de travail, fouilles illicites des disques durs, etc. Le danger menaçant nos vies privées est d’autant plus grand que – les hackers le disent haut et fort – aucune donnée confidentielle informatisée n’est inviolable, cartes de crédit et cartes Vitale comprises. Bref, le secret n’existe plus. Et c’est bien le droit à la vie privée qui se trouve menacé par le développement tous azimuts du Big Brother technologique. Enquête sur le monde flou et fou de ce nouvel espionnage.
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L’espionnage touche quasiment tous les secteurs. L’armement et la sécurité sont parmi les plus sensibles. Un officier de l’armée grecque vient d’être arrêté pour avoir divulgué à des sociétés privées des informations confidentielles concernant l’achat de F-16 et d’avions de combat Eurofighter du consortium européen EADS. Mais tous les secteurs extrêmement concurrentiels, que ce soit l’agroalimentaire, les cosmétiques, les secteurs pharmaceutiques… sont concernés. Comme toutes les guerres, la guerre économique ne se gagne qu’avec de bonnes informations.
Par la rédaction de lesgrandesoreilles.com
En savoir plus :
http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/07/24/alerte-on-vous-espionne/
De plus en plus de détectives dans les procédures en France …
[…] Recourir aux services des agences de détectives est désormais une pratique, discrète, mais courante, de nombreux avocats hexagonaux. «La demande est croissante», atteste Jean-Claude Barret, collaborateur au cabinet Duluc, un des grands noms parisiens.
- Enquêtes judiciaires
Longtemps cantonnés aux constats d’adultères, les privés ont désormais conquis une place dans tous les domaines du contentieux, y compris parfois les affaires pénales. Roger Marc-Moreau, qui a contribué à faire basculer le dossier Omar Raddad, est l’un des spécialistes de la «contre-enquête». Dans son carnet d’adresses figurent les avocats pénalistes les plus réputés, mais c’est souvent dans les cas les plus désespérés que son intervention est sollicitée. On a vu les proches de personnes mises en cause organiser des collectes pour s’offrir ses services.
[…]
S’il est peu connu, c’est qu’en France, le travail des privés n’apparaît souvent aux yeux du public – et du magistrat – qu’à travers le filtre de l’avocat. C’est le plus souvent lui, qui, une fois renseigné, demande aux juges de nouveaux actes. «C’est ce que nous avons fait récemment, dans un dossier d’enlèvement d’enfants, raconte Hugues Letellier, avocat à Paris. L’enquête n’avançait pas, le père a voulu quelqu’un qui se consacre pleinement à cette recherche.»
- Contentieux familiaux
«Il n’est pas rare que nous guidions la main des enquêteurs, par exemple dans les dossiers fiscaux», glisse pudiquement un autre conseil, «et en général, ils comprennent que la piste que nous indiquons est fiable…». Malgré tout, la facture d’une enquête importante atteint vite plusieurs dizaines de milliers d’euros. «Récemment une commune n’a pas hésité, raconte Alain Letellier, détective parisien, elle a engagé un détective privé pour résoudre un problème de dégradation.»
Dans les dossiers financiers, les agences de détectives se présentent volontiers sous une bannière moins sulfureuse: celle de l’«intelligence économique». Pister les échanges entre deux sociétés sœurs entre la France et le Maroc, ou traquer un compte dissimulé à l’étranger constitue leur quotidien.
[…]
- Des «rapports confidentiels»
Les privés sont encore extrêmement présents dans les contentieux familiaux, malgré la réforme de la loi sur le divorce. Le visage de ce conseil en stratégie d’entreprise s’est figé lorsqu’il a entendu l’avocat de son ex-femme prononcer, devant le juge, le montant exact de la déclaration d’impôt de sa nouvelle petite amie. Il lui a fallu quelques jours pour comprendre que le conseil en question s’est adjoint les services d’un «privé» pour compléter son dossier de tous les éléments susceptibles de faire pencher la balance du côté de sa cliente. Les bonnes vieilles ficelles font également toujours recettes, comme la filature de l’un des membres du couple soupçonné d’entretenir une autre relation amoureuse.
Dans les dossiers judiciaires apparaissent désormais régulièrement, le plus officiellement du monde, des «rapports confidentiels» signés de la main d’un enquêteur privé. Libre au juge d’accorder à ces pièces le poids qu’il souhaite. Quand aux informations qui auraient été recueillies en dehors des strictes règles légales, qui ne peuvent apparaître aux yeux du juge, elles pourront toujours servir d’arguments dans une négociation…
Par Laurence De Charette pour lefigaro.fr
En savoir plus :
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/05/30/01016-20110530ARTFIG00710-de-plus-en-plus-de-detectives-dans-les-enquetes-judiciaires.php
Comment les détectives privés fonctionnent aux Etats-Unis, différences avec la France …
Les détectives privés engagés par la défense de DSK sillonnent le monde à la recherche d’informations. Arnaud Pelletier, Président fondateur d’une agence d’enquêteurs privés, analyse le fonctionnement de cette profession aux Etats-Unis, et décrit comment elle pourrait avantager Dominique Strauss-Kahn.
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Atlantico : Comment les détectives privés fonctionnent-ils aux États-Unis et quels rapports entretiennent-ils avec la police et la justice ?
Arnaud Pelletier : Ce qui se passe aux États-Unis serait impossible en France, techniquement et juridiquement. Le travail des enquêteurs privés américains est réglementé et l’accès à la profession différent selon les États. En ce qui concerne le procès DSK qui aura lieu dans le comté de New York, il faut avoir une licence pour pouvoir y enquêter. Historiquement, aux États-Unis, beaucoup d’enquêteurs privés proviennent de la police, du FBI ou du monde du renseignement. Ils ont donc beaucoup de contacts, de relations et un accès aux informations facilité. Le domaine légal de leur enquête est plus important qu’en France. La loi américaine est plus permissive que chez nous, ce qui a donné lieu à un certain nombre d’excès.
Culturellement, ce métier fait partie du quotidien de beaucoup d’Américains. Dès qu’il y a une affaire pénale aux États-Unis, on fait appel à des enquêteurs privés. Pour l’affaire DSK par exemple, si les enquêteurs veulent retourner dans la suite où s’est passé le drame – un lieu difficile d’accès car surveillé -, ils pourraient en faire la demande au juge, qui, dans beaucoup de cas, accepterait au nom de l’accès au droit de la défense et de ses intérêts.
Aux États-Unis, leur rôle est très large, mais tout n’est pas permis. Le métier est réglementé, puisqu’en juillet 2000, un texte de loi a été voté par le Congrès pour encadrer un peu plus l’accès aux informations privées dans le pays.
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Quelles sont les grandes différences avec le système français ?
On ne peut pas comparer. Le système est complétement différent. Aux États-Unis, il s’agit d’un système accusatoire, alors que nous avons à faire en France à un système inquisitoire. Les enquêteurs privés français font le même travail que leurs homologues américains, mais ils ne sont pas utilisés au même moment. Il faut savoir qu’en France les détectives privés travaillent essentiellement sur des procédures civiles et commerciales, mais peu sur du pénal. Un cas comme DSK n’aurait pas été possible en France.
Dans notre pays, en cas d’affaire pénale, l’enquêteur n’a pas à travailler sur un dossier en cours. Cela reste du domaine de la police. S’il le fait, il peut même être inquiété : s’il approche par exemple des témoins, il peut être ensuite accusé de subornation de témoin. Dans de très rares cas, il est déjà arrivé qu’à la demande du procureur une enquête privée soit mandatée, mais cela relève de l’exception. En revanche les enquêteurs font quand même un travail de recherche sur des affaires pénales mais ils ne le font pas au même moment. Une personne qui veut engager une action en justice ou qui est mise en examen, peut mandater un avocat qui fera lui-même appel à un enquêteur qui effectuera un travail en amont, c’est-à-dire avant la procédure. Il devra trouver des preuves qui serviront à la défense de cette personne. L’avocat s’en servira ensuite pour porter plainte ou défendre son client. C’est une procédure légale et très encadrée, bien plus qu’aux États-Unis.
Les pouvoirs d’un enquêteur en France sont les mêmes que ceux de tout citoyen. Soit il le fait en amont de la procédure, soit en aval. C’est ce qu’on appelle la contre-enquête. Il y a quelques détectives en France qui se sont spécialisés dans ce domaine. A la demande des familles, ils vont refaire l’enquête pour essayer de démontrer qu’il y a eu une erreur. Certains détectives, suite à leurs rapports, ont réussi à faire rouvrir des dossiers sur la base d’éléments nouveaux.
Depuis 2003, en France, une réforme – la LOPPSI ou loi d’orientation pour la sécurité intérieure – a complètement modifié les règles de la profession. Elle l’a réglementée de manière draconienne. Un enquêteur ne va pas enquêter tout seul parallèlement à la justice, puisque s’il se fait prendre, il perd son agrément et donc son métier. A partir du moment où l’enquête est ouverte, il est formellement interdit d’enquêter de manière privée sans en avertir le juge.
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Une personne qui a les moyens d’engager un détective privé est-elle avantagée ?
Oui, bien évidemment, que cela soit en France ou aux États-Unis. L’avocat qui n’a pas d’éléments ne peut pas défendre son client. En France, l’avocat n’a pas le droit d’enquêter, c’est interdit par la loi. Il est donc obligé de faire appel à un enquêteur. Aux États-Unis, les cabinets d’enquêtes sont intégrés aux cabinets d’avocats. Mais il ne faut pas oublier que l’aide juridictionnelle existe aux États-Unis comme en France et que certains enquêteurs sont rémunérés grâce à cette aide.
Il est évident que pour DSK, tous les moyens sont de son côté, au vu de sa fortune personnelle. L’enquêteur privé ne peut toutefois retourner une situation quand les preuves sont accablantes. Dans un dossier, où la parole de l’un affronte celle de l’autre, il est certain que celui qui peut se payer les meilleurs enquêteurs mais aussi les meilleurs avocats – cela va de pair – va être avantagé. De façon identique en France, lorsqu’un avocat commis d’office plaide contre un ténor du barreau, le procès n’est pas vraiment équitable.
Le travail du détective consiste à recueillir principalement des informations et des interviews et à réaliser des filatures, des reconstitutions et des enquêtes. Il est évident qu’il faut des moyens pour envoyer, comme dans le cas DSK, des détectives en Guinée, en France et à Washington. Ces services coûtent très chers, surtout aux États-Unis.
Interview réalisée par Arthur Vernazobres pour atlantico.fr
En savoir plus :
http://www.atlantico.fr/decryptage/detectives-prives-affaire-dsk-avocat-enquete-penale-105434.html
BFM TV – rôles des détectives privés dans l’affaire DSK …
Interview, sur BFM TV en direct, d’Arnaud PELLETIER, directeur de l’agence Leprivé, sur le rôle des détectives aux État-Unis dans le cadre de l’affaire DSK.
BFM Story – émission en direct présentée par Alain Marchall & Olivier truchot.
Apparue en Janvier 2010, l’émission se veut centrée autour d’un ou deux fait qui marquent l’actualité du jour, qui en font la une.
Cette émission voit généralement accueillir de nombreux spécialistes en compagnie des deux animateurs, la tranche étant coupé à la demi-heure par un bref journal.
Source : BFM TV
Affaire DSK : rôle des détectives privés embauchés par la défense …
Mais quel peut bien être leur rôle?
Faire face aux coups de théâtre.
Jusqu’au jour du procès, le procureur va fournir très peu d’éléments aux avocats. Il faut donc prévoir les « coups » que peut porter le procureur.
Matthew J. Galluzzo, avocat pénaliste, explique à France 3 : « Parfois le procureur trouve un excellent témoin, à la dernière minute, un témoin dont la défense n’a jamais entendu parler. Il arrive au procès, il témoigne, et ca créée de gros dégâts. Ca peut être une énorme surprise pour la défense. Quand on a un témoin surprise comme ca, la défense a intérêt à être préparée. »
Comment travaillent ces détectives privés?
France 3 est allé rendre visite à un détective privé, Vincent « Vinny » Parco, qui a déjà travaillé sur des histoires similaires à celle de Dominique Strauss-Kahn. Il explique ce que lui ferait : « La première chose que je ferai, c’est trouver qui est cette femme. Bon, elle est mise au secret, loin de la presse, de tout le monde, mais on peut trouver » dit-il.
En savoir plus :
Et aussi sur le même sujet :
Les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont fait appel à des détectives privés […]
Une pratique normale aux USA où c’est aux avocats qu’il appartient de mener l’enquête à décharge.
Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir le reportage de BFM TV
En savoir plus :
Confessions d’un détective privé … Conseils pour protéger sa vie privée …
Philippe Dylewski, ancien détective privé, vient de publier «Confessions d’un privé», un livre dans lequel il explique, avec un ton très décontracté et humoristique, à quel point il est devenu facile de devenir un as de l’espionnage… Un ouvrage qui permet de prendre davantage conscience de la nécessité de préserver notre vie privée, notamment dans le cadre de l’utilisation des réseaux sociaux. En effet, le premier constat, c’est qu’au XXIème siècle, il n’a jamais été aussi aisé de tout savoir sur quelqu’un : «Il y a un débat constant dans les médias sur la protection de la vie privée. C’est un débat qui n’a absolument aucun sens, parce que c’est un sujet qui n’existe plus. Il n’y a plus de protection de la vie privée, c’est complètement dépassé ! Aujourd’hui, je peux tout savoir sur absolument n’importe qui ! C’est à la portée de tout le monde». Internet s’inscrit évidemment au cœur de cette réflexion : «À partir du moment où beaucoup de gens ont accès à une base de données, cela signifie que beaucoup de gens peuvent partager cette base de données de façon illégale». L’auteur souligne que le monde du renseignement a lui aussi beaucoup évolué : «Les techniques du renseignement d’hier nécessitaient beaucoup de travail et de préparation et elles sont finalement à la portée de tous… Auparavant, si vous vouliez filer quelqu’un, cela demandait des compétences, de la disponibilité, et il fallait une équipe pour ne pas se faire prendre ! Aujourd’hui, vous pouvez coller un traqueur GPS sur une voiture et, bientôt, vous pourrez même le dissimuler dans le sac d’une personne… On peut donc suivre en toute discrétion et, sans la moindre difficulté, une personne…» Philippe Dylewski entend également nous alerter, à travers cet ouvrage, sur le fait que dans la vie quotidienne, «on laisse traîner tous les jours des informations qui permettent de nous piéger…» Pourtant, beaucoup de gens qui étalent leur vie sur les réseaux sociaux estiment qu’ils n’ont rien à dissimuler : «C’est la réponse la plus courante ! C’est vrai, nous n’avons rien à cacher. Mais cela n’empêche pas que l’on se met rarement tout nu devant sa fenêtre sans avoir tiré les rideaux… Donc, je n’ai pas quelque chose à cacher, mais je n’ai pas forcément envie de tout montrer. Or, les gens laissent des traces numériques, avec des informations qui pourraient être mal utilisées. Par exemple, pour les réseaux socioprofessionnels, dans les informations prises séparément, les fiches ne sont pas embarrassantes. Mais, en faisant un certain type de recherches, je peux obtenir tous les noms des employés d’une société. En plus, on peut capter toutes ces informations avec un robot logiciel qui coûte seulement quelques euros…
[…]
On fait confiance à ce qui nous ressemble…
Il y a de nombreux livres et émissions qui s’efforcent de nous apprendre à nous protéger. Or, Philippe Dylewski a pris le contre-pied : «J’ai fait la démarche inverse, car il est plus amusant de se mettre dans la peau de l’attaquant… C’est aussi plus interpellant !» Comment enquêter ? «Si je veux obtenir des informations sur un média, je peux me faire passer pour le recruteur d’un autre grand média et contacter un journaliste pour le faire parler… Croyez-moi, les gens parlent très facilement dans un entretien de sélection ! Cela ne demande pas beaucoup d’énergie à mettre en place… Je peux très bien recevoir la personne dans le salon d’un grand hôtel… Lorsqu’elle comprendra qu’elle s’est fait avoir, elle ne pourra plus faire grand chose…» Aujourd’hui, «les nouvelles techniques d’espionnage industriel ne sont plus des techniques d’intrusion, parce que c’est trop dangereux, trop risqué et trop aléatoire. En plus, les peines de prison sont lourdes ! En revanche, faire parler le directeur commercial à l’occasion d’un faux entretien de sélection, c’est facile et ce n’est pas très risqué… Vous êtes toujours à la limite de la loi, mais la ruse n’est pas un délit tant que vous n’usurpez pas une identité… Il suffit simplement d’avoir le bon profil pour la bonne personne : c’est-à-dire un recruteur, un journaliste, un sondeur ou une jolie jeune femme…» Autre question sensible, à l’heure où des milliers d’informations circulent en permanence sur les réseaux sociaux : est-il aussi plus facile de travestir la vérité ? L’auteur estime qu’il y a tant d’informations qui circulent, que «nous allons de plus en plus vers le doute constant : tout le monde doute de tout ! Je ne crois plus que les gens gobent n’importent quoi. On reçoit tellement d’informations émanant de sources invérifiables, que le doute s’installe, y compris face à la preuve, ce qui est quand même un enjeu. Nous ne faisons pas confiance à ce qui est numérique, mais nous faisons confiance à ce qui nous ressemble. Le doute intelligent, cela stimule les neurones ! Aujourd’hui, l’esprit critique s’installe et c’est quelque chose d’excellent».
[…]
Par Yannick Urrien pour kernews.com
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Détective privé, une profession qui reste mal connue du grand public …
Vingt ans. Ce mois-ci, ça fera vingt ans que Didier Vienne s’est installé comme détective privé à Liévin. Une profession, qui, il faut bien le dire, reste encore bien mal connue du grand public. Et même des spécialistes. Sans langue de bois, mais en gardant certains aspects confidentiels, Didier Vienne nous dit tout sur lui et son métier.
On lui dit qu’il nous fait penser à un jeune commissaire de police qui a travaillé à Lens. Il sourit, se demandant sans doute comment il doit le prendre. Voici donc Didier Vienne, 40 ans, dans son costume un peu sévère. En tout cas sérieux. Cet homme né à Auchel a installé ses bureaux de détective privé le 13 mai 1991 dans le centre de Liévin. Ça fera vingt ans tout pile ce mois-ci.
Inspecteur de police
« J’ai passé le bac à 17 ans au lycée Saint-Paul de Lens. J’ai fait un peu d’études de droit. Je me suis planté – à quelques places m’a-t-on dit – au concours d’inspecteur de police. Comme j’étais jeune, on m’a conseillé de le repasser. Mais j’ai décidé de devenir détective privé.
[…]
Tout ça ne nous dit pas ce qu’est un détective privé. Didier Vienne insiste bien que la répartition qui suit est propre à notre secteur. À Paris, c’est différent. « À 60 % je traite des affaires privées c’est-à-dire des problèmes de pensions alimentaires, des fugues, des constats d’adultères, des divorces. Ensuite on a 30 % d’affaires commerciales : des concurrences déloyales, des arrêts maladies intempestifs de salariés, des vols sur des chantiers. » Les 10 % restants seront des affaires criminelles, des problèmes liés à la drogue, etc. Mais ces dossiers-là sont plutôt rares. Ces jours-ci, il a une petite dizaine de dossiers d’adultères « classiques » et deux ou trois affaires commerciales. « Je dois notamment prouver aux prud’hommes que des ouvriers quittent un chantier plus tôt que prévu chaque jour. » Moins attendu, il a été mandaté par des parents. « Ils sont inquiets des fréquentations de leur fils au lycée. » Ils ont peur qu’il bascule dans la drogue. Enfin il y a ces personnes qui sont venues chez lui parce qu’elles reçoivent des appels malveillants avec menaces de mort en prime. « Ce sont quarante à cinquante appels par jour qui proviennent de cabines téléphoniques différentes. Et ça dure depuis des mois.
» On s’étonne que la police n’ait pas été saisie. Ou qu’elle n’ait pas encore trouvé le coupable.
Ça coûte cher de faire appel à un « privé » ? Didier Vienne ne veut pas trop entrer dans les détails sur ce sujet-là. Et puis, « c’est très variable ». Il explique qu’il reçoit d’abord pendant une heure le demandeur. Histoire de bien cerner ce qu’il recherche et de proposer un forfait pour la mission à remplir.
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Une voiture par mois
C’est légal d’espionner des amants ? « Une épouse ou un mari a le droit de faire suivre son conjoint. Quand je reçois le demandeur, je vérifie en premier qu’il est marié à celui ou celle qu’il veut que je suive.
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Revenons à la loi. Didier Vienne démythifie la profession. « Un enquêteur privé n’a pas plus de pouvoirs qu’un simple citoyen mais n’en a pas moins. Je vais jusqu’à la limite de ce qui est légal. » Il explique qu’il bosse en moyenne dix heures par jour. Et à ce tarif-là, il faut aimer le sport et jouer les caméléons. « J’ai déjà fait une filature en short et à vélo. J’ai toujours une tenue de rechange dans ma voiture.
» S’il suit quelqu’un dans un casino, il enfile un smoking. Et pour être sûr de ne pas se faire repérer, il ne roule qu’en voiture de location, qu’il change tous les mois.
Par SÉBASTIEN ROSELÉ pour lavoixdunord.fr
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Dans la peau de Sophie, « détective privée » …
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Forcément, avec cette silhouette gracile, son (petit) mètre 60 et son sourire discret, on l’aurait plus volontiers imaginée danseuse. Non, à 27 ans, Sophie est… détective. Enfin… agent de recherches privées. « Un choix », prévient-elle immédiatement. Son quotidien : filatures, planques, des journées et des nuits en voiture, les autoroutes qui défilent, les villes inconnues où il faut trouver son chemin…
« Je me régale, c’est une véritable passion ! », ajoute-t-elle avant même que la question ne soit posée. Après de brillantes études de droit à Aix, un Master en droit privé, puis deux années comme assistante de justice à la cour d’appel, elle réalise : « Magistrat, ce n’était pas pour moi ! » Un oncle policier devenu détective, beaucoup de curiosité naturelle et l’envie d’une vie hors des sentiers battus… et ce sera l’Institut de formation des agents de recherche, à Montpellier, puis un poste au groupe Abbei, basé à Nîmes mais qui rayonne bien au-delà.
« Dans ma famille, ils connaissaient un peu le métier mais mon choix les a quand même surpris. Reste qu’aujourd’hui, ils voient que je m’épanouis. Je fais à la fois du droit et du travail de terrain, j’ai trouvé ma place et mon identité. » Pourtant, ce n’est pas simple tous les jours : « On sait quand etoù une mission commence. Pour le reste… ».
Sa dernière filature, débutée à Montpellier, l’a conduite à Deauville. Le métier, célèbre mais mal connu, comporte deux volets principaux. La recherche à caractère professionnel : arrêts maladie abusifs, vol de marchandises, concurrence déloyale, espionnage industriel… Et le volet familial : adultère, carences éducatives, recherches de personnes et de débiteurs, surveillance de mineurs par des parents inquiets…
« Cela nécessite à la fois un travail administratif sur le cadastre, les mairies, les réseaux internet… et puis du travail de terrain, fait par la cellule opérationnelle », explique Sophie Mas. Soit le versant le plus passionnant du métier, forcément. « On filoche, on planque dans la rue, on prend des photos, on change de silhouette : mon dressing, c’est le coffre de ma voiture ! Il faut aimer vivre dans son véhicule. Et pour ne pas se faire repérer, on opte moins pour une grosse berline confortable, que pour une voiture passe-partout ! », dit la jeune femme.
Qui aime se prendre au jeu : « L’été dernier, on a été mandaté par un homme qui avait des doutes sur sa compagne. Il m’a dit : ‘Je ne la connais pas vraiment. Soit elle me ment, soit elle est très dangereuse’. J’ai suivi son amie quelques temps et j’ai découvert qu’elle mentait sur tout. Elle s’était même inventé un passé. »
Un travail d’investigation, strictement réglementé en France.
Il y a aussi les parents à rassurer : « Souvent, quand ils s’inquiètent, c’est à juste titre. » Récemment, elle est allée localiser puis chercher une jeune fugueuse, à Valence. « Je sais que je fais jeune, ça aide, pour la surveillance devant les lycées », sourit l’agent. Qui a déjà assimilé tous les aspects de sa profession : « On est là pour écouter, rassurer, conseiller… D’où une disponibilité permanente. »
Le plus compliqué, finalement ? « Annoncer de mauvaises nouvelles, comme confirmer qu’un mari ou une épouse est infidèle. Même si le plus souvent, les gens sont soulagés de le savoir », observe Sophie. Son appareil photo toujours à portée de main, prête à changer de coiffure et de couleur de cheveux, de lunettes, de veste, le portable scotché à l’oreille, elle ne cache pas être avant tout « une grosse bosseuse ».
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Par Sèverine PARDINI pour laprovence.com
En savoir plus :
http://www.laprovence.com/article/region/aix-dans-la-peau-de-sophie-detective-privee
Le renseignement est aussi sur Facebook …
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Aujourd’hui, avec ses 500 millions de membres revendiqués, l’entreprise fondée par Mark Zuckerberg est de loin le plus gros annuaire mondial. Ses membres y documentent leur vie sans relâche, formant un gigantesque amas de données et d’informations en perpétuelle actualisation.
Dès l’apparition d’Internet, les services de renseignement du monde entier – d’espionnage comme de contre-espionnage – se sont emparés de ce nouvel outil de communication et d’information. L’arrivée du web 2.0 « communautaire » il y a une demi douzaine d’années a-t-il renouvelé leur approche du renseignement sur la toile ?
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Ainsi, au mois d’août dernier, l’Electronic Frontier Foundation (EFF), une organisation américaine de défense des internautes, s’est procuré des documents émanant de diverses administrations des États- Unis. Parmi ces documents, un manuel pour les agents du FBI mentionne l’existence de comptes secrets sur Facebook pour récolter des informations.
La CIA n’est pas en reste. En 2005, l’agence a lancé l’Open Source Center, un portail qui compile et analyse les données présentes sur les blogs, les forums et les réseaux sociaux. En septembre 2008, le directeur de l’agence Michael Hayden a expliqué qu’« une bonne partie du briefing quotidien du Président des États-Unis provient des renseignements ouverts ». Comprendre : de Facebook, des blogs, des forums et des réseaux sociaux en général.
Une source suffisamment utilisée ?
Les grandes puissances diplomatiques ont été incapables de pressentir le formidable soulèvement des peuples arabes et s’interrogent depuis sur les raisons d’une telle cécité. Et si une partie de la réponse était à chercher sur Facebook ? À voir le rôle fondamental joué par ce réseau social dans l’éveil politique de la jeunesse égyptienne et tunisienne, on peut se demander si les services de renseignement y prêtaient suffisamment attention.
Le mea culpa a déjà commencé. Fin janvier, le directeur du cabinet de David Cameron a enjoint les services de renseignement a suivre de beaucoup plus près ce qui se tramait sur les réseaux sociaux : « avec l’utilisation d’Internet, la façon dont les mouvements de protestation se développent, c’est un monde totalement différent, a-t-il déclaré. Nous devons être beaucoup plus proches de ce monde là. »
[…]
Des militaires israéliens piégés par un profil aguicheur
A contrario, Facebook constitue une menace grandissante pour leurs homologues de l’intérieur, les services de contre-espionnage. De plus en plus d’individus possédant des informations stratégiques – cadres de grandes entreprises, scientifiques, soldats – utilisent Facebook de manière intensive. Cette nouvelle vulnérabilité inquiète le privé comme le public.
« Les grands groupes dont les salariés sont présents sur les réseaux sociaux sont autant de point faibles potentiels pour forcer une rencontre, créer des liens et soutirer des informations », précise Laurence Ifrah1, criminologue spécialiste des cyberconflits et du renseignement sur Internet. « Ces dernières années, les terroristes islamistes utilisent de plus en plus Facebook », peut-on lire au détour d’un rapport déclassifié du département de la sécurité intérieure américain consacré au terrorisme et aux réseaux sociaux.
[…]
Un service secret qui fonctionne bien est un service secret dont on n’entend jamais parler. De l’immense champ de bataille pour le renseignement qui s’est ouvert sur Facebook, on n’entend que les très lointains échos. On devine pourtant que le renseignement, qu’il soit offensif ou défensif, a déjà intégré la nouvelle du web 2.0. Et la dynamique n’est pas près de s’arrêter. Pour Jean Guisnel « aucun de nos échanges dans le cyberespace n’est secret. Rien. Zéro ». Vous aurez été prévenus.
Par Martin Untersinger pour owni.fr
en savoir plus :
http://owni.fr/2011/04/26/le-renseignement-espion-est-aussi-sur-facebook/
Comment disparaître sans laisser de traces ?
Une famille ou une personne seule qui disparaît, intentionnellement, du jour au lendemain, c’est possible, mais c’est difficile…
«C’est un art de disparaître».
[…]
Certes, «chacun a le droit de disparaître et c’est possible», estime le détective, mais «c’est de plus en plus difficile» à une époque où tout le monde est «traqué et fiché de partout». Pour passer entre les mailles du filet, il faut être un véritable spécialiste. Alain Bernier cite notamment les escrocs, ces «menteurs professionnels», qui ne doivent leur échec qu’à leurs propres erreurs.
[…]
- Changer d’identité et de date de naissance
A moins de vouloir vivre comme un ermite dans une grotte, c’est un sacrifice à faire pour rester inséré dans la société et pouvoir accéder à tous les services offerts par celle-ci et impliquant de donner ses coordonnées. Pour les plus extrémistes, la chirurgie esthétique est également un bon moyen de ne plus être reconnu.
- Partir à l’étranger
C’est un grand classique. Alain Bernier cite l’Amérique du Sud parmi les destinations préférées des disparus volontaires «parce qu’il y a moins de contrôle et de flicage». Enfin, «cela dépend des pays».
- Payer en liquide
La carte bleue est à proscrire parce qu’elle suit les paiements à la trace. Les espèces, elles, ne laissent aucune trace de son passage, mais à moins de partir en cavale avec un pactole, difficile d’arriver à vivre bien longtemps uniquement avec ce moyen. Ou alors, il faut trouver un petit boulot au noir.
- Ne pas téléphoner
Le téléphone portable est l’autre élément le plus handicapant pour une disparition en raison de son pouvoir de géolocalisation. «Il faut enlever la batterie pour être sûr de ne pas être repéré», ajoute Alain Bernier. Le retour à l’usage des bonnes vieilles cabines téléphoniques est donc de rigueur.
- Payer ses transports à l’unité
De plus en plus de villes proposent des systèmes de carte d’abonnement à puce (Navigo à Paris), hors tous vos déplacements y sont enregistrés. Le ticket traditionnel est à privilégier.
- Eviter les lieux publics et les commerces
La vidéosurveillance est de plus en plus répandue, principalement dans les grandes agglomérations, mais également au sein même des commerces, par mesure de sécurité. Partisan d’un anonymat maximal, Jean-Pierre Petit, l’un des fondateurs du collectif «Souriez, vous êtes filmés», expliquait son quotidien à 20Minutes: «Je ne fréquente pas certains magasins.
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- Echapper au système
«Chaque fois que l’on commet un acte, on atterrit sur un fichier quelconque», caricature Alain Bernier. Mais il est vrai que la citoyenneté doit être réduite au minimum: plus question de payer d’impôts ou de voter. Il faut aussi veiller à ne pas tomber malade parce qu’il est également nécessaire de se passer de la carte vitale et ce n’est pas simple. «J’ai tenté de m’en passer, mais j’ai eu trop de problèmes. J’ai été obligé de la reprendre», raconte Jean-Pierre Petit.
- Bannir toute vie sociale
La discrétion est de mise, le simple fait de parler à ses voisins peut constituer une erreur fatale. De la même manière, il convient de bien se comporter, car le moindre contact avec les autorités est éliminatoire.
- Partir seul
Plus on est de fous, plus on rit, mais plus on laisse de traces aussi. Il n’y a que la solitude qui vaille dans une disparition réussie.
Il existe sans doute encore beaucoup de manières de s’évanouir dans la nature et, d’après Alain Bernier, «celui qui veut disparaître, il y arrive». Cependant, «à moins de se faire couper les dix doigts», le détective estime que nul ne peut vivre à jamais en échappant au reste du monde: «Il y a toujours un moment où nos traces refont surface».

